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Pourquoi l’arrivée de la 5G en Belgique divise

Businesswoman exit from Social Media

Alors que le pays est en proie à l’épidémie de Coronavirus, Proximus compte bien transmettre autre chose à toute vitesse dès ce mercredi: la 5G s’apprête en effet à faire son apparition dans 30 communes. Une excellente nouvelle pour certains, une vraie malédiction pour d’autres, tandis qu’en Suisse, le déploiement de ce réseau grande vitesse a été freiné pour raisons de santé…

Mais la 5G, c’est quoi au fait? Il s’agit de la cinquième génération des standards pour la téléphonie mobile, donnant accès à des débits dépassant de deux ordres de grandeur ceux de la 4G, avec des débits jusqu’à 100 fois plus rapides. « Harder, faster, stronger« , comme diraient les Daft Punk, mais pas forcément « better« , par contre, du moins en ce qui concerne la santé et l’écologie. Théories du complot mises à part (non, il n’y a pas de lien entre la 5G et le Coronavirus et tout ceci n’est pas une conspiration chinoise), le déploiement de cette nouvelle technologie nécessiterait notamment l’installation de beaucoup plus d’antennes, ce qui provoquerait une exposition accrue aux champs électromagnétiques, une situation dénoncée par le professeur Marie-Claire Cammaerts (ULB) et le professeur André Vander Vorst (UCL). En 2018, une étude publiée dans la revue « Scientific Reports » et relative à la température corporelle des insectes a également mis au jour le fait que les rayonnements d’une des gammes de fréquences de la 5G pourraient provoquer une augmentation de la température corporelle des espèces étudiées. Quant au Centre de recherche international contre le cancer, il a classé les radiofréquences de 30 kHz – 300 GHz en potentiellement carcinogènes pour l’homme, l’exposition permanente à certains champs électromagnétiques présentant un facteur de risque pour le cancer, la maladie d’Alzheimer ou encore l’infertilité humaine. Voilà pour le bilan sanitaire, et si cette nouvelle technologie est plus que réjouissante pour le secteur des télécommunications, elle pose aussi question en ce qui concerne la santé de la planète.

Lire aussi: La 5G va-t-elle bientôt débarquer en Belgique?

Effets positifs vs conséquences dévastatrices

Du côté du Shift Project, un laboratoire d’idées français ayant pour objectif l’atténuation du changement climatique et la réduction de la dépendance de l’économie aux énergies fossiles, on tire en effet la sonnette d’alarme: non seulement parce qu’un équipement 5G consomme trois fois plus d’énergie qu’un équipement 4G, mais aussi parce que la 5G nécessite trois fois plus de sites qu’avec la 4G pour assurer la même couverture. L’astrophysicien français Aurélien Barreau était quant à lui allé plus loin, poussant un coup de gueule sur son compte Facebook à l’hiver dernier.

La question n’est PAS de savoir s’il faut construire des centrales nucléaires ou des éoliennes pour alimenter tout cela. Elle consiste à comprendre comment endiguer cet hubris suicidaire de création de besoins matériels qui prévalent sur les ravages insensés que leur mise en acte induisent nécessairement sur le vivant. Même avec une source d’énergie parfaitement « propre », l’effet du déploiement serait dramatique.
La 5G tue. Non pas à cause des effets des ondes sur la santé humaine. Mais en tant que création artificielle d’un besoin arbitraire aux conséquences dévastatrices ».

Diabolique et dévastatrice, cette nouvelle technologie? La vérité n’est ni du côté des catastrophistes, ni de celui des évangélistes, car outre les nuisances bien réelles de ce standard de téléphonie version 5.0, il présente aussi des bénéfices non négligeables, par exemple dans le secteur de la médecine. Grâce à sa grande vitesse de transmission, la 5G devrait en effet faciliter les opérations chirurgicales « télé-monitorées », et augmenter leurs chances de succès notamment grâce à la transmission d’images de meilleures qualités. L’arrivée de la 5e génération de standards devrait également permettre de réduire les émissions de CO2 du secteur minier, et d’améliorer le guidage des voitures connectées. Et chez nous alors?

Un moment de grande impuissance

Proximus s’est engagé à d’abord proposer une version « light », sur base des bandes de fréquences qu’elle détient actuellement et des antennes existantes, mais aussi et surtout dans le respect des normes d’exposition aux champs électromagnétiques. La promesse? « Construire le meilleur réseau Gigabit de Belgique ». Une promesse loin de faire l’unanimité: en quelques heures seulement, près de 3000 personnes ont signé une pétition contre la 5G en Belgique, accusant Proximus de profiter « d’un moment de grande impuissance due au confinement ».

Nous ne voulons pas de votre 5G!!! Comment est-ce possible à l’heure où nous avons la preuve des nuisances qu’elle engendrerait, comment est-ce possible alors que la planète est malade de trop de tout ? »

Et de souligner « qu’à l’heure où nous voyons à quel point nous sommes faibles au regard de cette pandémie il est inadmissible de profiter de ce temps de confinement pour nous imposer cette folie ». Folie? Alors que la Suisse s’apprêtait à être le deuxième pays au monde à adopter la technologie après la Corée du Sud, la Confédération a pris la décision en février dernier de reporter indéfiniment ses directives, en attendant d’avoir pu mieux mesurer les effets réels de la 5G sur la santé. En attendant, chez nous, tandis que la colère gronde, la 5G devrait arriver dans les communes wallonnes suivantes dès ce mercredi:

  • Annevoie
  • Bastogne
  • Bouffioulx
  • Braine l’Alleud
  • Brugelette
  • Chatelet
  • Ciney
  • Eupen
  • Farciennes
  • Frasnes-Les-Anvaing
  • Gembloux
  • Heppignies
  • Huy
  • Jambes
  • Louvain-la-Neuve
  • Marche en Famenne
  • Mons
  • Namur
  • Profondeville
  • Soleimont
  • Tournai
  • Vielsalm
  • Wavre
  • Welkenraedt
  • Yvoir
  • Plus l’Aéroport de Charleroi Sud

Louvain, Bourg-Léopold, Drogenbos, Hal, Overijse, l’Aéroport de Zaventem et Waregem sont également concernées. « Proximus nous rapproche tous », mais en cette période, il semble surtout nous diviser, et ce, plus vite que jamais.

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