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@Nicolas da Silva Lucas

ON A TESTÉ: un dîner d’exception et une nuit insolite à La Roseraie à Liège

Camille Hanot
Camille Hanot Journaliste

À Modave, à côté de Huy, dans la province de Liège, se cache La Roseraie ; un hôtel-restaurant comme on n’en connait aucun en Wallonie. Cuisine gastronomique à la sauce contemporaine, cabanons de verre ultra-design à l’orée des bois et ambiance familiale se côtoient et s’accordent parfaitement. On a testé.

Il y a 40 ans, Vincent et Madeleine Trignon ouvraient dans une villa de type manoir du 19e siècle, La Roseraie : un restaurant-hôtel doté de trois suites. Aujourd’hui, c’est leur fille, Marie qui a repris le flambeau en y saupoudrant un brin de modernité tout en conservant l’excellence et l’esprit de famille qui font depuis le début la réputation de cette maison.

Cabanons design sur pilotis

En arrivant à La Roseraie, c’est d’abord une imposante bâtisse construite en 1875, située dans un écrin de nature, qui s’offre à nous. À peine à l’intérieur, c’est un espace de réception baigné de lumière et d’un sol en granito derrière laquelle séjourne une cuisine ouverte, dans un style résolument contemporain, qui se dévoile. Un style qui contraste avec le côté 19e de la villa.

Après un accueil tout en finesse, c’est vers notre « shelter », un luxueux cabanon de verre en forme de tipi dans lequel on passera la nuit, qu’on nous dirige. Construit par l’architecte Maxime Faniel et son bureau Laboratoire Architecture de concert avec Marie, ces deux tiny houses changent de tous les hébergements insolites que l’on a déjà pu voir.

Ni cabane, ni chalet, ni tipi… ces abris (traduction de Shelter) sont uniques. Les raisons ? Sur pilotis, en bois, dont le bardage en verre dépoli offre un inédit miroir à la nature et à la lumière, ils embrassent à merveille la nature. À l’intérieur, Marie a fait attention à chaque minuscule détail. Luxe côtoie confort douillet, finitions parfaites, matériaux d’exception et literie haut de gamme. La literie est signée « Sleepeezee’s Royale Warrante », il s’agit de la même que celle de Buckingham Palace. Gros coup de cœur également pour la structure en noyer qui a la même forme que le « Shelter » extérieur où est installé la salle de bains. Ceux et celles qui sont sensibles, comme Marie passionnée d’architecture, d’art et de décoration, aux petites choses qui font la différence seront comblés. Ici, on est loin, très très loin, de l’hébergement insolite aux finitions qui laissent à désirer.

Bon à savoir, la rénovation de La Roseraie débutée en 2020 n’est pas terminée. D’autres Shelters vont voir le jour et trois suites de luxe entièrement métamorphosées sont disponibles dans le manoir.

Le petit plus ? En 2015, La Roseraie a acquis six hectares de bois qui se découvrent aujourd’hui par une petite balade fléchée par des champignons.

Cuisine créative à la croisée entre modernité et tradition

Sur le chemin entre les « Shelters » et le restaurant, on découvre une piscine naturelle et une serre où prendre un verre au milieu des herbes aromatiques et légumes utilisés ensuite en cuisine. C’est sur la terrasse ombragée que notre expérience gastronomique débute par un petit apéro constitué de plusieurs mises en bouche dont une tomate mozzarella revisitée dont nos papilles se souviennent encore.

Direction ensuite la salle du restaurant où tables rondes avec nappes blanches cohabitent avec touche de velours vert océan et parquet en chêne clair. Et dans les assiettes ? C’est une cuisine née d’un dialogue père-fille et chef-cheffe que l’on déguste. Après quelques expériences auprès de chefs renommés comme Ducasse à Londres et Pierre Résimont en Belgique, Marie a rejoint les cuisines (qui a reçu la note de 13,5 sur 20 au Gault & Millau) de La Roseraie officiellement en 2017. Aujourd’hui, le duo travaille en harmonie. Tout comme dans l’aménagement, le menu mêle modernité et tradition. Lors de notre balade gastronomique, nous avons dégusté un rouget accompagné de courgettes rôties à la harissa et un veau rôti en croute de moëlle, caviar d’aubergines fumées au sésame à tomber. Parmi les deux desserts, coup de cœur pour la glace à la lavande, poudre d’huile d’olive extra vierge, fruits des bois et vanille de Tahiti.

Après une nuit où l’on a dormi comme des bébés, on rejoint la salle du restaurant pour un petit-déjeuner de rêve avec une touche british. À table, on reçoit un « Cake Tier » garni de pains, viennoiseries et scones maison. Pour accompagner les mets raffinés préparés par la Cheffe, on reçoit une copine de champagne. Intime, ce moment est l’occasion de partager quelques mots avec la maîtresse des lieux avant de reprendre la route et garde des souvenirs plein la tête.

Marie nous en dit plus sur les Shelters

Comment avez-vous eu l’idée/l’inspiration ?

J’ai toujours été passionnée d’architecture et de décoration : en Angleterre, je travaillais pour la société danoise Boconcept. Dans les pays du nord, l’usage du bois et aussi du verre est très apprécié. Au domaine de La Roseraie, la serre en verre datée 1875 et l’architecture de la villa – fronton et toiture en pointe – ont été source d’inspiration. Il y a aussi la verticalité des arbres du bois et la vivacité de la nature, avec la lumière toujours changeante : l’usage du verre en offre un reflet sensible. Je ne voulais en aucun cas reproduire les logements insolites déjà existants  !

Qu’est-ce qui les différencie des autres logements insolites ?

Je dirai : l’architecture innovante, les matériaux tant extérieurs qu’intérieurs, la technique utile aux aménagements intérieurs. L’intérieur a fait l’objet d’un travail architectural et d’ébénisterie. Il y a aussi eu une recherche très pointue en matière de mobilier et de décoration. J’ai souhaité offrir un vrai luxe, un confort absolu: une literie de grand qualité, un feu ouvert et un salon, une salle de bain raffinée. Nous avons aussi accordé une attention particulière à l’insonorisation, à l’occultation des grandes fenêtres. Je souhaitait que les Shelters bénéficient d’un service hôtelier haut de gamme, qu’il soit une bulle de bien-être et de plaisir.

En pratique : 80 Route de Limet   4577 Modave. Restaurant ouvert les soirs du jeudi au samedi et les midis, du vendredi au dimanche inclus. Lunch en 3 services le vendredi midi uniquement (40 euros). Menus 5 services (65 euros) et 6 services (75 euros).  Hôtel – 3 suites et 2 Shelters –  du jeudi au dimanche inclus : nuitée 135 et 165 euros (2 pers.). Petit-déjeuner : 15 euros pp. Plus d’infos ici.

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