Home Lifestyle Faut qu'on parle TÉMOIGNAGE: « j’ai du abandonner ma mère pendant sa chimio »

TÉMOIGNAGE: « j’ai du abandonner ma mère pendant sa chimio »

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Alors qu’elle accompagnait sa maman à l’hôpital Erasme, Priscilla Adade a dû la laisser seule pendant son traitement. Une pratique qu’elle dénonce à travers un message posté sur sa page Facebook.

« Je suis en colère, triste et me sens impuissante. Aujourd’hui, j’accompagne ma très chère maman pour la énième fois à sa énième chimio. Et comme d’habitude, je me demande si nous allons réussir à négocier avec les infirmières pour qu’elle ait une chambre et non pas un fauteuil.

Non pas pour une question de luxe ou de confort. Non, non, non. Simplement parce que c’est le seul moyen pour moi de rester à ses côtés pendant son traitement. Si elle a un fauteuil et se retrouve dans la grande salle avec 30 autres patients, elle n’a pas le droit d’être accompagnée pendant qu’elle fait sa chimio.

Cette fois ci, notre charme légendaire a échoué, impossible d’avoir une chambre. J’écris ces mots dans le métro, sur le chemin du retour, après l’avoir laissée.

J’ai le sentiment d’avoir abandonné ma mère à l’hôpital.

Alors oui, je comprends que c’est embêtant pour les infirmières de se retrouver avec 30 accompagnants dans une salle mais on peut parler de ce dont les patients ont besoin? De l’importance du soutien, du réconfort et de l’attention dont les patients ont besoin?

Le cancer, les traitements, les chimios hyper agressives, les nausées, les vomissements, la faiblesse, les douleurs, les nuits blanches, les angoisses? Comment peut-on INTERDIRE aux malades à ce moment crucial où ils sont mis en face à leur mortalité d’être accompagné et de bénéficier du peu de réconfort qu’on peut avoir à ce moment-là? Et pourquoi? Pour le confort des infirmières? C’est inadmissible ».

Un cas isolé?

Si d’habitude, certaines infirmières laissaient les deux femmes se rendre dans une chambre libre, cette fois, la maman de Priscilla a dû recevoir sa chimio dans le salon ambulatoire en compagnie d’autres patients. Dans cette pièce ouverte, il est clairement indiqué sur des pancartes que l’accompagnement n’est pas autorisé.

« On permet l’accompagnement du patient. C’est la règle. Il y a des chambres réservées à cet effet. Mais dans le cas particulier d’une chimiothérapie en ambulatoire prévue pour une durée courte; de quelques minutes à exceptionnellement 4 heures, une salle ouverte sans cloison met 19 fauteuils à disposition des patients. Dans cette salle, l’accompagnement n’est pas autorisé pour des raisons de tranquillité du patient, du respect de la vie privée ainsi que pour des raisons de sécurité » nous explique-t-on au service de presse de l’Hôpital Erasme.

Cette situation n’est pas habituelle à tous les hôpitaux. Les professionnels de la santé préconisent un accompagnement du patient durant les traitements. C’est ce que nous confirme le Professeur Thierry Velu, Directeur du Chirec Cancer Institute:

« L’attitude ne diffère pas du tout du type de chambre, que ça soit en simple, en double ou dans le salon. On encourage les patients à venir accompagnés. Quand on a rendez-vous avec le patient, il doit emmagasiner tellement d’informations qu’il est préférable qu’il ne soit pas seul. Lorsqu’il se rend en hôpital de jour pour un traitement, il reçoit aussi des informations de l’équipe en place. Le patient est malade, stressé, fatigué. L’accompagnement a plusieurs aspects positif: le patient n’est pas seul, il bénéficie d’une aide à l’écoute de ces informations et il est soutenu ».

Enfants bienvenus

Par contre, il est préférable de ne pas se rendre à l’hôpital à 8 avec le patient. Une personne ou deux maximum, pour une question de calme, de sérénité. Le Professeur Thierry Velu recommande même de ne pas laisser les enfants en dehors de ce processus quand ils sont concernés par un parent malade.

« On déconseille que l’enfant reste durant toute la durée du traitement qui est souvent long. Par contre, on encourage à ce qu’il vienne de temps en temps pendant un court instant. Ça lui permet de démystifier et dédramatiser la situation. Il a une vision plus concrète de la perfusion, du traitement ». Le Chirec a d’ailleurs dédié un espace de jeux aux enfants où ils sont suivis par des psychologues pour déceler des angoisses.

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