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ON A VU: « Anatomie d’un scandale », la série glaçante sur le consentement

Barbara Wesoly

Oui ou non. Sur papier, la notion de consentement ne laisse aucune place au doute. Mais dans les faits, les victimes d’agressions sexuelles sont aussi bien souvent les victimes de zones grises, des mots, comme des non-dits, au poids aussi, si pas plus lourd que les actes en eux-mêmes. C’est cette douloureuse réalité qu’explore la série Netflix « Anatomie d’un scandale ».

Sophie Whitehouse semble tout avoir pour être heureuse. Epouse folle amoureuse et épanouie d’un député britannique qui est ami proche du premier ministre, mère de deux magnifiques enfants, vivant dans le luxe et les privilèges depuis sa jeunesse. Puis un soir, est révélé l’infidélité de son mari, avec Olivia Lytton, son assistante parlementaire. Une histoire passionnée ayant duré 5 mois. Et qui rapidement vire au cauchemar lorsque Lytton accuse Whitehouse de l’avoir violée, deux semaines après leur rupture.

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Inspirée du roman éponyme de Sarah Vaughan, la série « Anatomie d’un scandale », semble aborder un thème plus que vu et revu: le pseudo couple idéal qui s’effondre, la personnalité politique qui use et abuse de son pouvoir avec la certitude d’être intouchable. Et elle pourrait en effet être un soap de plus sur la célèbre plateforme de VOD, si elle n’explorait pas avec élégance et intelligence le thème du consentement et toute sa complexité.

La douleur des soupçons

Blanc ou noir. Oui ou non. Le principe devrait par essence faire consensus. Ne pouvoir susciter aucun débat. Dans les faits, la réalité est bien plus trouble, sombre et dès lors douloureuses pour les victimes. A l’image de la réalité d’Olivia Lytton dans la série. Ne pas hurler son rejet est-il une manière implicite d’accepter? Etre trop choqué pour agir revient-il à donner son approbation? Et comment justifier ce qui commence par un accord pour se transformer en refus? Des difficultés et des soupçons auxquels doivent trop souvent faire face les victimes d’abus sexuels. Et d’abus de pouvoir aussi, car ici, les deux sont intrinsèquement mêlés. Au-delà du cas de la jeune femme, il y a aussi celui de Sophie Whitehouse, qui en soutenant ou non son mari, en s’exprimant ou non publiquement, en se refusant ou pas à douter de lui, révèle une autre face de la notion de consentement.

Avec finesse mais aussi avec suspense, tension et profondeur, la série retourne de multiples situations, pour en disséquer les prismes et les visions, instille le doute en nous et trouble les faits jusqu’à les rendre d’autant plus terrifiants. Au casting, on retrouve Sienna Miller et Rupert Friend, grandioses de justesse. Et l’on ne peut que se laisser emporter jusqu’à la fin, par ces six épisodes qui se font le triste rappel que dans encore de trop nombreux cas de violences et agressions sexuelles, la victime demeure coupable, jusqu’à preuve du contraire.

« Anatomie d’un scandale », disponible sur Netflix.

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