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© Patinage Artistique - Getty Images

54 athlètes dénoncent les violences sexuelles dans le monde du sport

Kathleen Wuyard

Pour atteindre le plus haut niveau, les athlètes doivent se construire un mental en acier, sans cesse dépasser leurs limites... et repousser des agresseurs potentiels en prime? Dans une tribune aussi puissante que nécessaire, 54 athlètes de haut niveau dénoncent les violences sexuelles dans le monde du sport.


Il y a une semaine, Sarah Abitbol, championne de France de patinage artistique en couple, accusait dans « Le Parisien » son ex-entraîneur Gilles Beyer de l’avoir violée entre ses 15 et ses 17 ans. Une prise de parole qui a visiblement libéré celle des autres, puisqu’aujourd’hui, ce sont pas moins de 54 athlètes français de haut niveau qui ont suivi ses traces et signé une tribune dénonçant les violences sexuelles dans le milieu. Objectif des sportifs, parmi lesquels on retrouve notamment le judoka Teddy Riner et l’escrimeuse Astrid Guyart? Briser le mur du silence.

« Parler, c’est risquer son avenir »


Intitulé « Violences sexuelles : il est temps de donner de la voix » et publié dans « Le Parisien » le communiqué a notamment pour but d’alerter les parents des situations auxquelles leurs enfants peuvent être confrontés dans le milieu du sport, mais aussi d’alerter les personnels du milieu. Parce que dans un monde de compétition et de dépassement de soi, la peur de parler et de briser une carrière pour laquelle on a tout donné maintient parfois les victimes dans un silence destructeur.

Il nous est tous arrivé d’avoir des doutes, des suspicions, des bribes d’informations... Le flagrant délit est rare et il n’est pas simple de savoir comment réagir face à une intuition ou une rumeur. Que peut-on dire ? Et à qui ? Trop souvent, parler, c’est risquer son avenir ».


Et de demander « l’interdiction à vie d’exercer tout métier au contact de la jeunesse, quel que soit le domaine, pour tous les agresseurs et les prédateurs sexuels avérés ». Et une plus grande vigilance: outre les accusations envers son ancien entraineur, Sarah Abitbol a également fait part de sa colère à l’égard de Didier Gailhaguet, le patron du patinage français: « la responsabilité d’un responsable de fédération, c’est de protéger ses athlètes. Il connaissait la dangerosité de Gilles Beyer, il n’aurait jamais dû continuer à le faire travailler au sein de la fédération et auprès des jeunes comme il a continué à le faire ». De son côté, le principal intéressé nie avoir couvert des abus, tandis que Gilles Kleyer a reconnu avoir eu des relations « inappropriées » avec Sarah Abitbol quand elle était adolescente. Face aux révélations, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « viol et agressions sur mineure ».

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