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Flair Book Club: 3 romans qui prédisent à quoi le futur pourrait ressembler (et ça fait peur)

À quoi ressemblera l’humanité dans un futur pas si lointain que ça? De tous temps, les auteurs ont aimé tenté de répondre à la question (hello, « 1984 »), mais au vu des développements de ces derniers temps, ces trois romans dystopiques laissent envisager un futur glaçant…

Entre post-nazis au pouvoir, guerre sans fin en Asie ou encore effondrement de l’économie américaine et crise sans précédent, ces romans, qui auraient pu passer pour de la science-fiction pure il y a cinq ans, peignent aujourd’hui un futur d’autant plus préoccupant qu’il ne semble pas si lointain que ça. À lire si vous l’osez.

« Macha ou le IVe Reich » – Jaroslav Melnik

Le résumé:

3896. Le IVe Reich étend son pouvoir sur le monde entier. La société est divisée en deux catégories : les humains et les stors, êtres d’apparence humaine mais qui au fil des siècles se sont mués en bêtes de somme, privés de langage, corvéables à merci, et transformés en viande de boucherie quand ils ne satisfont plus aux besoins de leurs maîtres ou quand ils sont trop vieux.

Dima est journaliste à La Voix du Reich. Parfaitement intégré dans cette société pacifiée, il est même spécialisé, comme tous ses ancêtres, dans la découpe des stors voués à l’abattoir, ce camp de la mort pour animaux, jusqu’au jour où il ressent un trouble étrange à l’égard de l’une d’entre eux, la jeune et belle Macha. Lorsqu’il commence à soupçonner que les stors ne sont peut-être pas si éloignés de la race humaine qu’il le pensait, il prend le maquis pour tenter d’échapper aux post-nazis et de sauver Macha.

Pourquoi ça fait peur: Avec la montée des extrémismes partout en Occident et une division toujours plus nette entre le 1% et ceux qui triment comme des bêtes, faut-il vraiment attendre 3896 pour imaginer un IVe Reich totalitaire? Certes, les stors sont des personnages de fiction, en apparence du moins, mais difficile de ne pas voir en eux une classe sociale toujours plus marginalisée et encore plus fragilisée par la pandémie de Covid-19. Aussi glaçant que l’illustration de couverture, qui reste en tête et questionne au passage notre rapport spéciste à la viande: si on part du principe qu’on peut manger des vaches, des poules et des cochons, mais pas de chiens ou de chats, qu’est-ce qui empêche qu’un jour, on se dise que certains humains sont bons à manger aussi? Glaçant, on vous dit.

« Les Mandible, une famille 2029-2047 » – Lionel Shriver

Le résumé: Aux États-Unis, en 2029.

Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l’Espagnol est devenu la première langue du pays, l’Indonésie a annexé l’Australie et Poutine est toujours au pouvoir.  Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l’eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande rigueur, mais les comptes du patriarche sont bien garnis, l’heure de l’héritage est proche.

C’est alors que le Président Alvarado annonce la faillite des États-Unis : l’argent des particuliers est réquisitionné, les seniors sont expulsés de leur maison de retraite, les salaires ne sont plus versés. La maison de Florence Mandible devient le dernier refuge de toute la famille. Mais combien de personnes peuvent vivre en totale promiscuité dans une petite maison de Brooklyn ? Combien de temps avant que la solidarité entre ses habitants ne laisse place à la colère, à la haine ? Avant que la famille Mandible ne s’écroule, comme le reste du monde qui l’entoure ?

Pourquoi ça fait peur: Dans une interview accordée en plein confinement, Lionel Shriver, l’auteure du roman, mettait en garde contre un futur proche qui pourrait ressembler comme deux gouttes d’eau à celui décrit dans son livre. Un monde où il n’y a plus de papier toilettes ni d’eau courante, ou des gens hier aisés se retrouvent à la rue parce que l’argent ne vaut plus rien et où l’humanité, confrontée à une crise économique sans précédent, retombe dans ses pires travers. Ca ressemble à une version exagérée du krach de 29 et de la crise financière qui l’a suivi, ou à un aperçu de ce à quoi le monde aurait pu ressembler après la crise de 2008, mais alors que les économistes mettent en garde contre une crise sans précédent suscitée par le COVID et le confinement, cela a aussi des allures d’avertissement, et on le dévore jusqu’à la dernière page pour tenter de comprendre comment s’en sortir si ça arrive vraiment.

« La guerre du pavot » – R.F. Kuang

Le résumé:

Deux pays s’affrontent depuis des siècles : l’immense empire de Nikara et une petite île voisine, Mugen. Jeune orpheline, Rin décide de tout faire pour échapper au mariage qu’ont arrangé ses parents adoptifs. Aidée d’un bibliothécaire qui s’est pris d’affection pour elle, elle se met à étudier en vue du concours Keju, qui ouvre aux enfants les plus brillants du pays accès à l’académie militaire de Sinegard, chargée de former les futures élites de l’Empire. Sous l’égide d’un vieux maître fantasque et mystérieux, elle s’éveille peu à peu aux pouvoirs chamaniques qui sont les siens, mais quand la guerre larvée éclate de nouveau, sous les coups de boutoir de Mugen, l’Académie est dissoute et ses membres affectés à l’une des douze divisions des Douze Provinces qui composent l’Empire. Rin rejoint les sicaires de l’Impératrice…

Pourquoi ça fait peur: Alors que la Chine n’a de cesse d’augmenter la pression sur Taïwan et Hong-Kong sous l’oeil méfiant de la communauté internationale, difficile de ne pas imaginer que dans un futur pas si lointain, une nouvelle guerre d’envergure puisse bousculer l’échiquier politique international. Décrit par certains critiques comme le meilleur roman fantasy de l’année, rien que ça, cet ouvrage nous rappelle parfois l’aspect formatif d’Harry Potter, à ceci près qu’ici, il s’agit de se former aux arts martiaux pour survivre. Moins glaçant que les deux autres, ce roman offre une évasion bienvenue dans un univers grimdark, certes, mais aussi drôlement addictif.

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