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Le travail émotionnel, le poids invisible que portent les femmes dans leur couple et leur vie sociale

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Veiller au bien-être et sur les sentiments de ceux qu’elles aiment et qui les entourent. Un principe qui, pour de nombreuses femmes constitue une part inhérente de qui elles sont. On nomme cela le travail émotionnel. Une forme d’empathie et une attention constante qui sont énergivores, parfois jusqu’à l’épuisement.

On connaissait la charge mentale. Le fait de veiller à chaque aspect de la vie quotidienne de la maison et d’être en permanence rattrapé par ce deuxième travail, entrainant une constante fatigue psychique et physique. La brillante explication de celle-ci par la dessinatrice Emma avait permis à de nombreuses femmes d’enfin mettre des mots sur leur vécu. Aujourd’hui, celle-ci sort un nouvel album intitulé La charge émotionnelle et autres trucs invisibles. Un ouvrage qui fait écho à ce qu’Arlie Russell Hochschild, une sociologue américaine a nommé le travail émotionnel.

La charge féminine

Alors que les femmes se voyaient souvent attribuées consciemment ou pas de veiller sur les aspects domestiques de leur couple ou de leur famille, le concept de travail émotionnel évoque le besoin pour nombre d’entre nous d’être attentives à tous les besoins et le ressenti des membres de sa tribu et de son entourage. Veiller à envoyer un message à sa belle-mère parce que notre compagnon n’y pense pas. Prévoir les tenues de notre bout de chou la veille. Organiser les vacances, trouver les cadeaux surprises des amis, racheter une écharpe à son amoureux sans qu’il l’ait demandé pour éviter qu’il ait froid. Avoir des attentions permanentes pour chacun. Des comportements qui, s’ils ne sont pas l’apanage des femmes, leur viennent souvent naturellement. Et qui demandent une énergie considérable. La politologue islandaise Anna G. Jónasdóttir explique par exemple ainsi les relations de couples hétérosexuels:

Le sentiment d’amour permet à l’être humain de se sentir exister. Dans les couples hétérosexuels, les femmes expriment leur amour en prenant soin de l’autre.

Un rôle attribué d’office?

Si la charge mentale est simple à démontrer par son aspect pratico-pratique, le travail émotionnel est lui plus insidieux et souvent invisible. Et il est dès lors tout aussi compliqué de lâcher prise que de demander à l’autre d’en reprendre les rennes. D’autant que dans l’imaginaire collectif, les femmes sont présentées comme les actrices idéales pour ce genre de rôles, payant le prix des qualités qu’on leur confère. La journaliste Jess Zimmerman écrivait ainsi:

On prétend que les femmes ont plus d’intuition, d’empathie, sont plus aptes et motivées, de façon innée, à offrir soutien et conseils. C’est si pratique, cette construction sociale qui permet aux hommes d’être paresseux au niveau émotionnel.

L’importance de rompre avec l’obligation constante

Que l’on ait le sentiment que prendre soin de ceux qu’on aime et gérer la vie relationnelle et sociale de la famille est un choix ou au contraire une obligation de son partenaire ou une contrainte de la norme, il est important de le vivre en pleine conscience. De réaliser le temps et l’implication que demande ce fonctionnement et d’amener l’autre à y prendre également sa place. Mais plus encore de déconstruire la croyance qu’en laissant de côté certaines contraintes sociales, on se révèle mauvaise amie, belle-fille, soeur, collègue, mère ou compagne. Et d’analyser les petits actes posés du quotidien pour trouver le juste équilibre. Parvenir à rester attentionnée tout en ne se sacrifiant pas pour les autres.

La nouvelle BD de la toujours aussi subtile et féministe Emma La charge émotionnelle et autres trucs invisibles est elle disponible depuis ce 20 septembre.

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