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Pourquoi c’est la cata pour nous aussi si Angela Merkel n’est plus au pouvoir

La chancelière fédérale d’Allemagne Angela Merkel arrive pour assister à la messe à la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, Allemagne, le 10 mai 2018, quelques heures avant que le président français ne reçoive le prix Charlemagne. Le président recevra le prestigieux prix Charlemagne pour sa vision de la reconstruction de l’Europe à un moment où le bloc lutte contre l’instabilité. © Stéphane Lemouton/Bestimage Mass at the Cathedral of Aachen, Germany on May 10, 2018, hours before the French President will be awarded with the Charlemagne Prize. President will receive the prestigious Charlemagne Prize for his vision to rebuild Europe at a time when the bloc is battling instability.

Angela Merkel, on l’aime ou on la déteste, mais on ne peut pas nier le rôle primordial qu’elle s’est forgée sur la scène européenne en 13 ans au pouvoir en Allemagne. Un pouvoir qu’elle s’apprête à transmettre: la Chancelière vient d’annoncer qu’elle quitterait la vie politique en 2021. Et les répercussions de ce départ ne se limitent pas à l’Allemagne.

Pourtant, la nouvelle n’est pas vraiment surprenante: ces trois dernières années ont été rudes pour la présidente de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU). En 2015, au plus fort de la crise des réfugiés, elle prend la décision d’en accueillir près de 900 000 en Allemagne, sans avoir véritablement consulté quiconque à ce sujet. Bien qu’elle promette à ses détracteurs de protéger mais aussi et surtout d’intégrer ces réfugiés, elle ne parvient pas à convaincre tout le monde, et la décision ouvre la porte à un retour en force de l’extrême droite… qui la bat carrément aux élections de 2016 dans son fief électoral. Pire: en septembre 2017, l’extrême droite fait une entrée historique au Parlement, brisant par la même occasion un tabou hérité de l’après-guerre. Depuis, Angela Merkel a entamé un quatrième mandat de chancelière, mais la coalition formée entre son parti et les sociaux-démocrates est bancale, et alors que celle qu’on surnomme Mutti a longtemps semblé indétrônable, les attaques se multiplient.

« Grave erreur »

Logique, donc, que la Chancelière décide de faire un pas de côté, d’abord en annonçant qu’elle ne présidera plus à la tête de son parti dès décembre 2018, puis en affirmant qu’elle se retirera de la vie politique en 2021 à la fin de son mandat. Une décision saluée en Allemagne, le quotidien de référence Frankfurter Allgemeine Zeitung soulignant notamment que ce serait une « grave erreur » pour Mutti de s’accrocher à tout prix au pouvoir. Et si le vent de changement ne s’annonce pas forcément négatif en Allemagne, Angela Merkel disposant encore de 2 ans pour préparer sa succession, son départ laisse toutefois craindre le pire pour l’Europe… et donc pour nous aussi.

Suicide assisté

Pourquoi? Parce que ça plaise ou non, la Chancelière allemande est devenue de facto la leader non-officielle de l’Union européenne. C’est elle, qui tient tête à Poutine et à Trump, elle encore qui invite à faire front contre les nationalistes anti-européens qui sont de plus en plus nombreux dans les pays de l’Union. Avec le départ de Merkel, il y a la crainte réelle que l’Allemagne effectue elle aussi un virage à droite, et que loin d’être un garde-fou, le pays devienne le fer de lance du mouvement nationaliste au sein de l’Europe. Une véritable catastrophe selon des diplomates haut-placés qui ont accepté d’être interviewés par la version US de Buzzfeed sous-couvert d’anonymat.

On essaie de ne pas trop penser au départ de Merkel, parce que c’est extrêmement préoccupant. Si elle s’en va, c’est parce qu’il y a un shift inexorable vers la droite qui est en train de se produire en Allemagne. Son départ offrirait un boost aux mouvements nationalistes, ce qui est extrêmement dangereux pour l’Union européenne, mais aussi et surtout pour la paix en Europe.

Et un ancien diplomate haut-placé de l’Eurozone d’affirmer qu’il s’agirait carrément d’un suicide.

Le départ forcé de Merkel serait en réalité le crime parfait: un vrai suicide assisté de l’Europe.

Pour rappel, à l’heure actuelle, l’Europe est déjà menacée par une montée extrêmement préoccupante de l’extrême droite dans ses rangs.

La chasse aux migrants

En Italie, par exemple, la Lega est désormais le parti le plus important, et son leader, Matteo Salvini, qui est également le ministre de l’Intérieur du pays, utilise fréquemment la problématique de l’immigration comme butoir pour s’en prendre à l’Union européenne. Une croisade dans laquelle il peut compter sur l’appui du premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui voit ce virage à droite d’un extrêmement bon oeil. La Hongrie, qui, au cas où vous l’auriez oublié, forme actuellement des « chasseurs de migrants ». Ajoutons à cela le fait que le Président des Etats-Unis, loin de promouvoir la paix et la démocratie, n’est rien de moins qu’un despote dingue et imprévisible, et on a tous les ingrédients d’un scénario catastrophe réuni.

Pas en notre nom

Bon, c’est bien anxiogène tout ça, mais concrètement, on peut faire quoi? La bonne nouvelle, c’est que même si on ne peut pas influencer le vote en Allemagne, on n’est pas non plus entièrement démunies depuis la Belgique. Angela Merkel quitte le pouvoir en 2021, mais d’ici là, il y aura eu des élections fédérales en Belgique, mais aussi et surtout des élections européennes. Autrement dit, la chance pour nous d’envoyer un message clair: la chasse aux migrants, la montée de l’extrême droite et les discours populistes de certains partis? Pas en notre nom, merci.

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