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« Ça se met où? »: la BD d’Emma sur le partage des tâches ménagères

Justine Rossius

Emma, bédéiste que l’on a connu avec son œuvre décryptant à merveille la charge mentale, revient avec une BD sur le concept du « Ça se met où ? », dont vous êtes peut-être déjà familière sans le savoir

Voyez plutôt : cette BD narre l’histoire de Jean-Martin, qui aimerait bien faire sa part des tâches ménagères mais… à chaque fois qu’il s’y met, sa femme dit que c’est mal fait et repasse derrière lui. Résultat : il ne fait plus rien, accusant sa femme de ne pas lâcher assez prise.

Le préventif vs le curatif

Si elle lâchait du lest, il pourrait se partager les tâches, pense-t-il. Mais selon Emma, c’est faux : « la plus grande part du boulot vous retombera quand même dessus » écrit-elle, car derrière le faisceau médiatique autour des femmes qui en font « trop » — comme « classer les serviettes par couleur » — il y a la réalité : une majorité de tâches indispensables à la vie familiale, d’autant plus indispensables qu’en cas de manquement, les conséquences retombent le plus souvent sur les femmes. C’est pourquoi les femmes seraient plus enclines à faire du préventif, soit à déjà agir en prévision des conséquences néfastes (exemple : ranger et trier les vieux vêtements pour éviter de chercher une tenue pendant des heures) là où les hommes réfléchiraient davantage au curatif soit solutionner un problème existant. Or, ainsi que l’explique l’auteure de la BD, le préventif permet d’économiser de l’argent (faire les courses plutôt que de commander un UberEats par exemple) mais aussi d’éviter des galères futures aux membres du foyer. Le problème, c’est que ce travail de prévention, puisqu’il devance les problèmes plutôt que de les régler, est invisible. Manger équilibré, aérer les chambres, inscrire les enfants au sport, permettraient par exemple d’éviter à long terme les petits et grands problèmes de santé mais personne n’est là pour vous remercier d’avoir payé l’abonnement à la danse de la petite, par exemple.

Lire aussi : 16 conseils pour réduire la charge mentale des mamans.

Les stratégies d’évitement

Emma revient aussi sur les différents moyens utilisés par certains hommes pour éviter les tâches ménagères. Des attitudes étudiées par Francine Deutsch, chercheuse et écrivaine américaine, qui a interrogé pendant plus d’un an plusieurs familles sur la questions du partages des tâches. Elle a ainsi conclu que certains hommes utilisent des stratégies d’évitement telles que la résistance passive qui consiste à affirmer « qu’on va le faire », mais à remettre toujours cette tâche au lendemain. Elle dénonce aussi notamment la stratégie de la mauvaise humeur consistant donc à ronchonner tout en passant l’aspirateur, ce qui encourage évidemment les femmes à reprendre les corvées à leur compte pour éviter les mauvaises ondes. Ainsi que l’explique Emma, ces stratégies ne sont pas toujours conscientes mais elles sont parfois devenues des réflexes pour ces personnes qui ont associé ces attitudes avec l’impression que ces tâches se font alors « toutes seules ».

Quelle solutions alors pour que Chéri se bouge le popotin ? Ici, Emma propose quelques pistes, notamment les trois suivantes, tout en prenant ses précautions : s’il y avait une formule magique, vous le sauriez déjà.

  1. Ne pas culpabiliser d’être en situation d’inégalité : ce n’est pas votre rôle d’éduquer votre conjoint.
  2. Acter ensemble une répartition équitable du travail ménager pour pouvoir se décharger entièrement et mentalement aussi de certaines tâches ménagères. Attention ; ça ne s’improvise pas. Listez d’abord toutes les tâches aussi minimes soient-elles comme signer les cahiers des enfants, changer les essuie-mains, etc. Et notez la fréquence et la durée de chaque tâches. Répartissez ensuite chaque tâche avec sa charge mentale et de façon équitable, en prenant compte des préférences de chacun.
  3. Le mettre dehors. Car parfois, ça peut valoir le coup de vous demander si vous avez vraiment besoin et envie d’un enfant (de plus) à la maison.

La BD se lit en entier via ce lien.

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