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Torture, malnutrition, viols… L’ONU dénonce l’enfer des femmes emprisonnées en Corée du Nord

Sad woman standing behind a fence ,close up on face

Dans un communiqué alarmiste, le Haut-commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU alerte sur la situation catastrophique des femmes emprisonnées en Corée du Nord. Torture, travaux forcés ou encore malnutrition: leurs conditions d’emprisonnement rappellent, entre autres, les heures noires des purges staliniennes.

En 2019, pas moins de 80% des réfugiées arrivées de Corée du Nord en Corée du Sud étaient des femmes. Chaque année, elles sont nombreuses à tenter de fuir la tyrannie de Kim Jong-un, et gare à celles qui échouent lors de ce voyage périlleux. Maintenues dans des centres de détention dans l’attente de leurs procès pour défection, les Nord-coréennes qui tentent de s’échapper vivent un enfer, dénoncé en détails dans un rapport publié par le Haut-commissariat aux Droits de l’Homme.

Des violences liées au genre

Pour parvenir à dépeindre la réalité des centres de détention, Daniel Collinge, agent pour les droits de l’Homme au bureau de Séoul, en Corée du Sud, a recueilli les témoignages d’une centaine de Coréennes ayant réussi à s’échapper de Pyongyang et ayant accepté de témoigner anonymement des conditions brutales dans lesquelles elles ont été emprisonnées. Pour l’ONU, cela ne fait aucun doute: les femmes emprisonnées en Corée du Nord sont victimes de violences systémiques « liées à leur genre ». Des violences qui vont du refus de fournir des serviettes hygiéniques aux détenues en passant par les fouilles rapprochées et la nudité forcée, jusqu’à l’expérimentation sur les corps des prisonnières et les viols. Sans oublier les avortements forcés, dans des conditions d’une violence inouïe, une des réfugiées racontant ainsi comment des co-détenues enceintes respectivement de trois et cinq mois ont eu le ventre roué de coups de pieds « pour s’assurer qu’elles perdraient leur bébé ».

En Corée du Nord, il est strictement interdit de quitter le pays sans autorisation, ce qui n’empêche pas de nombreux habitants de tenter de s’enfuir chaque année, pour vivre enfin libres. Sous le régime de Kim Jong-un, des droits aussi basiques que celui de choisir sa propre coupe de cheveux sont bafoués, et à l’automne 2013, 80 Nord-coréens auraient été fusillés sur la place publique pour avoir commis un crime passible de la peine de mort dans le pays: regarder des films étrangers en DVD. Pas étonnant, donc, que certain.e.s tentent de fuir, malgré les dangers encourus: outre les violences sexuelles dont les détenues sont victimes, elles doivent également s’adonner au travail forcé et n’ont droit qu’à une douche hebdomadaire et une seule visite quotidienne aux toilettes, avec raclée à la clé pour celles qui ne savent plus se retenir. Des conditions de détention dont l’ONU rappellent qu’elles sont en infraction totale par rapport aux règles de 1955 relatives au traitement des détenus et aux règles de Bangkok (2010) sur le traitement des femmes incarcérées. Déjà accusée par le passé de violations des droits de l’Homme, la Corée du Nord a toujours nié en bloc, qualifiant ces accusations de « propagande » de la part de la communauté internationale.

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