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Complexe de Cendrillon - Getty

Souffrez-vous du complexe de Cendrillon, la peur de l’indépendance?

Laurane

Vous avez tendance à chercher LA bonne personne qui comblera votre vie et toutes vos attentes? Votre vision de l’amour s’apparente à la quête d’un prince charmant qui vous sauvera? Vous souffrez peut-être du complexe de Cendrillon. Mais bonne nouvelle, ce n’est pas une fatalité.

Mis au jour en 1981 par la psychothérapeute Colette Dowling, le complexe de Cendrillon est un syndrome qui se caractérise par des comportements inconscients qui seraient le fruit d’un désir d’attendre le prince charmant pour être heureuse. Mais pas seulement.

Prenons la protagoniste qui a inspiré le nom de ce syndrome. Cendrillon est une jeune femme douce, aimante, qui prend soin de sa belle-famille et qui reçoit des mauvais traitements en retour. Le jour du grand bal, sa beauté attire tous les regards mais c’est le gentil prince qui la sauvera de son cruel destin de souillon et la rendra heureuse « pour toujours et avec beaucoup d’enfants ».

La sauveuse sauvée

Ainsi, les personnes souffrant du syndrome de Cendrillon ont tendance à miser tout leur bonheur sur une seule et unique rencontre qui les comblera pour toujours, espérant que le fameux prince pourra mettre fin à leur calvaire en rendant leur vie plus belle.

Sauf que, ainsi que le précise Psychologue.net, ce comportement inconscient amène une idéalisation du partenaire et l’attente qu’il·elle comble tous nos besoins. Or, ce besoin qu’autrui soit « responsable » et facteur n°1 de notre bonheur n’est pas de l’amour. On parle plutôt de dépendance affective. Précisons d’ailleurs qu’un tel cas de figure amène rarement satisfaction puisqu’il va de soi qu’une seule personne ne peut pas porter sur ses épaules ses propres besoins et ceux de l’autre.

Lire aussi: La dépendance affective, ou lorsque notre propre personne ne suffit pas

Un complexe sociétal?

Le complexe de Cendrillon est fortement répandu et touche surtout des femmes, même si les hommes n’en sont pas exclus. La raison pourrait même être sociétale, et proviendrait de l’éducation genrée dès la petite enfance. En effet, on a tendance à proposer aux petits garçons des jouets qui développent leur créativité, leur indépendance et qui les incitent à « conquérir le monde ». Alors que les petites filles sont invitées à prendre soin en s’occupant de poupée et de dinette, tout en étant bercées par des contes où le prince et son cheval blanc viennent clôturer la quête du bonheur, tel un but à atteindre. En bref, on apprend aux petites filles que la seule quête qui compte est celle du grand amour, en dépit de la carrière par exemple. Sans cela, elles sont incomplètes, dénuées de « leur moitié ».

Raisons pour lesquelles si vous vous reconnaissez dans ce complexe, vous ne devez pas culpabiliser. Ce n’est pas votre faute, ces comportements étant le fruit d’années de conditionnement et régis par l’inconscient. D’ailleurs, les « Cendrillon » sont bien souvent des personnes ayant elles-mêmes une âme de sauveuse, de « Bon Samaritain ». Ajoutons également sans trop d’hésitation que ce sont des personnes avec une intelligence émotionnelle assez élevée, bien souvent qualifiée de bienveillantes.

Toujours est-il que ce complexe n’est pas sans risque pour votre épanouissement personnel car il engrange des mécanismes toxiques qui mettent vos relations en péril et les rend instables. Quelques exemples sont cités dans cet article:

  • « Tendance ou incapacité à se défendre face aux autres et à se mettre en valeur.
  • Apprentissage de la victimisation qui se généralise à toutes les relations avec des pairs (amis, couple...).
  • Acceptation de l’abus de pouvoir que les autres peuvent exercer sur l’individu, similaire à celui qui a été vécu pendant l’enfance.
  • Apprentissage d’un lien émotionnel déséquilibré, basé sur l’exercice de pouvoir dans l’interaction avec les autres et dans l’établissement de liens affectifs de type domination-soumission.« 

Heureusement, rien n’est figé. L’apprentissage de ces mécanismes peut se déconstruire, notamment grâce à l’aide d’une thérapie. Un·e psy pourra vous aider à défaire ces acquis inconscients pour en recréer d’autres, plus adaptés à des relations harmonieuses et équilibrées.

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