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Le racisme anti-blancs n’existe pas et une illustratrice engagée le rappelle en beauté

Son compte Instagram a beau s’appeler « Les folies passagères », les causes que défend l’artiste queer Maude Bergeron sont tout sauf folles. Consentement, acceptation, tolérance… et puis parfois, des messages plus politiquement engagés, comme quand l’illustratrice québécoise parle du « racisme anti-blancs ».

Une hérésie? Le concept a pourtant grandement fait parler de lui à l’automne 2018 quand le rappeur Nick Conrad est sorti de l’ombre grâce à son controversé « PLB », soit « Pendez les blancs », accompagné d’un clip où il joint l’acte à la parole, les paroles en question étant sur le ton de « je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tous âges petits et grands, fouettez-les fort, faites le franchement ». Avec la tentative (réussie) de créer le buzz facile, cette incitation à la haine lui a d’ailleurs valu d’être sous le chef d’une enquête du parquet de Paris pour « provocation publique à la commission d’un crime ou d’un délit ». Mais s’agit-il pour autant de « racisme anti-blancs »? Non, car cela n’existe pas. « Oui mais moi je me suis déjà pris des remarques… ». Oui mais non, et Maude Bergeron l’explique avec justesse sur son compte Instagram.

Pour être considéré comme raciste, il doit s’agir de comportements systémiques, c’est-à-dire qui sont vécus par toutes les personnes du groupe concerné. La majorité des personnes blanches ne se feront jamais insulter ou juger parce qu’elles sont blanches. Il s’agit de cas isolés qui n’ont aucun impact sur leur sécurité.

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Ce n’est pas Maude Bergeron qui le dit, c’est le Larousse, qui définit en effet le racisme comme une « attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ». Une définition dans laquelle on peut difficilement classer les personnes au teint clair, qui, au contraire, seraient plutôt privilégiées.

En tant que personnes blanches, nous ne sommes pas victimes de racisme, puisque nous constituons la norme sociale. Nous sommes donc privilégié.e.s en ce sens.

Le mot privilège n’est pas négatif, tout comme il ne signifie pas l’absence de toutes difficultés et/ou d’efforts

Et Maude Bergeron de souligner que « ce n’est pas insinuer que les vies des blanc.he.s seront parfaites. Ça signifie seulement que les difficultés vécues ne seront pas causées ou empirées par le fait qu’iels sont blanch.e.s. Iels peuvent vivre des injustices, tout comme d’autres formes d’oppressions (liées aux genres, orientations sexuelles, conditions de santé, etc.). Par contre, ces injustices n’ont aucun lien avec leur couleur de peau ».

Oppression constante

« Pour les personnes racisées, le racisme interfère dans toutes les sphères de leurs vies. Il ne s’agit pas de cas isolés : cette oppression est présente en tout temps et influence directement la façon dont iels sont traité.e.s. Iels ont plus de difficulté à trouver un logement et un travail. Ils sont les principales victimes des violences policières, poursuit l’auteure des Folies Passagères. Ils font face à des risques de jugement, de violence et d’agression au quotidien. Leur sécurité est réellement menacée dans beaucoup de contextes, et ce, uniquement parce qu’iels ne sont pas blanch.e.s ». Qui en profite pour inviter ses 33 400 abonnés à « être tou.te.s de vrai.e.s allié.e.s »

Le fait de prendre conscience des notions de privilèges n’invalide en rien le vécu de qui que ce soit. C’est seulement une manière de déconstruire toutes ces pensées oppressives qu’on nous inculque socialement. Le problème, ce n’est pas d’être privilégié.e. C’est de ne pas le reconnaître et de continuer la propagation réelle du racisme.

Et au cas où le message ne passerait toujours pas chez certains, Maude leur a même fait un dessin.

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