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Moitié - Getty

AMOUR: pourquoi vous devriez arrêter de chercher votre moitié

Laurane

« Où est-il? D’où vient-il, ce merveilleux génie de l’infini? » chantait Noam dans le générique de Goldorak. Vous attendez la bonne personne pour enfin être heureux·se? Et si vous arrêtiez de chercher?

L’expression n’est pas neuve, bien au contraire. On voit son apparition au 5ème siècle av. J-C dans « Le Banquet » de Platon. « Chacun cherche sa moitié », expliquait-il dans ce texte dédié à l’amour et au mythe des âmes soeurs. Le mythe en question? À l’origine, les dieux ont créé les humains comme des sphères mobiles. Elles étaient dotées de quatre bras, quatre mains, quatre jambes, quatre pieds et deux sexes. Ces boules étaient puissantes, fortes, heureuses, ce qui n’a pas plu aux dieux qui se sentaient menacés. Ils ont alors décidé de les scinder en deux. Et depuis ce jour, amenèrent les humains à rechercher leur moitié pour retrouver le bonheur.

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Vous n’avez pas besoin de moitié

Mais cette conception est problématique à bien plus d’un titre. Depuis des siècles, elle véhicule l’idée que l’on est incomplet si l’on a pas trouvé l’amour. Qu’il nous manque quelque chose si une autre personne ne vient pas combler ce vide existentiel. Le mythe de la moitié amène de nombreuses personnes à faire de l’amour avec un grand A la quête d’une vie. Et d’autres à déprimer si cette recherche s’avère vaine.

Résultat des courses, au 21ème siècle, les célibataires heureux de l’être sont considérés comme des OVNIs, une relation sur deux est toxique ou le fruit de dépendance affective, un mariage sur deux finit en divorce. Évidemment, le mythe de Platon ne peut pas porter à lui seul cette responsabilité. Mais cette idée de moitié a des répercussions bien plus problématiques que les ruptures.

Elle nous berce en effet dans l’illusion d’une incomplétude qui ne peut être comblée que par l’Autre. Sauf que cet autre n’existe pas. Conséquence? Elle renforce la volonté de trouver une personne capable de nous réparer et de porter plusieurs casquettes: amant·e, ami·e, parent, conseiller·ère, etc. La pression déposée sur les épaules de notre partenaire est conséquente, celle-ci renforce des attentes qui ne pourront jamais être comblées. Vous pourriez bien attendre longtemps cette perfection inaccessible et ne pas être capable de saisir un amour sincère qui s’offre à vous. Le mieux est l’ennemi du bien comme on dit.

Ce mythe met aussi de côté certaines remises en question nécessaires pour avancer sur son propre chemin intérieur et construire notre puzzle personnel par nous-mêmes. Pour vivre une relation saine et durable, l’autre ne devrait pas être une béquille ou un pansement pour combler nos failles ».

Une relation demande « du travail », de l’investissement, de l’engagement. Il serait bien illusoire de penser que tout va rouler tout seul et que tout sera spontané. À force d’aller puiser des légumes dans votre potager amoureux sans replanter des graines, il finira par être vide et ne comblera plus votre faim.

Vous êtes un être complet

Sortir de ce schéma de moitié demande évidemment un travail sur soi-même, à commencer par celui de l’estime de soi. Même si ça peut sembler bien plus facile à dire qu’à faire, il peut être bénéfique de commencer tout de suite à vous considérer comme votre meilleur·e ami·e.

Comportez-vous avec vous-même comme vous aimeriez qu’on se comporte avec vous.

Offrez-vous de la bienveillance, de l’empathie, de la compassion. N’hésitez pas à vous prendre dans vos bras et à vous dire que vous vous aimez. L’amour, le vrai , le beau, il commence par et avec vous-même.

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