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Les Iraniennes se coupent les cheveux pour dénoncer le code vestimentaire (ici lors d'une manifestation au Canada) - Getty Images

L’Iran pleure Hadis Najafi, 20 ans, tuée pour avoir osé manifester pour plus de liberté

Kathleen Wuyard

Après la mort de Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans tombée dans le coma après un passage par la police des moeurs, l’Iran pleure une autre de ses filles, Hadis Najafi, 20 ans, tuée lors d’une des manifestations qui enflamment le pays depuis le décès de Mahsa.

Arrêtée par la police des moeurs alors qu’elle était en visite à la capitale avec sa famille, Mahsa Amini avait été emmenée pour « une brève leçon », dont elle est sortie dans un coma dont elle ne s’est jamais réveillée, victime, selon une radio, de traumatismes crâniens, alors que l’appareil d’état assure qu’elle a succombé à « un incident cardiaque ». Une version qui ne convainc ni sa famille, ni le reste du pays, qui descend depuis dans la rue pour réclamer la fin de la police des moeurs et plus de libertés individuelles.

Des manifestations réprimées dans la violence par le régime iranien, plusieurs morts étant déjà à déplorer dans les deux camps, dont celle d’Hadis Najafi, une jeune femme de vingt ans seulement, dont les derniers instants ont été capturés sur les réseaux sociaux et partagés par le journaliste engagé Hugo Clément.

Sans voile et sans peur, Hadis Najafi s’attachait les cheveux face aux forces de l’ordre. Elle faisait partie de ces impressionnantes Iraniennes qui se révoltent contre l’oppression du régime islamiste en Iran. Ces images ont à peine quelques jours. Depuis, Hadis a payé son courage de sa vie. Elle a été tuée par balles lors d’une manifestation » dénonce le journaliste français.

Qui partage « pensées et courage aux Iraniennes et Iraniens qui se battent pour la liberté et l’égalité ».

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Selon les informations partagées par divers médias internationaux depuis le décès de la jeune femme, cela faisait dix jours, depuis la mort de Mahsa Amini, qu’Hadis Najafi allait rejoindre les rangs des manifestants. Alors que l’ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, fait état d’au moins 54 manifestants tués depuis le début du soulèvement, une autre ONG, Human Right Activists News Agency (HRANA), les recense et donne un visage aux victimes sur les réseaux sociaux. La députée belge Darya Safai a pour sa part tenu à rendre hommage à Ghazaleh Chalabi, une Iranienne de 33 ans qui aurait elle aussi été tuée par balles lors d’une manifestation à Amol. En ligne, les hommages se multiplient également pour Hananeh Kian, victime de 23 ans, abattue lors d’une manifestation à Nasar.

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Mahsa, Hadis, Ghazaleh, Hananeh... Autant de noms, de visages et de vies arrachées dont la multiplication tragique ne semble que renforcer la détermination des manifestants. Lesquels, ainsi que l’a rappelé une influenceuse iranienne, Shagella, sur son compte Instagram, manifestent non pas « contre l’Islam mais bien pour des droits fondamentaux ».

Les Iraniens se révoltent pour avoir accès aux droits les plus fondamentaux, celui des femmes à chanter, à demander un divorce, à obtenir la garde de leurs enfants, à choisir comment elles s’habillent. Ils réclament la fin des emprisonnements arbitraires, de la torture et des viols en prison, ils veulent la liberté d’expression. Ils se battent pour récupérer l’Iran, pour le futur de leurs enfants ».

Dans une déclaration au nom de l’UE, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a condamné ce dimanche l’usage « généralisé et disproportionné de la force » envers les manifestants, qu’il a qualifié d’injustifiable et inacceptable. Et de confié que l’UE examine « toutes les options à sa disposition face à la mort de Mahsa Amini et à la façon dont les forces de sécurité iraniennes ont répondu aux manifestations qui ont suivi ». Et se réserve la possibilité d’émettre des sanctions? Borrell ne l’a pas précisé, alors que les autorités iraniennes, qui continuent de nier toute implication dans le décès de Mahsa Amini, ont appelé à réprimer les manifestations entrainées par sa mort. Des manifestations que le président iranien conservateur Ebrahim Raïssi a qualifié « d’émeutes », ce samedi, appelant les forces de l’ordre à « agir fermement contre ceux qui portent atteinte à la sécurité et la paix du pays et du peuple ».

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