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© Getty

En Égypte, les personnes LGBT+ sont torturées et leurs droits, bafoués

Manon de Meersman

Human Rights Watch dévoile aujourd’hui des témoignages horrifiants de personnes LGBT+ en Égypte, torturées dans le plus grand des silences.

En Égypte, les personnes LGBT+ font en permanence face à un risque d’arrestations arbitraires, à de la discrimination, à des pièges imaginés par la police, à une violation de leur vie privée… Bref, « les autorités égyptiennes semblent être en lice pour battre le record régional des pires atteintes aux droits des personnes LGBT+ », a déclaré Rasha Younes, chercheuse auprès du Human Rights Watch.

Une situation insoutenable

La situation actuelle des personnes LGBT aujourd’hui est insoutenable en Égypte. Les forces de sécurité se basent sur l’identité de genre de ses citoyens pour effectuer des arrestations aléatoires, fouillant illégalement le contenu de leur téléphone et utilisant ce dernier pour justifier des poursuites judiciaires, totalement injustifiées. Grâce à « l’aide d’une organisation de défense des droits des personnes LGBT+ au Caire », Human Rights Watch est parvenu à recenser des témoignages de personnes LGBT ayant subi des arrestations et des actes de torture ensuite. L’ONG a reçu le témoignage de « 15 personnes, dont des LGBT+ poursuivies entre 2017 et 2020 en vertu des lois vagues et discriminatoires portant sur la ‘débauche’ et la ‘prostitution' ».

Les témoignages glacent le sang et les personnes concernées expliquent avoir subi, de la part des autorités, du « harcèlement verbal et des violences physiques allant des claques à la torture au moyen d’un tuyau d’arrosage ou en les attachant pendant des jours ». À cela, ajoutez une incitation à la violence de la part des agents de police, qui n’hésitent pas à pousser les codétenus à violenter les personnes LGBT. De cette même manière, l’ONG dénonce des « passages à tabac graves et répétés ainsi que des violences sexuelles, souvent commises sous le prétexte d’effectuer des examens anaux forcés ou des ‘tests de virginité' ».

Des refus à répétition

En Égypte, les droits LGBT sont tout simplement marqués par une absence de reconnaissance de l’homosexualité. Et cela va loin: en 2017, les autorités du pays sont allées jusqu’à interdire aux médias « de montrer des homosexuels ou de promouvoir leurs slogans« . Cette même année, Sarah Hegazy, née en 1989 en Égypte, a été arrêtée et torturée en prison pendant trois mois. Le motif: elle avait brandi un drapeau arc-en-ciel lors d’un concert. La police avait alors incité les codétenus de la jeune femme à la frapper et à l’harceler sexuellement. La militante ouvertement lesbienne a fini par se donner la mort au Canada, où elle vivait depuis lors en exil.

La mort tragique de Sarah Hegazy aurait dû déclencher une onde de choc et de solidarité mondiale, mais l’Égypte a continué sans ciller à cibler et violenter des personnes LGBT+, simplement en raison de qui elles sont ».

a rajouté Rasha Younes. De quoi nous mettre en rage, d’autant plus lorsqu’on sait qu’en mars dernier, « l’Égypte a refusé de reconnaître l’existence des personnes LGBT+ et refusé de protéger les droits de tous les égyptiens sans discrimination », rapporte Têtu. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir eu plusieurs pays recommandant à l’Égypte de mettre un terme aux arrestations et à la discrimination se basant sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle, mais rien y fait: les rejets se répètent…

« Lorsque les forces de sécurité arrêtent arbitrairement les gens et leur font subir des abus susceptibles de les marquer à vie, la moralité et l’ordre public ne sont pas protégés, mais détournés » a ajouté Rasha Younes. Les partenaires de l’Égypte devraient suspendre leur appui à ses forces de sécurité abusives jusqu’à ce que le pays prenne des mesures efficaces pour mettre fin à ce cycle d’abus, afin que les personnes LGBT puissent vivre librement dans leur pays », a-t-elle conclu.

 

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