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Jetée en pâture par Stéphane Pauwels, une journaliste du Vif reçoit menaces et insultes sexistes

D’un côté, Stéphane Pauwels, animateur en plein orage de la vie depuis qu’il a été inculpé de vol avec violence. De l’autre, Rosanne Mathot, journaliste au Vif, qui a rédigé le 2 juillet dernier une chronique piquante en réaction au choix de Stéphane Pauwels comme DJ à Trèbes le 21 juillet prochain. L’histoire aurait pu (et dû) s’arrêter là, elle a dégénéré en campagne d’insultes et menaces envers Rosanne Mathot après que Stéphane Pauwels s’en soit pris à elle publiquement.

« Adamo coûtait trop cher. Stephane De Groodt avait autre chose à faire. Eddy Merckx, lui, trônera fébrilement sur le départ et Tour de France, à Bruxelles ». Dès la première ligne du chapeau, on savoure l’humour mordant de Rosanne Mathot, qui signe ici un article sur l’invitation faite par la mairie de Trèbes à Stéphane Pauwels de faire office de DJ le 21 juillet. « Une fête nationale entre terrorisme, inculpation, musique kitsch et moules-frites ». Car ainsi que la journaliste le rappelle, Stéphane Pauwels est inculpé dans une affaire de vols avec violences, à laquelle se sont ajoutés deux nouveaux chefs d’inculpation il y a quelques semaines: détention de cocaïne et tentative de faux en écriture. Il a beau clamer son innocence depuis son arrestation, il n’a pas encore été exonéré par la justice, et en le rappelant, Rosanne Mathot n’a pas exactement dévoilé le secret du siècle puisque la presse belge se délecte de chaque nouveau rebondissement dans l’affaire, remplissant page après page de résultats Google évoquant tour à tour une « descente aux enfers », une « polémique » ou citant l’animateur lui-même, affirmant que sa « vie s’est arrêtée le 28 août 2018 ». Allons donc, non seulement ce n’est pas secret, mais il en parle lui-même. Sauf que s’il faut en croire le tweet qu’il a posté ce 14 juillet, l’article de « l’opportuniste » Rosanne Mathot lui aurait coûté l’animation du 21 juillet à Trèbes.

Il n’en fallait évidemment pas plus pour réveiller les requins de la twittosphère, avide de chair fraîche à se mettre sous la dent, et plus encore, d’une occasion de montrer les crocs et l’étendue de leur misogynie. Dans un premier temps, c’est en commentaire du tweet de Stéphane Pauwels que ça s’emballe. « Vraiment un article de merde, fait par une journaliste de seconde zone ». « Le journalisme belge qui devient de plus en plus une poubelle ». Immédiatement, Rosanne Mathot répond à l’animateur, rappelant qu’elle a simplement souligné un fait, connu de tous, et n’est donc en rien responsable de l’annulation de l’évènement. De quoi calmer ses détracteurs et tuer la polémique dans l’oeuf? Au contraire.

Forcément, la réponse de Stéphane Pauwels à son tweet n’aura rien fait pour arranger l’affaire: « la fête a bien été annulée suite à votre article qui a été distribué dans des endroits de la ville et l’opposition politique en a profité pour déstabiliser le maire.. Vous êtes responsable !! Quel était l’intérêt hormis créer du clic ? Aucun hormis me salir gratuitement ! ». Et de persister: « après la conférence de presse, vous vous êtes empressés sur le parking à envoyer un papier sur le web pour buzzer (…) journalisme de caniveau! Vous faire mousser sur mon dos… pitoyable ». Fallait-il rappeler les ennuis de justice du présentateur en relayant sa venue à Trèbes? Peut-être pas, même s’ils sont aujourd’hui tellement liés à sa personnalité publique que les passer sous silence serait curieux dans un article. N’empêche: qu’on approuve ou non, ce qui est laissé à la liberté de chacun, insulter et menacer la journaliste, jetée en pâture au préalable, dépasse la liberté individuelle et franchit les limites.

Inégalité entre les sexes

D’autant que, comme trop souvent lorsqu’un article rédigé par une journaliste déplaît à une partie de l’opinion publique, il ne s’agit pas ici de critiquer son travail mais bien d’enchaîner directement sur des insultes et menaces à caractère sexuel. « Mal-baisée », « frustrée », « pétasse », « conne », « débile profonde »,.. Les insultes se suivent et tournent toujours autour de la même chose, car, ainsi que l’a fait remarquer justement Caroline Van Wynsberghe en marge de la #polémique: « un journaliste fait un article, au pire il suscite de l’indifférence ou passe pour un idiot. Une journaliste fait un article et elle se prend insultes sexistes et menaces les plus immondes ».

L’histoire en deviendrait au fond presque tristement banale: à l’époque post #balancetonporc, les porcs balancent toujours aussi allègrement leur boue sur celles qui ont l’audace de l’ouvrir. Après avoir liké et retweeté plusieurs messages d’injure adressés à Rosanne Mathot, Stéphane Pauwels a quant à lui changé son fusil d’épaule, rappelant dans un tweet que « je répète que j’ai signalé cet article de délit de faciès pour vendre et faire du clic ce que je subis depuis 1 an mais je ne cautionne pas les insultes (je connais cela )Madame Mathot est journaliste et responsable de ses écrits.Stop aux insultes .Merci ». Un message qui semble avoir eu moins d’effet sur la meute que son tweet original identifiant la journaliste et son compte Twitter. Sans surprise? Offrant elle aussi son soutien à sa consoeur, la journaliste belge Fanny Declercq rappelait au passage qu’en tant que femme « quelle que soit la position que vous adoptez, si vous vous aventurez sur un territoire traditionnellement masculin, les insultes viendront ».

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