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© A snowman stands in front of a Xmas tree with a sad expression.

Après le Grinch, c’est le COVID-19 qui menace Noël en famille

Kathleen Wuyard


Là où tous les méchants de film Disney ont toujours échoué, le COVID-19 pourrait bien réussir à gâcher la Noël, ou du moins à la priver d’une partie de sa magie en nous empêchant de célébrer les fêtes de fin d’année en famille. Entre avis d’experts et témoignages de lectrices inquiètes, retour sur le dernier cadeau empoisonné de 2020.


La déclaration prêterait presque à rire si elle n’était pas si sérieuse et en même temps, déprimante. Lors d’une intervention dans l’émission «Questions en prime» il y a quelques semaines, Frédérique Jacobs, chef de service infectiologie à l’hôpital Erasme et ex-porte-parole interfédérale COVID-19, proposait de reporter les fêtes de fin d’année 2020 à... juillet 2021. Et non, ce n’était pas une blague, ainsi que la médecin l’a expliqué sur le plateau.

Même si on parvient à faire diminuer la courbe, on doit se dire que les fêtes de fin d’année telles qu’on les connait, avec des rassemblements de toute la famille, c’est vraiment le genre d’endroits où le virus se propage » – Frédérique Jacobs.


Une logique imparable, certes, que Frédérique Jacobs n’est d’ailleurs pas la seule à avancer. Le 26 septembre dernier, dans une tribune rédigée pour « Le Monde », Esther Duflo et Abhjit Banerjee réclamaient pour leur part un « confinement de l’Avent pour sauver Noël », soit un confinement de tout le territoire français du 1er au 20 décembre afin de permettre à chacun.e de retrouver sa famille en toute sécurité lors des fêtes de fin d’année. Et avant de crier aux illuminés, sachez tout de même que les auteurs de la tribune ne sont pas n’importe qui puisque le couple a décroché le Nobel d’économie pour leurs travaux sur la lutte contre la pauvreté. Ce qui n’a pas empêché l’opinion publique de railler leur proposition, tout comme celle de Frédérique Jacobs. Reste que si reporter Noël à l’été prochain semble risible, l’approche des fêtes de fin d’année en pleine pandémie ne prête pas à rire, et nombreu.x.ses sont ceux et celles qui craignent pour la Noël.

Un Noël bien différent des autres années


Sophie, elle, est résignée et imagine un Noël « par Skype », précisant, au-delà de la boutade, que « la situation est trop pourrie pour faire des plans au-delà d’une semaine, et on sait déjà que le virus sera encore là en décembre. Le plus important me semble donc de protéger nos aînés, en ne les mettant pas en contact avec des enfants, ce qui implique de trouver une autre manière de fêter Noël ». Une alternative que Fabienne n’est pas encore prête à chercher: tout juste remise d’une infection au Coronavirus, elle se réjouit de la possibilité de passer le 24 décembre avec son mari et ses enfants, affirmant que « tout dépendra de nous et de notre comportement ».

Si nous respectons tous les gestes barrières et acceptons le reconfinement, nous avons une petite chance de pouvoir fêter Noël avec les personnes qui nous sont chères, même si clairement, ce sera sans doute très différent et limité à la famille proche ».


Un concept plus facile à appliquer pour les petites familles que pour les grandes tribus... Lucie le sait déjà: c’est fichu pour la « cousinade » prévue du 25 décembre au nouvel an, et elle n’a plus qu’un espoir désormais, pouvoir récupérer le versement fait pour la location de leur chalet dans les Ardennes.



Et il n’y a pas que les staycations qui sont compromises: pour les personnes qui ont de la famille à l’étranger, les fêtes de fin d’année risquent aussi d’avoir un goût amer. « Mes parents habitent dans l’Hérault, zone très touchée, explique Lo. Pour aller les voir en train, je dois traverser Paris. Donc pour pouvoir les embrasser à Noël, il faudrait que Liège, Paris et l’Hérault redescendent au moins en zone orange. Et je ne crois pas aux miracles... ». Pareil pour Roxy, Allemande installée à Liège, qui a accouché cet été, et se faisait une fête de célébrer le premier Noël de son fils en famille.

Ma famille vit dans le Nord de l’Allemagne et pour pouvoir y aller, nous devons avoir soit un test négatif pas plus vieux que 24h avant notre arrivée ou bien 14 jours de quarantaine, alors qu’on ne reste jamais que cinq jours pour la Noël. Pour le dépistage, les symptomatiques sont prioritaires et même eux doivent se lever tôt pour avoir leur test, alors avec un voyage comme prétexte, ça me semble complètement impossible ».


Qu’à cela ne tienne: passer les fêtes avec la famille de son compagnon liégeois, alors? « Ils sont plus proches, mais rien n’est certain: c’est une très grande famille avec plusieurs petits enfants, le risque de contamination est donc élevé. Surtout que les parents de mon compagnon ont déjà traversé l’enfer du COVID au printemps dernier, avec 2 mois et demi d’hospitalisation pour son papa » raconte Roxy. Qui choisit malgré tout de positiver: « J’imagine qu’on fera une petite fête sympa à trois et pourquoi pas, une balade avec ma belle-famille dans la journée si tout le monde est partant ».

Un miracle le 24?


Positive attitude aussi pour Delphine, qui habite Lasne avec son mari et leurs deux enfants, et qui, même si elle déplore l’absence de Noël blanc depuis de longues années déjà, se réjouit qu’il reste « le sapin, ses lumières et son odeur » pour apporter un peu de magie à la saison. Même si Séverine, maman elle aussi de deux jeunes enfants, ajoute, pince-sans-rire que ça semble décidément sentir le sapin pour les fêtes cette année. Un coup dur pour la Bruxelloise qui a dû affronter le COVID en pleine grossesse.

Ce sera le premier Noël de mon fils et j’aurais aimé le fêter en famille comme chaque année, en chantant « Minuit Chrétien » avec ma Mamy autour de la dinde à peine sortie du four, alors que plus personne n’a faim car on fait toujours mille fois trop à manger... cette année je n’y crois pas trop ».


Héloïse, elle, s’inquiète que le simple fait d’avoir un sapin de Noël soit compliqué cette année, mais d’autres, comme Marine, ont décidé d’y croire et surtout, de mettre toutes les chances de leur côté. « Je suis déjà confinée depuis deux semaines et je compte rester at home jusqu’au 25 décembre juste pour pouvoir manger avec la famille. C’est ça ou pas de cadeaux » sourit la Liégeoise, qui affirme que « si tout le monde fait attention d’ici là, je garde espoir. Il faut croire en la magie de Noël ». Une magie à laquelle même les scientifiques ne sont pas imperméables? « Si la situation s’améliore, on peut imaginer des fêtes de fin d’année différentes, en petit nombre, avec des mesures de distanciation physique... » concédait Frédérique Jacobs en octobre dernier. Prions pour que les mesures sanitaires de ces dernières semaines rendent réel ce véritable miracle de Noël.



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