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ON A VU : « Les hirondelles de Kaboul » pour mieux comprendre la situation en Afghanistan

Ana Michelot
Ana Michelot Journaliste

Entre poésie et drame, le film d’animation « Les hirondelles de Kaboul » nous donne un aperçu des vies bouleversées par l’arrivée des Talibans au pouvoir en Afghanistan à travers des dessins somptueux et une histoire captivante.

Si « Les hirondelles de Kaboul » est à l’origine un livre écrit par Yasmina Khadra et paru en 2002, il vient d’être adapté sous le format d’un film d’animation par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mevellec, qui signe les illustrations réalisées à l’aquarelle. Des images qui font tout le charme du film et qui donnent une toute autre dimension au récit, qui se distingue des autres documents cinématographiques réalisés sur le sujet. Un sujet difficile mais bien réel, celui de la vie sous le régime des Talibans. 

Si le film prend place en 1998 à Kaboul, lors de la première prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan, il est tristement d’actualité puisque depuis août 2021, le pays est de nouveau dirigé par leurs chefs tribaux. On suit ici deux couples aux vies bien différentes: d’un côté Atiq et Mussarat doublés par les acteurs Simon Abkarian et Hiam Abbass. Lui est gardien d’une prison pour femmes et elle est gravement malade. De l’autre côté Zunaira et Mohsen, joués par Zita Hanrot et Swann Arlaud, qui sont jeunes et pleins de rêves. Ils ont l’espoir de voir leur pays redevenir ce qu’il était avant l’arrivée de l’extrémisme. Pourtant, un jour, Mohsen assiste à la lapidation d’une femme en place publique, et dans un élan de folie collective, jette lui aussi une pierre sur la condamnée à mort. Un geste qui va bouleverser toutes leurs existences…

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Le résumé

« Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies. »

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Pourquoi on a aimé ?

Pour les dessins si réussis, qui permettent à l’horreur d’être représentée d’une manière différente, mais tout aussi impactante. Comment ne pas étouffer comme Zunaira derrière la grille de tissu qui lui permet de voir à travers sa burqa intégrale, imposée par les Talibans et qu’elle déteste porter? Comment ne pas avoir le souffle coupé par la furie des passants jetant des pierres à une femme accusée d’avoir fauté ? Mais loin d’être fataliste, le film montre également la résistance et la soif de liberté des personnages, et ce, malgré la menace qui pèse sur eux. « Les hirondelles de Kaboul » aborde à la fois l’obscurantisme, mais aussi l’amour, le deuil et la révolte.

« Les hirondelles de Kaboul » est disponible en vidéo à la demande sur MyCanal ou sur le site Arte.fr

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