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Je suis partie en vacances sans mon smartphone, et ça a tout changé

Set of male and female characters use smartphone, make selfie and texting, in flat style. Trendy persons crowd on street

Pensés pour nous faciliter la vie, les smartphones se sont peu à peu transformés en véritables prisons, qui font de nous des enchaînés volontaires. Soucieuse de retrouver un peu de liberté mentale, je suis partie 10 jours en vacances sans mon téléphone, et ça a tout changé.

Ou plutôt, ça m’a ramenée à l’époque « d’avant », celle pas si lointaine où les vacances étaient de vrais moments de déconnection, et pas une prolongation du temps de travail, les collègues en moins mais le temps passé devant un écran inchangé. Mais si, souvenez-vous: l’époque où quand on partait, on sonnait 2 minutes chrono à la famille depuis le téléphone de la chambre d’hôtel pour les prévenir qu’on était bien arrivés. Mais deux minutes max hein, parce que c’est pas tout ça, mais ça coûtait bonbon d’appeler à l’étranger. L’époque où on donnait des nouvelles par carte postale interposée, où on ne matait aucun écran, à part, peut-être, celui de la télé de la chambre tard le soir, et encore, et où on prenait des photos réfléchies et limitées parce que a) ça coûtait cher à développer et b) la mémoire de votre carte numérique était limitée. D’accord, je suis vieille et je parle d’un temps dont les moins de 20 ans peuvent difficilement se rappeler. Mais tout de même, à l’époque, les vacances… ben c’était des vacances, en fait.

Mais allô quoi !?!

Il n’y avait pas de notifications qui s’invitaient à toute heure de la journée, aucune pression de prendre LA photo du joli paysage ou de la belle assiette pour faire saliver les abonnés, zéro stress si on ne répondait pas à la minute à un message (on ne les recevait pas! il n’y avait pas encore Whatsapp! Ah!) et aucun risque de recevoir un sms inopportun d’une vague collègue, ayant l’outrecuidance de signaler que « je t’ai envoyé un email mais j’ai reçu ton autoreply donc je passe par ici ». Des vacances, quoi. La déconnection. La batterie du téléphone à plat, pour mieux recharger les siennes. Accro à l’actu et friande d’Instagram, que j’utilise comme une boîte à souvenirs virtuelle, et où j’aime particulièrement aller revoir mes vieilles photos de vacances quand la Belgique est plus grise et triste que jamais, je n’aurais pas imaginé partir sans mon smartphone. D’abord, parce qu’il m’est virtuellement greffé à la main droite (oupsi), mais aussi et surtout parce que sans lui, comment est-ce que mes followers sur Insta (où je suis le genre de nanoinfluenceuse si microscopique qu’il faut la chercher au microscope, justement) allaient savoir que j’avais trouvé un super resto où fait une splendide balade sur la plage?!? Non mais ALLÔ QUOI?

Sauf que justement, j’ai décidé de raccrocher. Après des semaines bousculées tant sur le plan privé que professionnel, une semaine de vacances sur une île perdue en plein milieu d’une mer glacée se profilait, et il m’est soudainement paru impensable et insupportable de prendre mon smartphone avec moi. Première surprise: dès cette décision prise, c’est comme si on m’avait enlevé un poids de la poitrine et que je parvenais mieux à respirer, libérée. Deuxième choc, pour moi qui avoisine parfois 3h d’utilisation quotidienne de mon smartphone selon le décompte anxiogène qu’il me communique chaque lundi? Il ne m’a pas manqué. Pas une seule seconde.

Vacances, j’oublie tout

Au contraire: je me suis rendu compte de la place incroyable et injustifiée qu’il prenait dans ma vie. Sans lui, quelle liberté: ràf de partir pédaler dans les dunes pas coiffée et pas maquillée, PERSONNE d’autre que Chéri ne me verra comme ça, et il me jure qu’il me préfère au naturel. Zéro message intempestif, aucune tentation de « vite checker mes mails au cas-où », pas d’appel professionnel en pleine sieste crapuleuse promenade avec le chien… Des vacances, quoi, des vraies, comme avant, quand les smartphones étaient des GSM et que de toute façon ils ne captaient rien à l’étranger.

Ces dix petits jours loin de la civilisation, au propre comme au figuré, entourée de l’homme de ma vie, de notre Australian Shepherd chérie, et de rien d’autre, auront été une révélation. D’ailleurs, je me suis fait une promesse: plus jamais mon smartphone ne partira avec moi en vacances. Ce n’est malheureusement pas ça qui fera plus de place dans mes valises toujours pleines à craquer, mais par contre, ça me permettra de faire le vide dans ma tête. Et de mieux respirer au retour aussi: alors qu’il était éteint depuis 10 jours, quand je l’ai rallumé pour aller travailler, mon smartphone a réussi à me féliciter, parce que mon utilisation était retombée à « 35 minutes par jour seulement ». Peut-être qu’un fantôme habitant mon appart’ s’est amusé avec pendant mon absence, peut-être aussi que ça veut dire que l’outil de calcul de l’utilisation quotidienne déconne et que non, en vrai, je ne passe pas 3h par jour à pianoter. Qui sait. En tout cas, désormais, pour vraiment déconnecter, je connais la chanson, et je chante en choeur avec France Gall: « dé-branche, tout. Revenons à nous ».

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