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Racisme en Belgique: 7 couples mixtes se confient

Couples mixtes en Belgique - Montage Flair
Couples mixtes en Belgique - Montage Flair

Alors que le meurtre de George Floyd a relancé le débat sur le racisme institutionnalisé et ses dangers aux States, en Belgique aussi, des marches de soutien ont été organisées au mouvement Black Lives Matter. Avec une dénonciation ferme de la situation outre-Atlantique, qui doit aussi s’accompagner d’un regard critique sur ce qui se passe en Belgique. Entre enrichissement culturel et « racisme bienveillant », 7 couples mixtes belges font le point sur leur quotidien.

Récemment, l’acteur Afro-américain Michael B. Jordan, connu notamment pour « The Wire » et « Black Panther », a dû faire face à de virulentes critiques outre-Atlantique. Performances médiocres, faute de style sur le tapis rouge? Non, l’acteur de 33 ans avait eu l’audace de s’afficher au bras de plusieurs femmes blanches, ce qui, pour certains, était tout bonnement inacceptable. « Pourquoi ne sort-il pas avec des Noires? » semblaient s’interroger les réseaux sociaux d’une seule voix, tant et si bien que le comédien a dû s’expliquer, et souligner qu’ils tombait amoureux de personnes, et pas de couleurs de peau. De l’autre côté du spectre, les soeurs Kardashian sont fréquemment critiquées précisément pour l’inverse: Kim est mariée à Kanye West après d’autres romances avec des métisses ou des Noirs, Khloe a vécu un mariage tumultueux avec le joueur de basket-ball Lamar Odom avant de donner naissance à la fille de Tristan Thompson, Noirs tous les deux, et Kendall Jenner enchaîne les coups de foudre pour des joueurs de la NBA, noirs eux aussi. Tout aussi inacceptable que les copines blanches de Michael B. Jordan pour l’opinion publique, les romances des soeurs Kardashian étant vues par certains comme des « tentatives d’appropriation ethnique », quand elles ne sont pas platement accusées d’être des « p*tes à blacks » (sic).

« Oui mais tout ça se passe aux Etats-Unis, ce n’est pas pareil ». Certes. Mais si des milliers de kilomètres nous séparent du pays de l’Oncle Sam, l’histoire du multiculturalisme belge et de l’intégration des personnes racisées dans notre société semble parfois lui faire écho. D’un côté, l’héritage douloureux de l’esclavage, de l’autre, le passé trouble des colonies, et au centre, une société aux mille visages. Où il est pourtant toujours parfois compliqué d’aimer quelqu’un qui ne ressemble pas au sien, ainsi que ces 7 couples en témoignent.

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Nadia, 30 ans & Jérémy, 34 ans - Couples mixtes - Montage Flair

« La meilleure décision qu’on ait prise »

On s’est rencontrés il a 5 ans via Adopteunmec. J’étais célibataire depuis 3 ans et demi, lui depuis 1 an, et on s’est fait convaincre, moi par une amie et lui par son ancien coloc’, de s’inscrire sur le site. C’est la meilleure décision qu’on ait prise… Après avoir chatté quelques fois ensemble, on s’est rapidement donnés rendez-vous au Pantin, et là, le coup de foudre au premier regard!

Dans une ville cosmopolite comme Bruxelles, c’est la norme de croiser des couples mixtes, il y en a d’ailleurs pas mal dans notre entourage. On ne se sent pas ostracisés: il y a plein de couples qui ressemblent au nôtre. En revanche nous avons fortement ressenti que notre couple « dénotait » ailleurs en Europe et notamment dans le Sud de L’Italie ».

« Ma mère espérait que ce soit juste une phase »

Malheureusement, nos couleurs de peau différentes ont parfois causé des tensions dans notre couple. Ma mère voyait d’un œil méfiant le fait que je sorte avec un blanc, qui est de surcroit d’une autre confession que celle de ma famille. Je pense qu’elle espérait que ce serait juste une phase et que je fonderais une famille avec un Noir.

Lorsque nous avons emménagé ensemble, c’était la goutte de trop pour ma mère car chez nous, on n’emménage pas ensemble avant d’être marié. Cela a escaladé jusqu’au point de ne plus se parler pendant 3 mois. Elle m’a obligée à choisir entre elle et lui. Pour moi, c’était important de lui tenir tête même si ça a été très dur de ne pas craquer. Juste au moment où j’allais le faire, c’est elle qui est venue vers moi. Elle m’a prouvé que l’amour d’une mère peut dépasser ses propres préjugés et j’en suis extrêmement reconnaissante. 5 ans plus tard je sens qu’elle l’a enfin accepté ».

Ma mère n’était pas la seule à avoir du mal à accepter notre couple au début. Je me prenais surtout des remarques de la part d’hommes Noirs, qui me posaient des questions style « pourquoi vous les femmes Noires vous voulez toujours sortir avec des Blancs? ». Un des amis de Jérémy lui a dit « ah c’est bizarre, je pensais que tu préférais les blondes » quand il me l’a présenté, mais c’est tout.

« C’est enrichissant à tous les niveaux »

Notre force, c’est de parvenir à se rendre compte que malgré nos différences nous voulons la même chose. Comme tout les couples, mixtes ou non, nous voulons nous épanouir dans nos vies privées et professionnelles, construire des projets ensemble, fonder une famille, vieillir ensemble… Former un couple mixte, c’est enrichissant à tous les niveaux: intellectuellement, culturellement, gastronomiquement, musicalement,… La mixité demande de la tolérance et du compromis pour que chacun puisse se retrouver dans le couple. Je trouve qu’on a bien réussi à trouver notre équilibre, même si ce n’est pas toujours facile.

La famille de Jérémy ne comprend pas forcément toujours pourquoi je m’énerve sur des sujets qui me tiennent à cœur, comme les injustices raciales. Là où ils vivent, ils ne les voient pas dû au faible taux de mixité. Donc pour eux, le racisme n’existe plus ».

C’est parfois fatiguant de devoir les éduquer sur quelque chose que je n’ai pas le choix d’occulter comme eux et d’avoir l’impression de passer pour le stéréotype de la « angry black woman ». Ceci étant, sa famille m’a tout de suite bien accueillie, contrairement à ma mère, à qui ça a pris beaucoup de temps. Mes frères, tantes et oncles, y compris ceux qui vivent au Rwanda, ont plus rapidement accepté Jérémy qu’elle. Je pense qu’elle l’adoptera vraiment comme un membre de la famille lorsqu’on aura des enfants et qu’il m’aura demandé en mariage.

Comme notre entourage non-racisé ne vit pas le racisme structurel comme moi j’ai parfois l’impression de les rabâcher avec ça. J’ai compris avec le temps que cette insécurité venait de moi. Ayant grandi comme une vraie « bounty » en Flandre, Jeremy a vécu ma quête d’identité avec moi et m’a vue me questionner et changer au fur et à mesure. En fin de compte, cela nous a renforcé car ça nous a obligé à avoir des conversations difficiles mais nécessaires à la pérennité de notre couple.

My, 32 ans & Olivier, 31 ans - Couples Mixtes - Montage Flair

« Tiraillée entre deux cultures »

On s’est rencontrés à l’université, et cette année, on fête nos neuf ans d’amour. Je suis Vietnamienne, et lui est Belge, et nous venons tous les deux de la région liégeoise. Pour nous, être un couple mixte offre l’avantage de comprendre qu’il existe différentes visions du monde: venir de différentes cultures permet de réaliser que ce qui est évident dans une culture est parfois absurde dans une autre. Cela nous a permis d’avoir une ouverture d’esprit beaucoup plus grande.

Ceci étant, ça veut dire aussi qu’on ne se sent jamais à 100% asiatique ou à 100% belge. Impossible aussi pour mon copain de suivre une discussion en vietnamien dans ma famille… Quand on est dans la communauté asiatique ou en voyage à l’étranger, j’ai l’impression de représenter cet affreux cliché du mec blanc qui a été cherché sa femme en Asie. Je ne sais pas expliquer pourquoi je ressens ça ».

J’ai aussi eu la chance d’avoir des parents très ouverts, et je sais que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Ca m’a permis d’être indépendante et de jongler avec les valeurs apprises dans deux cultures. Je pense qu’il y a plus de racisme que je ne le vois et moins que certains ne le ressentent (par exemple, j’avais un cousin qui accusait de racistes tous ses profs car il n’avait pas de bonnes notes à l’école) et tout va dépendre de l’ouverture d’esprit et la compréhension de l’autre culture. Mais c’est difficile de « travailler » là-dessus quand les gens restent entre eux.

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Marianne Célis - Couples Mixtes - Flair

« Grimper dans l’échelle de l’assimilation sociale »

J’ai été adoptée par un père bruxellois et une mère rwandaise, et moi, j’ai des origines congolaises. Mon premier amour, à 18 ans, était lui aussi adopté et venait de Corée du Sud. À son contact, et en voyant comme il avait à coeur de connaître sa culture d’origine, je me suis beaucoup renseignée sur l’histoire de la RDC et les liens entre le Congo et la Belgique. Dans notre intimité, tout se passait bien, mais à l’extérieur, notre couple étonnait beaucoup: on a l’habitude de voir des couples black-blanc, mais pas black-asiatique.

On en parle peu, mais il y a un « palmarès des mélanges » dans les communautés racisées: moi qui suis Noire, si je fais des enfants avec une personne blanche, c’est perçu comme un « avancement » par la communauté Noire, alors que si je fais ma vie avec une personne asiatique ou maghrébine, c’est comme si je restais « au ras des pâquerettes », je n’aurai pas grimpé dans l’échelle de l’assimilation sociale ».

C’est triste, mais dans presque toutes les communautés racisées, le Noir est vu comme le « niveau zéro », pas évolué, le « singe ». Avec mon copain, on a dû encaisser beaucoup de réactions très agressives de la part de personnes asiatiques.

« Une question d’ignorance »

Quelques années plus tard, je suis tombée amoureuse d’un Flamand avec qui je suis restée quatre ans. C’est marrant, parce que dans son village, où il y avait pas mal de pancartes Vlaams Belang à l’époque, j’avais un double inconvénient: non seulement j’étais Noire, mais en plus, j’étais Liégeoise en prime (rires). J’ai dû parfois expliquer pas mal de chose à sa maman, et c’est là qu’on réalise que le racisme est vraiment une question d’ignorance, et que les préjugés sont nourris quand on reste dans un entre-soi constant. Son père m’a déjà demandé si je « parlais africain », et j’ai dû lui expliquer qu’en Afrique il y a plus de cinquante pays, et que rien qu’au Congo, on parle huit dialectes différents… et non, on ne vit pas tous dans des huttes non plus.

« On ne combat pas le racisme en couchant ensemble »

Certains hommes fétichisent la femme Noire: c’est une « panthère », elle est « forte », elle est « bonne au lit », elle « sait tenir son homme », elle est « toujours en colère »… Un de mes beaux-frères est depuis des années avec ma soeur et continue de l’appeler « ma beauté des îles » mais à quel moment le Rwanda est une île? C’est une manière dérangeante de ne voir l’autre que par le prisme de ses représentations, une lecture de personne blanche qui a l’impression d’avoir enfin trouvé cet ailleurs qu’on lui a vendu depuis longtemps.

On m’a déjà dit que je « parlais bien pour une Noire », mais ce n’est pas une fierté pour moi de ne pas avoir d’accent, c’est juste normal. Il n’y a pas une seule manière d’être Noir, c’est comme si moi je mettais tous mes potes Blancs dans le même sac alors qu’ils n’ont pas les origines et n’ont pas reçu la même éducation ».

Dans la communauté afro, sortir avec quelqu’un qui te ressemble, c’est un acte politique parce que dans les représentations qu’on a reçues, on a été conditionnés à penser que pour réussir il faut ressembler aux Blancs. Les couples mixtes ne sont toujours pas la norme en Belgique, et je ne pense pas qu’ils incarnent l’avenir non plus. La seule manière de vaincre le racisme, ce n’est pas de coucher tous ensemble mais bien de s’écouter et de déconstruire ensemble nos préjugés.

Photo de Marianne: Lynn Vanwonterghem – Lire le blog de Marianne ici

Couples mixtes Belgique - Flair

« Le chouchou des grand-mères »

Je suis d’origine éthiopienne, et j’ai eu plusieurs relations  allant de un à trois ans avec des filles blanche. Des copines rencontrées à l’école ou en soirée la plupart du temps, généralement d’un milieu plus favorisé que le mien,  même si je ne suis pas à plaindre. Ma couleur de peau n’a jamais posé de problèmes dans ces relations et en ce qui concerne les remarques extérieures, si mes copines en ont fait les frais, elles les ont gardées pour elles pour ne pas m’offenser. J’ai eu la chance de tomber dans des belles-familles équilibrées où ma place n’a jamais été remise en question. Je dirais même que j’étais souvent le chouchou des grands-mères lors des réunions de famille. Quelqu’un a quand-même dit à ma copine de l’époque qu’elle aurait pu choisir un Belge car si elle voulait un bébé métisse elle pouvait toujours en adopter un (rires).

« Plus une source d’amusement que de discorde »

Je dois bien reconnaître qu’on me prenait plus en stop quand je sortais avec une Blanche et que je ratais le dernier bus en soirée… Je me cachais et elle levait son pouce et comme par hasard une voiture s’arrêtait. Je pense que j’aurais attendu bien plus longtemps sans elle (rires). Quand je voyageais seul, par contre, notamment dans les aéroports, je me faisais bien plus contrôler que quand j’étais avec ma copine. Si j’ai parfois dû faire face à certaines idées préconçues, il n’y avait rien de malveillant de la part de mes copines et c’était surtout assez marrant de déconstruire certains mythes. Les clichés ont plus été une source d’amusement que de discorde…

« En s’unissant, on peut créer ensemble notre propre réalité »

Avec Hendrik, s’est rencontrés il y a un peu plus de 5 ans via Tinder, on est devenus parents il y a un an et il y a quelques mois, on s’est mariés. Nous sommes un couple mixte à tous les niveaux: il est Blanc d’origine belge et je suis Noire d’origine congolaise, il est néerlandophone et je suis francophone et il est Flamand et moi Wallonne. Il n’avait jamais été en couple avec une Noire avant moi et il ne savait pas comment l’annoncer à sa famille. Je sentais qu’il appréhendait leurs réactions, ce qui ne m’était jamais arrivé et qui m’a fortement atteinte. Finalement, j’ai été bien accueillie par mes beaux-parents et tout se passe bien.

Pendant ma grossesse, j’étais persuadée que notre enfant naîtrait avec les mêmes caractéristiques congolaises que les miennes et finalement, notre magnifique petit garçon a de grands yeux bleus, les cheveux clairs et lisses et le teint pâle. Je n’avais jamais envisagé le fait que mon fils ne soit pas un peu noir de peau, et je me suis longtemps demandée comment il allait s’identifier à moi ».

Comme on vient de deux réalités différentes, en s’unissant on peut créer ensemble notre propre réalité en prenant le meilleur de nos deux mondes et en ayant comme valeurs principales la liberté et la tolérance. Le revers de la médaille, c’est qu’on doit très souvent faire des compromis pour accorder nos violons. Être un couple mixte n’est certainement pas la norme en Belgique aujourd’hui, mais étant donné que nous sommes de plus en plus nombreux c’est moins surprenant et rejeté qu’avant. Je n’ai pas le sentiment que notre couple soit observé différemment en rue, mais je suis certaine qu’à leur époque, ma grand-mère blanche et mon grand-père noir ont dû régulièrement se sentir dévisagés en rue.

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« Un couple comme un autre »

Avec mon mari, on est ensemble depuis presque 12 ans, mariés depuis 9 ans et parents de deux enfants de 4 et 7 ans. Moi je viens de la région liégeoise, et lui aussi, de par sa famille adoptive, mais à l’origine, il vient du Brésil. Nos couleurs de peau différentes n’ont jamais été source de tensions ou de critiques: dans la famille de mon mari, ils sont beaucoup d’enfants adoptés et du coup la couleur de peau n’a aucun importance. Je pense comme eux, et je ne vois pas de forces ou de faiblesses par rapport à un autre couple puisque la couleur de peau ne change rien pour moi. On est un couple comme un autre.

Par contre je pense que pour ma fille ça a un impact positif: elle m’a déjà fait une réflexion en entendant la chanson « des sauvages » dans Pocahontas, en me disant que ce n’est pas bien de vouloir tuer quelqu’un pour sa couleur de peau et en citant l’exemple de son père, qui n’a pas la même couleur mais qui n’est pas méchant pour autant. Un autre enfant n’aurait peut-être pas ce raisonnement…

Célia Berlemont et Cyrille - Couples mixtes - Flair

« Il n’a pas pensé à leur préciser que j’étais métisse »

Je suis le fruit d’une complication coloniale (sourire): mes deux parents sont métisses, mes grands-mères sont Noires, mes grands-pères sont Blancs, ma maman vient du Congo belge et mon papa du Rwanda belge. Cyrille et moi, on est ensemble depuis bientôt quatre ans: on était ensemble dans la même école secondaire sans vraiment se connaître, puis on s’est retrouvés des années après pour ne plus se quitter.

En humanités, quand tu es métisse, tu es la bonne copine mais pas forcément la petite copine… Par contre des années plus tard, certains mecs m’ont dit qu’ils auraient pu avoir un crush sur moi mais qu’ils ne comprennent pas pourquoi ils ne me voyaient pas « comme ça » à l’époque ».

Cyrille vient d’un milieu où tellement de profils culturels gravitent, que quand il m’a présentée à ses parents, il n’a même pas pensé à leur préciser que j’étais métisse alors que toutes ses ex étaient blondes. Ses parents ont été géniaux, ils ont juste souri et dit que c’était une belle surprise.

« Cyrille est choqué à chaque fois qu’on veut me toucher les cheveux »

Je n’ai jamais eu de copain de couleur, simplement parce que là où j’ai grandi, il n’y avait pas beaucoup de diversité culturelle donc je n’avais pas vraiment le choix (rires). Malgré tout, on m’a souvent surnommée « bounty », ce qui est drôle vu que j’ai déjà les deux bagages culturels… Ca arrive souvent aussi qu’on me dise qu’on a quelqu’un à me présenter, et à chaque fois, c’est un Noir. J’ai l’habitude de ce « racisme bienveillant », Cyrille lui a été choqué les premières fois où il a vu certains de ses potes me toucher les cheveux après quelques verres, il a dû leur rappeler que sa meuf n’était pas un Labrador (rires).

Quand les gens nous voient en rue, ils réagissent comme s’ils étaient face à une pub Benetton, « oh comme ils sont beaux » et autant c’est un compliment donc on ne peut pas vraiment se vexer, autant on reste montrés du doigt quand même ».

On l’a particulièrement ressenti lors de notre road-trip aux Etats-Unis, en Louisiane il y a même des gens qui nous ont arrêté pour nous dire « qu’ici, on ne se mélange pas ». Là-bas, si tu es métisse, on te voit comme un Noir tandis qu’en Afrique, on te voit comme un Blanc et en Europe ça dépend. En Belgique, j’ai rencontré plus de tolérance à Bruxelles qu’à Liège, parce que l’échantillon de population est plus grand, mais ce n’est pas parce qu’il y a plus de diversité qu’il y a plus de mixité, les groupes se mélangent moins qu’à Liège.

Aucun de nous deux ne voit d’inconvénients à former un couple mixte. Niveau avantages, c’est horrible de devoir penser comme ça, mais je sais que si on cherche un appart’, j’ai plutôt intérêt à y aller avec lui. Si j’y vais seule et que je dis que mon compagnon emménagera aussi, directement le proprio va imaginer que je vais arriver avec un grand black et les quatre enfants de ma tante. On reste stigmatisés: le Noir est « gentil » mais « bruyant », donc si vous l’avez en tant que voisin, il risque peut-être de déranger.Pour moi, mon métissage est une chance. C’est un héritage culturel riche et varié: j’essaie d’intégrer au quotidien le meilleur de mes deux mondes.

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