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Compte tes privilèges, le défi qui dénonce le racisme quotidien

Kathleen Wuyard

Parce que le principe même du privilège blanc est qu’il est acquis et entériné par la société, et donc, normal pour ceux et celles qui en bénéficient, un nouveau challenge invite à compter les privilèges dont on bénéficie. Et à se rendre compte de l’impact du racisme quotidien au passage.


#Checkyourprivilege ou « comptez vos privilèges » en français dans le texte, c’est le genre de challenge qu’on aimerait voir plus sur les réseaux sociaux: plutôt que de mettre les utilisateurs au défi de manger une capsule de lessive ou d’enchaîner les shots, il les défie en les confrontant aux privilèges qu’ils prennent pour acquis. Et quand on dit « ils », il s’agit de vous et nous aussi.

Lire aussi: Comment devenir allié.e de la lutte anti-racisme?

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Compte tes privilèges ✊🏾

Compte tes privilèges ✊🏾Pour en savoir plus > https://bit.ly/3dUEc3I

Posted by Gentside on Thursday, June 11, 2020

 

Des résultats différents selon la couleur de peau


En effet, très vite dans la vidéo, l’écart se creuse entre les personnes racisées et les personnes blanches qui prennent part au challenge. Le principe: tout le monde lève ses deux mains, et à chaque fois qu’une personne se reconnaît dans les affirmations prononcées, elle baisse un doigt. Lancé par Kenya Bundy alias boss_bigmamma sur TikTok, le challenge est rapidement devenu viral, avec des résultats diamétralement opposé selon la couleur de peau de la personne qui participe.

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Baisse un doigt si quelqu’un a déjà traversé la rue pour t’éviter... si quelqu’un a déjà serré son sac en t’apercevant... si quelqu’un est sorti d’un ascenseur pour éviter d’être coincé avec toi... si on t’a déjà surveillé de près dans un magasin ».


Et l’auteure du challenge de souligner que « si vous avez encore des doigts levés à la fin du challenge, c’est que vous bénéficiez du privilège blanc ». Le fameux « white privilege », né aux États-Unis, est un concept qui vise à poser la question du racisme non pas sous l’angle de ceux qui en sont victimes mais bien du groupe qui en est le principal responsable: les blancs. Un concept relativement récent sous nos latitudes, mais qui a été défini dès les 80s par la chercheuse américaine Peggy McIntosh dans son article « Privilège blanc, déballer le sac à dos invisible  ».

C’est l’ensemble d’avantages, de prérogatives, de bénéfices et de choix immérités et indiscutables conférés à des individus du seul fait de leur couleur ».


Un ensemble d’avantages dont ceux qui en bénéficient sont rarement conscients, tant ils sont ancrés dans la société, mais aussi tant s’imaginer à quel point le racisme ordinaire est répandu et difficile quand on n’en est pas victime. Par exemple, lors de la course controversée à l’élection d’un nouveau juge à la Cour Constitutionnelle, Zakia Khattabi a été sous le feu des critiques, la N-VA et le Vlaams Belang lui reprochant notamment de ne pas être juriste et donc, pas apte à assurer le poste. Poste qui est finalement allé à Thierry Detienne, un homme blanc, pas juriste non plus, ce qui n’a pas posé question et que la co-présidente d’Ecolo, Rajae Maouane, a souligné comme étant une illustration du privilège blanc.

Des exemples impossibles à compter sur les doigts de deux mains


Autre exemple récent: la semaine dernière, Amazon et IBM ont annoncé l’abandon de leurs technologies de reconnaissance faciale, accusées d’être racistes. En 2019, une étude du MIT avait ainsi démontré que les femmes et hommes à la peau foncée étaient systématiquement moins bien reconnus par différents logiciels (dont celui d’IBM) que les hommes blancs. Logique, puisque ces logiciels sont conçus par des hommes blancs, pour lesquels la technologie est efficace à 100%, tandis que quand il s’agit de la reconnaissance faciale d’une personne de couleur, le taux d’erreur peut grimper jusqu’à 30%. « Baisse le doigt si tu fais buguer les logiciels de reconnaissance faciale »: un autre défi à ajouter au #CheckYourPrivilege challenge.

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