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Pourquoi Gaea Schouters est la Camilla Läckberg belge - DR Flair Canva

FLAIR BOOK CLUB: Avec « Le Trophée », la Belgique a enfin sa Camilla Läckberg

Kathleen Wuyard

Vous avez dévoré chaque roman de Camilla Läckberg dès sa sortie en librairies? Sachez que la Belgique a désormais sa réponse à la reine suédoise du polar, et qu’on frissonne tout autant à chaque page.

Notre « Camille Läckberg nationale »? Gaea Schoeters, journaliste de l’autre côté de la frontière linguistique, qui signe avec « Le Trophée » un polar aussi glaçant que bien ficelé. Et nous donne envie d’avoir un autre de ses romans à se mettre sous la dent dès la dernière page dévorée...

Le résumé

« Hunter White, riche New-Yorkais et investisseur à Wall Street, arrive en Afrique où il rejoint Van Heeren, son guide de chasse préféré. A ses côtés, il espère tuer un rhinocéros noir, seul trophée qui manque encore à son palmarès des big five.

Van Heeren veille sur une réserve immense, en bordure de laquelle vivent des villageois qui ont conservé leurs coutumes ancestrales. C’est parmi eux qu’il recrute ses pisteurs. Tout est planifié pour permettre à Hunter White de mener à bien une chasse dans les règles de l’art. Fils et petit-fils de chasseur, celui-ci est fier de perpétuer les traditions de la chasse sportive, et persuadé que les sommes astronomiques qu’il paye à Van Heerden seront utilisées afin de préserver la nature en Afrique. Mais cette façade “honorable” a des fissures et il est lui-même surpris de constater l’ampleur de sa frustration lorsqu’il constate que le rhinocéros qui lui était réservé a été tué par des braconniers. Pour le calmer, Van Heeren lui propose une chasse à l’homme, en guise de substitut. Hunter finit par accepter à la condition que la proie soit en état de se défendre. L’homme qui se porte volontaire sera armé d’un arc et de flèches empoisonnées : s’il meurt, la plus grande part de la somme versée par Hunter White ira à son village. Dawid, le pisteur recruté pour la chasse à l’homme, pourra quant à lui étudier dans une université américaine. Tout le monde semble pouvoir sortir gagnant de l’opération. Mais que vaut ce fameux code d’honneur dans une chasse à l’homme par définition illégale ?

Le Trophée est une ode à la nature sauvage qui met à nu les relations coloniales sous la forme d’un thriller glaçant dans lequel les positions de chasseur et de gibier, de victime et d’exploiteur, se délitent peu à peu avant de se renverser complètement ».

Et en 3 mots-clés?

#thriller

#colonisation

#chasse

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Pourquoi les fans de Camilla Läckberg vont adorer « Le Trophée »

Au-delà du rythme enlevé, qui réussit à garder le lecteur en haleine sans sacrifier à la description ni à l’inclusion de détails qui permettent de se plonger plus facilement dans le récit, « Le Trophée » réussit le pari, à la Camilla Läckberg, de partir d’une trame un peu perchée (une chasse à l’homme? au XXIe siècle? vraiment?) et de la rendre non seulement plausible mais aussi incroyablement addictive.

Forte de son expérience de journaliste, Gaea Schoeters rédige d’une écriture précise et fluide, et on se surprend à lire le roman de plus en plus vite pour découvrir jusqu’où la folle chasse d’Hunter White va amener les protagonistes... Avant d’être scotchés par le dénouement percutant, qui n’a, là non plus, rien à envier à ceux de la reine du polar suédois.

À qui ça va plaire

Vous avez binge-watché « Squid Game » et/ou « Succession » et vous avez une fascination pour les mécanismes qui poussent les humains extrêmement riches ou extrêmement désespérés à se comporter de manière incompréhensible pour le commun des mortels? Foncez acheter « Le Trophée » en librairies. Si vous avez dévoré les livres d’Adeline Dieudonné et que, de manière générale, vous mettez un point d’honneur à soutenir les auteurs belges, sachez que vous ne serez pas déçu·e d’avoir acquis le livre de Gaea Schouters.

D’autant que son éditeur, Actes Sud, n’hésite pas à la comparer à d’autres grandes plumes: « Alors que nous croyons avoir l’Afrique en ligne de mire dans une prose infusée de Joseph Conrad et d’Ernest Hemingway, nous découvrons bien vite que c’est le lecteur lui-même que Gaea Schoeters a pris pour cible ».

Vous l’aurez compris, tout qui se délecte de la lecture de thrillers sera ravi·e de découvrir cette nouvelle voix du genre, qui réussit un joli coup dès son premier roman.

« Le trophée », Gaea Schouters, 288 pages, Actes Sud, 23€. Plus d’infos ici.

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