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©  Alexis DUCLOS/Gamma-Rapho via Getty Images

5 révolutions mode signées Issey Miyake

Ana Michelot
Ana Michelot Journaliste

Le célèbre créateur Issey Miyake s’est éteint à l’âge de 84 ans. Ses collections innovantes ont marqué l’histoire de la mode. Retour sur cinq pièces iconiques de ce génie du vêtement.

La triste nouvelle vient d’être annoncée ce mardi 9 août par une employée de son bureau à Tokyo. Elle a déclaré à l’AFP qu’Issey Miyake était décédé le 5 août dernier à l’âge de 84 ans, sans préciser les causes de sa mort. Selon plusieurs médias japonais dont la chaîne publique NHK, le styliste aurait été emporté par un cancer. Né à Hiroshima en 1938, le petit Issey Miyake n’avait que 7 ans lorsque la bombe atomique frappe la ville. S’il survit à la catastrophe, sa mère décède trois mois après en raison des radiations. Plus tard, il intègre l’université des beaux-arts à Tokyo et s’envole pour Paris après son diplôme. Après un passage sur les bancs de l’école de la Chambre syndicale de la Couture parisienne, il travaille au service des plus grands comme Hubert de Givenchy. En 1971, il fonde sa propre maison de couture et quelques années plus tard, il surprend le monde entier avec des créations futuristes faites de plastique ou aux formes géométriques jamais exploitées auparavant.

Les œuvres qui ont révolutionné la mode

Le bustier en plastique

Issey Miyake aimait travailler différents matériaux et les modeler selon ses idées. À la fin des années 90, il prend sa retraite afin de se consacrer pleinement à l’expérimentation et la recherche grâce à son laboratoire, le Reality Lab. Tout au long de sa carrière, il choisit des matières peu communes comme le papier ou le plastique, ce que montre ce bustier réalisé pour le final de sa collection automne/hiver 1980-1981. Composé de plastique moulé sur le corps d’une femme, il suit en détails les courbes telle une seconde peau avant de terminer dans une forme péplum au niveau des hanches.

Les plis, un savoir-faire unique

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En 1993, il sort une collection qui va devenir culte, « Pleats Please », littéralement « des plis s’il vous plaît ». Ce nom sera également donné au pli qu’il va créer de toute pièce et pour lequel il a déposé un brevet. En effet, les vêtements qui composent cette collection sont créés grâce à un seul morceau de polyester selon le concept Pièce of Cloth. Issey Miyake avait décidé que puisque le corps humain lui n’a pas de couture, n’est qu’une seule pièce, un seul bout de tissu pourrait l’habiller. Pour atteindre le pli légendaire qu’il exhibera sur le podium pendant des années, Issey Miyake exige que les vêtements soient coupés et cousus deux fois plus grands que leur taille réelle afin de les passer un par un dans une presse chaude. À la manière d’un gaufrier, le vêtement prend la forme et la texture à la fois et le pli est impossible à défaire. Les pièces de la collection sont donc infroissables et dignes de véritables œuvres d’art par leur volume.

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Le sac Bao Bao, un puzzle à porter à son bras

Photo by Edward Berthelot/Getty Images

Inspiré des origamis japonais, le sac bao bao est un grand cabas qui a l’air d’un puzzle géant. Devenu le it-bag de la maison Issey Miyake, il est décliné en toutes les matières et couleurs possibles. En 2020, pour célébrer les dix ans d’existence du produit, ils sont réédités en taille mini.

La ligne « 132 5 », quand la mode rencontre la science

En 2008, le scientifique Jun Mitani travaille en collaboration avec le Reality Lab fondé par Issey Miyake. Ce dernier tombe amoureux du travail du chercheur en termes de modélisation 3D de formes géométriques, grâce à un ordinateur il est possible de créer des objets inédits. Deux ans plus tard, le créateur lance une ligne de vêtements baptisée « 132 5 ». Toujours inspirés des origamis, les vêtements se présentent sous forme plane et lorsque vous les tirez à la verticale, ils prennent forme, tel un véritable pliage. Grâce à 10 patrons de tailles différentes, on peut alors découvrir des blouses, des jupes, pantalons, robes qui se plient et se déplient lorsque l’on veut les porter. Véritable objet hybride entre mathématiques et couture, la collection doit son nom à des significations particulières : le chiffre 1 se rapporte au fait que le vêtement est réalisé à partir d’une seule pièce de tissu. Le 3 fait référence à la forme 3D. Le 2 lui fait écho à la 2D du pliage lorsqu’il est à plat, et le 5 lui symbolise l’espoir d’Issey Miyake que ce projet mène à la découverte d’une cinquième dimension.

Le final du défilé automne-hiver 2020-2021, une ode à l’acceptation de l’autre

Photo by Peter White/Getty Images
Photo by Peter White/Getty Images

Si cette collection a été réalisée par Satoshi Kondo et non par Issey Miyake lui-même, elle reste très proche de l’ADN de la maison avec des pièces fabriquées grâce à une seule et même pièce de tissu. Mieux encore elle transmet un message important en faisant défiler des mannequins liés entre eux par les vêtements qu’ils portent afin de symboliser le lien qui nous unit au-delà des différentes cultures et origines. Le résultat : une farandole de couleurs, des mannequins de tailles, de genres et de couleurs différentes, tous liés les uns aux autres, le sourire aux lèvres. Un défilé en dehors des conventions, à l’image de tout le travail d’Issey Miyake. 

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