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GHB - Getty

GHB: c’est quoi exactement la « drogue du violeur »?

Laurane

Incolore, inodore et insipide, le GHB est une molécule fréquemment citée comme « la drogue du violeur ». Pourquoi celle-ci en particulier et quels sont ses effets, on fait le point.

Les récents témoignages d’agressions sexuelles et de viols à la pelle font, pour la majorité, état de la sensation d’avoir été drogué·e. C’est que pour les agresseurs, le modus operandi est souvent le même, à savoir l’utilisation du GHB. Mais si son nom est bien connu et parlera d’autant plus si on la surnomme « drogue du violeur », cette molécule peut poser question. Raison pour laquelle on s’attarde aujourd’hui sur son fonctionnement, ses effets et ses dangers mais aussi sur les moyens de s’en prémunir.

Une molécule détournée

Le GHB est une molécule d’acide 4-hydroxybutanoïque. Il s’agit d’un puissant psychotrope utilisé, à la base, dans le cadre médical, notamment pour la confection de certains médicaments. Cette molécule existe aussi à l’état naturel et est synthétisée par les mammifères. Sa structure est d’ailleurs très proche de celle des neurotransmetteurs GABA.

Pourquoi cette substance est-elle choisie pour commettre des agressions sexuelles et des viols? Tout simplement parce qu’une fois synthétisée, elle est incolore, inodore et insipide, soit quasiment impossible à repérer. Une fois ingérée (via un verre d’alcool, par exemple), elle agit après peu de temps sur le système nerveux, inhibant la production de certaines hormones, comme les endorphines. La personne qui a pris la substance est d’abord euphorique avant d’être engourdie puis absentée. Voilà pourquoi les propriétés premières du GHB sont sédatives et anesthésiantes. Une fois ingérée, c’est comme si le cerveau ne pouvait plus fonctionner correctement, les connexions ne se font plus de façon optimale. Les comportements sont donc complètement biaisés et en résultent des pertes de mémoire. On l’utilise rarement en médecine mais dans certains cas et de façon très réglementée, elle peut être utilisée comme anesthésiant préopératoire. Et ainsi que le précise le site de prévention du gouvernement français, le solvant qui est dilué dans les boissons n’est pas tout à fait du GHB. Il s’agit de GBL, un produit qui se transforme en GHB une fois dans le corps humain et qui est utilisé dans l’industrie en vue de créer des décapants par exemple. Bien plus coriace, il montre des effets décuplés.

Les effets du GHB

Les effets se manifestent au bout d’une dizaine de minutes et seront variables en fonction de la quantité. Ils peuvent durer près de 4h. On différenciera les effets du GHB et du GLB sur certains points. Dans les deux cas, la molécule provoque une désinhibition, c’est-à-dire un relâchement du corps et de l’esprit qui donne le sentiment d’être euphorique. Comme l’explique William Lowenstein, addictologue et président de l’association SOS Addictions, sur BFMTV, « la personne va être dans les vapes mais va garder une possibilité d’action. Ce n’est pas quelqu’un qui est paralysé ou complètement endormi, c’est quelqu’un qui se laisse faire ». Parmi les effets secondaires, on retrouve des vertiges, des nausées, des contractions musculaires et des hallucinations.

Le GLB, quant à lui (rappelons que c’est un décapant), provoque une sédation (on est plus proche de l’inconscience que du fait de se laisser faire) et une amnésie. Les effets se manifestent avec un dosage extrêmement faible. La personne se retrouve donc comme un « zombie passif, détendu, qui va obéir aux ordres qui peuvent être donnés », pour reprendre à nouveau les mots de William Lowenstein.

Comble de cette drogue, couplée à de l’alcool ou tout autre substance, elle est encore plus dangereuse.

Les dangers du GHB et du GBL

Au vu des quantités infimes nécessaires pour qu’elles s’activent, les dangers de ces drogues sont nombreux. Un surdosage (atteint très facilement) provoque des malaises, une dépression respiratoire, un coma voire le décès.

Au-delà des dangers mortels, le GHB et le GBL ne permettent plus à la personne d’être consciente du danger. Elle subit la situation.

Aussi, le fait qu’elles soient inodores et transparentes ne permet pas de les repérer au moment de la consommation. Pire encore, lors des analyses, il est également difficile de savoir si une personne a été droguée car elles s’éliminent très rapidement.

Que faire?

En amont, vous pouvez être attentif·ve à certaines réactions dans un verre, comme par exemple, les bulles qui coulent dans le fond. Mais nous tenons tout de même à préciser qu’il n’est pas normal que ça soit aux potentielles victimes de se prémunir des risques.

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Si vous avez le moindre doute sur l’état d’un·e ami·e ou d’un membre de votre famille, restez en sa compagnie et surveillez le·la pour vous assurer qu’il·elle reste conscient·e. S’il·elle perd connaissance et/ou a des difficultés respiratoires, appelez immédiatement les secours (112 en Belgique) et pratiquez un massage cardiaque.

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Si vous êtes témoin d’une personne qui drogue un verre ou une personne à son insu, prévenez immédiatement la police (n°101).

Si vous consommez du GHB pour usage récréatif, ne restez pas seul.e face à votre addiction: de nombreux services de soutien sont mis à disposition gratuitement, par exemple Télé Accueil (107), Infor Drogues (02 227 52 52), Ecoute Cannabis, (0 980 980 940), Alcooliques Anonymes (078/ 15 25 56), SOS Jeux (0800/35 777) ou encore Tabac Stop (0800/111 00).

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