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© La Namibie met 170 éléphants en vente - Getty Images

La Namibie s’apprête à mettre 170 éléphants vivants aux enchères

Kathleen Wuyard

Pour “prévenir les conflits entre l’homme et l’éléphant”, la Namibie a décidé de mettre aux enchères 170 éléphants, à n’importe qui en Namibie ou à l’étranger à condition d’assurer leurs soins. Une décision qui consterne les spécialistes de la conservation.


Du côté du Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW), on ne cache pas son mécontentement et son incompréhension. La décision du ministère de l’Environnement, des Forêts et du Tourisme de vendre 170 éléphants à n’importe qui en Namibie ou à l’étranger, sous réserve de conditions strictes concernant leurs soins et leur sécurité, est en effet condamnée comme étant tout sauf une solution aux conflits opposant l’homme et l’animal. D’autant qu’en prime, c’est contraire aux recommandations de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), que la Namibie a signée.

Une vente d’éléphants qui sonne l’alarme


“Vendre les éléphants n’empêchera pas les conflits entre l’homme et l’animal. La manière la plus efficace de réduire le problème des conflits est de travailler avec les communautés pour s’assurer que les habitats sont gérés correctement et que des solutions sont trouvées pour garantir la protection de la faune et des personnes qui vivent à ses côtés. Cela a été prouvé à maintes reprises dans toute l’Afrique australe, explique Neil Greenwood, Directeur régional d’IFAW pour l’Afrique australe”.

“La simple vente d’éléphants sonne l’alarme pour le bien-être à long terme des animaux et il existe de nombreux exemples de ventes similaires se terminant par des années de captivité tragique et cruelle pour chacun des éléphants” -Neil Greenwood.


Et d’appeler la Namibie à reconsidérer sa position, rappelant qu’il existe “des solutions qui seront bénéfiques à la fois pour les habitants et les éléphants, notamment en faisant appel à la communauté des ONG qui ont l’expertise et l’expérience nécessaires pour aider”. De son côté, le gouvernement namibien affirme être restreint dans son action face à ce qu’elle qualifie de surpopulation d’éléphants. Suite à un épisode de sècheresse dans le pays, ces derniers sont plus susceptibles de s’aventurer du côté de terrains cultivés pour se nourrir, avec une issue souvent violente, voire mortelle, si les fermiers les y prennent. Lors de la vente aux enchères, ceux qui l’emportent devront s’engager à payer en prime le prix de la capture de l’animal.

La Namibie met 170 éléphants en vente - Getty Images

Alors que la population d’éléphants est en pleine croissance sur le sud du continent, en Afrique de l’est et en Afrique centrale, elle continue de diminuer à cause du braconnage. Une solution à la surpopulation namibienne pourrait être d’y réinstaller les éléphants “excédentaires”, suivant ainsi les recommandations émises lors de la réunion de la CITES (CoP18). Les gouvernements membres avaient alors convenu que le commerce devrait, à quelques exceptions près, être limité aux pays situés dans l’aire de répartition naturelle des éléphants d’Afrique et uniquement à des fins de conservation. La Namibie fait toutefois partie d’un certain nombre de gouvernements d’Afrique australe qui ont déclaré par la suite qu’ils n’appliqueraient pas la recommandation de la CITES.

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