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Paye Ta Shnek: le blog anti-harcèlement rend les armes

Le compte Instagram et blog Paye Ta Shnek tire sa révérence après 7 temps de bons et loyaux services envers la cause féministe. Ce qu’on en dit? Qu’il y a pourtant encore tellement de choses à dire.

Paye Ta Shnek, c’est ce blog français qui publiait depuis 2012 des témoignages de femmes harcelées. En tout, ce ne sont pas moins de 15 000 témoignages anonymes qui ont été récoltés et publiés, histoire d’ouvrir les consciences en matière de lutte contre le harcèlement. Malheureusement, sa créatrice, Anaïs Bourdet, a annoncé dimanche, via un post Facebook, qu’elle quittait définitivement le projet.

Découragement et agression

En cause? Une agression en boîte de nuit et un découragement personnel. « Je constate, de manière très empirique dans ma vie, que les violences ne reculent pas », regrette-t-elle. « Dans le nombre de témoignages que je reçois également, je suis incapable de vous dire aujourd’hui que les violences contre lesquelles je lutte depuis sept ans ont reculé. Et donc, je ne suis plus en mesure de dire aux femmes que si on prend la parole massivement ensemble, on fera bouger les choses. »

Si la jeune femme ne publiera plus de nouveaux témoignages, les anciens resteront visibles. « C’est un travail collectif, et je ne veux pas qu’il disparaisse, donc il reste à disposition de quiconque veut travailler sur ces questions-là ».

Un appel au changement

Heureusement, le découragement qu’elle exprime s’accompagne d’un appel à l’action. « [Publier des témoignages] n’a, aujourd’hui, plus autant de sens:

après Balance ton porc, Metoo, et toutes les prises de parole, il faut passer à l’étape suivante. Témoigner ne suffit plus : rien n’a changé, les hommes sont toujours aussi violents.

Oui, les hommes. J’ai bien dit les hommes. Toujours trop nombreux à nous traumatiser, toujours pas assez nombreux à nous aider pour que ça pèse dans la balance. »

Un échec, mais des victoires

Dans sa publication, la féministe est revenue également sur les victoires engendrées par Paye Ta Shnek. Tout n’aura pas été vain. « En 2016, par exemple, on s’est opposées à une décision du Sénat et on a obtenu gain de cause. En sept ans, on a fait avancer plein de points par-ci, par-là. Et personnellement, cela m’a amenée à faire des choses que je n’aurais même jamais espéré faire: je suis intervenue deux fois à l’Assemblée Nationale, j’ai été invitée à Boston, j’ai rencontré des personnes formidables…Je n’ai aucun regret, et je suis très reconnaissante vis-à-vis de toutes les personnes qui ont contribué à ce projet ».

Cette démission a été l’occasion pour de nombreuses femmes de témoigner toute leur reconnaissance envers la créatrice de Paye Ta Shnek. « Merci beaucoup pour tout ce travail titanesque, je me suis souvent sentie moins seule grâce aux témoignages », « Merci, merci encore pour ton soutien, merci d’avoir donné une voix aux femmes victimes de violence » sont autant d’échos au travail accompli. Et nous, on lui dit merci aussi.

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