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© TOKYO, JAPAN - JULY 25: Sarah Voss of Team Germany competes on vault during Women's Qualification on day two of the Tokyo 2020 Olympic Games at Ariake Gymnastics Centre on July 25, 2021 in Tokyo, Japan. (Photo by Jamie Squire/Getty Images)

De l’Euro aux JO, les athlètes féminines mettent les tenues sexistes hors-jeu

Kathleen Wuyard

Joue-t-on mieux au ballon si on est en petite culotte et short de maillot? Est-on une gymnaste plus précise dans ses mouvements vêtue seulement d’un justaucorps dénudant les jambes? Pour les athlètes présentes aux JO de Tokyo, la réponse est « non » et elles n’hésitent pas à enfreindre les règles sexistes relatives à leurs tenues.


Qu’on impose le port d’une veste et d’un pantalon en kevlar ainsi que d’un masque pour la pratique de l’escrime fait sens: personne n’a envie de se faire piquer la peau nue du bout de la lame. Qu’on stipule les maillots qui peuvent, ou non, être portés par les nageurs est logique aussi: il s’agit de décrocher la médaille à la force des bras et des jambes et non d’une combinaison futuriste dont la matière donne l’avantage sur l’adversaire. Par contre, que les joueuses de hand-ball (et de beach volley, tant qu’on y est) soit contraintes de porter un bikini réglementaire pose question, d’autant que leurs homologues masculins, eux sont autorisés à jouer en t-shirt et short sans que cela ne soit perçu comme entravant leur pratique de la discipline.

Sexiste, le monde du sport de haut niveau? Poser la question, c’est y répondre, et malgré les beaux idéaux qui sous-tendent la compétition, les Jeux Olympiques ne font pas exception. Exception à la règle, par contre, cette année: les athlètes féminines ont décidé de ne plus accepter le dress code sexiste qui leur est imposé.

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Cliché de l’équipe argentine lors de sa victoire contre la Norvège aux Championnats du Monde de 2017. On admirera le choix de prise de vue, qui met bien en avant « l’exploit sportif »…  (Artur Widak/NurPhoto via Getty Images)

Les athlètes redéfinissent les règles du jeu


Premières à avoir défié les règles: les joueuses de l’équipe norvégienne de beach-handball, qui ont disputé leur dernier match de l’Euro de Bulgarie en short plutôt qu’en bikini. Une décision qui leur avait alors valu une amende de 1.500€ de la part de la Fédération pour avoir défié les règles. Une injustice dénoncée vivement à l’époque, et que la chanteuse Pink compte visiblement rectifier: dans un tweet partagé ce samedi 25 juillet, la chanteuse américaine tempête en caps lock que c’est la Fédération qui devrait s’acquitter d’une amende « pour sexisme » et que si la sanction financière imposée aux joueuses est maintenue, elle sera plus que ravie de la payer elle-même.

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De leur côté, les gymnastes allemandes avaient adopté une approche similaire lors des derniers championnats européens de gymnastique artistique, qui se sont tenus en Suisse il y a quelques mois, et lors desquels plusieurs membres de l’équipe teutonne ont opté pour un justaucorps couvrant entièrement leur corps. Une tenue en contraste total avec les justaucorps dénudant le dos et les jambes des autres gymnastes, mais qui n’enfreint toutefois pas les règles, celles-ci stipulant simplement que le justaucorps doit être « élégamment conçu ».

Plus de confort, plus de concentration


Une élégance moins sexuée pour laquelle les gymnastes allemandes ont à nouveau opté aux JO de Tokyo: leurs tenues couvrent en effet leurs jambes en un joli pied-de-nez à l’hypersexualisation des athlètes féminines, même si pour elles, il s’agit avant tout de confort sous toutes ces formes. Au moment de l’inauguration de leurs nouvelles tenues plus couvrantes en Suisse, la gymnaste Sarah Voss avait confié à la BBC que les justaucorps « jambes nues » prisés dans la discipline ont tendance à glisser lors de l’exécution de certaines figures, dénudant alors celle qui le porte.

C’est pourquoi nous avons inventé une nouvelle forme de justaucorps pour que tout le monde se sente en sécurité autour des compétitions et des entraînements » – Sarah Voss.


Car ainsi qu’elle le souligne, tout qui doit se préoccuper du tomber de sa tenue a moins de concentration disponible, or celle-ci est extrêmement précieuse pour les athlètes, qui plus est lors d’une compétition où les enjeux sont si élevés.

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Qualifications de beach volley. À gauche, une joueuse égyptienne, à droite, une joueuse canadienne. (AFP / Yasuyoshi Chiba (Photo credit should read YASUYOSHI CHIBA/AFP via Getty Images)

Applaudie par le monde du sport mais aussi par Monsieur et Madame Tout-le-monde, la décision des gymnastes allemandes de porter un justaucorps plus couvrant n’est toutefois qu’un petit pas dans la bonne direction pour le monde du sport de haut niveau. Pour se convaincre du chemin à parcourir, il suffit de regarder l’amende imposée aux Norvégiennes, mais aussi la déferlante de critiques sexistes et/ou racistes à laquelle Serena Williams doit faire face à chaque nouvelle tenue à Roland-Garros.

Si les règles entourant les tenues des athlètes féminines ont pu être assouplies pour raisons religieuses, les joueuses de beach volley égyptiennes étant notamment autorisées à porter des vêtements plus couvrants sur le terrain, le fait qu’il faille avancer le moindre motif justificatif, alors même que les homologues masculins des athlètes ne sont pas contraints de s’adonner à leur discipline dénudés pose question. En espérant que d’ici aux prochains JO, une réponse adéquate y ait été apportée.

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