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La grosse laide DR Montage Flair

FLAIR BOOK CLUB: « La grosse laide » illustre le poids d’une vie au régime

Kathleen Wuyard

Rédigé et illustré par Marie-Noëlle Hébert, « La grosse laide » transforme le mépris et la haine que lui ont longtemps inspiré son corps en quelque chose de beau, émouvant et nécessaire.

Objet littéraire non-identifié, à la croisée de la BD, de l’autobiographie et du guide, « La grosse laide » parvient à montrer la voie à celles et ceux qui, comme Marie-Noëlle, seraient perdus dans le long cheminement vers l’acceptation de soi et de son poids.

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Le résumé

Tout ce que Marie-Noëlle veut, c’est être mince et belle. 

Elle aimerait que ses cuisses soient plus fines, que son ventre soit plus plat. Peut-être qu’alors ses parents ne se moqueraient pas de ses habitudes alimentaires lors des repas de famille, que les filles à l’école ne la traiteraient pas de laide et que le garçon qu’elle aime l’inviterait à sortir.

Ce roman aussi graphique que percutant suit Marie-Noëlle de l’enfance à la vingtaine, alors qu’elle essaie de comprendre ce que signifie le fait d’être née dans un corps qui ne correspond pas aux normes de beauté de la société, un corps qu’elle ne sait comment apprivoiser et aimer.

Marie-Noëlle plonge dans ses souvenirs d’adolescence et tente de comprendre comment elle a pu arriver à détester ce corps qu’elle habite si honteusement. Mais l’art a un surprenant pouvoir de guérison et ce roman graphique en fait une puissante démonstration.

Et en 3 mots-clés?

#complexes

#grossophobie

#acceptation

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Pourquoi on a dévoré « La grosse laide »

Difficile, à la lecture de cet ouvrage puissant illustré d’un trait aussi fin qu’émouvant, de concevoir qu’il s’agit non seulement du premier roman de Marie-Noëlle Hébert, mais en prime, que la jeune femme est illustratrice autodidacte. Et pourtant, c’est bien le cas, et un testament non seulement à son talent mais aussi à la force de son témoignage, incroyablement personnel et follement universel.

Il m’a suffi d’un seul regard pour être saisie par la force de son crayon de plomb, mais aussi pour être envahie par un sentiment de familiarité, d’intimité même » nous confiait Lize Veyrard, son éditrice, en nous recommandant l’ouvrage.

Lequel, comme elle le disait si joliment, « parvient à toucher l’universel et à panser les cicatrices laissées dans ses chairs – et les nôtres ». C’est que dans une société aux idéaux de beauté restrictifs à plus d’un égard, où les fillettes apprennent à réglementer ce qu’elles ingèrent avant même d’être pubères, « La grosse laide » n’est pas seulement salvateur, il est nécessaire. Et sa lecture, aussi douloureuse puisse-t-elle être dans certains moments d’empathie ou d’identification profondes, libère d’un poids dont on ne se rendait plus bien compte à force qu’il nous écrasait.

À qui ça va plaire

Hybride entre divers genre littéraires, cette BD autobiographique plaira aussi bien aux fans du 9e art qu’à celles et ceux qui se délectent de non-fiction sans oublier les collectionneurs de beaux livres, le trait sombre et lumineux de Marie-Noëlle Hébert étant artistique à souhait. Si « La grosse laide » risque peut-être aussi de déplaire à d’autres, c’est peut-être justement entre leurs mains qu’il faudrait le glisser: que l’ouvrage suscite des réactions de rejet pour cause de grossophobie ou de complexes, il n’en est que plus important de le lire jusqu’à la dernière page.

Si cette lecture est parfois douloureuse, il n’en reste pas moins que le premier roman graphique de la jeune québecoise retournera les tripes de chaque personne ayant déjà tenté de « discipliner » son corps et de modifier son apparence pour tenter de le faire rentrer dans un moule sociétal par trop étroit.

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