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TÉMOIGNAGE: fascinée par l’espace, Jane, 20 ans, étudie l’astrophysique

Getty Images
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Si ça ne dépendait que d’Elon Musk, on s’envolerait tous pour la lune aussi facilement qu’à Barcelone. Mais d’où nous vient cette fascination pour les étoiles? En véritable Space Girl, Jane, 20 ans, est passionnée par l’espace depuis des années. Elle étudie l’astrophysique et plus tard, espère travailler dans un observatoire ou enseigner.

“Tout comme l’espace semble infiniment vaste, ma ­fascination pour celui-ci ne connaît pas de limites. Et ça n’est un secret pour personne. Ma bibliothèque regorge de livres scientifiques.

Chaque matin, je bois dans ma tasse préférée, décorée de constellations. Et chaque soir, je m’endors sous une couette de la NASA. Avec les filles de ma faculté, on a même fait faire un pull: ‘ Fière d’être astrophysicienne ’ (rires).

Tout a commencé lorsque j’ai reçu un livre invitant à observer ­l’espace avec des jumelles ou un ­télescope, pour mon 15e anniversaire. J’aime les chiffres et la science, alors j’ai tout de suite trouvé ce bouquin extrêmement intéressant. Même si à l’époque, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était la galaxie… J’aimais juste contempler les étoiles et la lune. Ce n’est que plus tard, en cours de physique, que j’ai entendu parler pour la première fois de choses comme l’effet Doppler (le changement de longueur d’onde du son ou de la ­lumière, ndlr). J’ai su que je voulais faire de ma passion pour l’astronomie mon métier en étudiant l’astrophysique, cette branche de l’astronomie qui tente d’expliquer les mécanismes de l’univers.

À contre-courant

Avec ce choix, je nageais à contre-courant, car nous sommes six enfants à la maison et que trois de mes frères et sœurs travaillent dans le ­secteur social, tout comme notre maman. Quand j’ai ­choisi d’étudier les sciences et les mathématiques en ­secondaire, avec 8 heures de maths par semaine, mes ­parents m’ont vivement soutenue. Pourtant, ça n’allait pas de soi, car en primaire, je fréquentais une école de type 8 (consacrée aux élèves atteints de troubles de ­l’apprentissage, ndlr). Je suis donc la preuve vivante qu’avec le soutien nécessaire, rien n’est impossible ! À condition de travailler dur, aucun objectif n’est hors de portée.

Moi, ‘nerd’ ? Évidemment !

Par chance, je n’ai jamais eu à lutter contre les préjugés, mais on ne peut pas nier que le domaine des STIM ­(abréviation de science, technologie, ingénierie et ­mathématiques, ndlr) est toujours plus populaire auprès des garçons. Pour preuve, je suis en classe avec 26 garçons et seulement 3 autres filles. Heureusement, nos ­camarades masculins ne sont pas condescendants envers nous ; ils sont vraiment cool. Mes amis me traitent parfois de ‘nerd’, et ça me fait rire. Il n’y a rien de mal à cela, pas vrai? En plus, j’ai d’autres intérêts que l’astrophysique. Je joue au basket à un haut niveau depuis des années, je suis chef au Patro et j’aime sortir. Mais dans ma chambre, je suis toujours plongée dans mes bouquins. Et c’est une ­nécessité pour réussir mes études. C’est un parcours difficile, avec ­beaucoup de matières à apprendre.

Quand je dis aux gens que j’étudie ­l’astrophysique, beaucoup me voient envoyée sur la lune ou sur Mars dans une combinaison d’astronaute… Mais ça n’a jamais été ma vocation.

Donnez-moi plutôt un poste de soutien ou d’éducation ! Quand j’étais enfant, je voulais travailler pour la NASA. ­Maintenant je vise une carrière dans un observatoire ou tout autre institut où l’on étudie les étoiles et les corps ­célestes. Je me réjouirais aussi d’exercer en tant que prof de physique. Pour moi, il s’agit surtout de rendre les concepts et théories plus accessibles en les vulgarisant. Pour cela, je procède souvent par analogie, pour que les choses paraissent moins abstraites. Mon frère travaille avec des adultes atteints d’autisme, et l’année dernière, je leur ai enseigné les phases lunaires. Je partage aussi mes connaissances au Patro. Chaque année, pendant le camp, je suis submergée de questions sur les constellations. ­Assis autour du feu, les enfants sont pendus à mes lèvres pendant que je leur partage ma passion pour l’espace. Ça me donne la chair de poule rien que d’y penser. »

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