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Témoignage: « Je gère une ferme et j’adore mon job »

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Le secteur agricole souffre encore de nombreux a priori. Alors qu’elle a un diplôme en Bio-ingénieur, Eva, 35 ans a fait le choix de devenir fermière et gère sa ferme comme une véritable entreprise.

« Depuis 2011, je suis propriétaire d’une entreprise horticole avec mon mari Matthias et son frère. Matthias et moi avons grandi dans une famille de fermiers. J’ai repris l’affaire de mon grand-père et Matthias a suivi les traces de ses parents, nous avons rassemblé les deux pour en faire une seule entreprise familiale. Mon grand-père était spécialisé en pommes de terre, choux de Bruxelles et viande bovine. Dans la famille de mon mari, ils étaient spécialisés en légumes.

Petite fille, je trouvais la vie à la ferme géniale. Je suis vraiment une personne d’extérieur et j’aime mettre les mains dans le cambouis.

J’avais envie de devenir fermière, mais ma maman n’était pas très enthousiaste car c’est une activité lourde qui rapporte peu. J’ai fini par m’inscrire à l’université, où j’ai obtenu mon diplôme en Bio-ingénieur. Avec ce diplôme, je pouvais aller dans toutes les directions, mais quand j’ai rencontré Matthias et qu’on a parlé d’un avenir ensemble, nous avons pu réaliser notre rêve.

Circuit court

Matthias et moi croyons dur comme fer au circuit court: livrer directement au consommateur, aux entreprises et dans l’horeca, et ce via les marchés et notre magasin. Sans l’intermédiaire de grossistes ou de ventes aux enchères. Grâce à cette façon de travailler, nous déterminons nous-mêmes quels légumes nous cultivons, comment nous les récoltons et quel prix nous devons demander.

Sur une année, nous cultivons pas moins de 25 sortes de légumes, toujours en fonction des saisons. Le frère de Matthias les vend sur des marchés, dans l’horeca, des entreprises ou des écoles. Nous mettons un point d’honneur sur la qualité, la fraîcheur et le goût, et ça récolte ses fruits.

Nous sommes aujourd’hui le fournisseur fixe de plusieurs restaurants de la région. Si vous tenez compte de la saison, vous pouvez cuisiner avec un petit budget, et c’est une situation où tout le monde y trouve son compte. Il y a quatre ans, j’ai eu l’idée de lancer une vente à domicile. Aussitôt dit aussitôt fait: un petit magasin fut bâti dans un entrepôt, j’ai créé une page Facebook pour attirer les potentiels clients. Bien que notre ferme soit assez isolée, les gens aiment venir jusqu’ici pour acheter des légumes frais. Depuis janvier de cette année, nous avons ouvert un vrai magasin de ferme, qui est ouvert trois jours par semaine. Ce sont en grande partie dans légumes que nous cultivons nous-mêmes, mais nous vendons aussi quelques produits locaux d’autres producteurs.

Un emploi du temps qui fait sens

Je veux être transparente par rapport au fonctionnement de notre entreprise agricole et horticole. Le magasin en fait partie, mais la ferme thérapeutique que j’ai ouverte en 2013 aussi. Ma meilleure amie travaillait dans un centre de soin pour personnes atteintes d’autisme. Avant, le centre disposait d’un petit potager, mais suite à des restrictions budgétaires, il n’y avait plus de budget pour l’entretenir. Elle m’a alors demandé s’ils pouvaient se rendre chez nous, et c’est comme ça que les choses ont commencé. Quatre fois par semaine, des gens de groupes vulnérables viennent aider à la ferme. La ferme thérapeutique fonctionne sur base volontaire. Je suis en train de lancer une asbl. Je souhaite pouvoir offrir encore plus de soin et être une valeur ajoutée pour ces personnes vulnérables. Nous voulons surtout leur donner un emploi du temps qui ait du sens, en tenant compte de leur rythme. Je trouve ça merveilleux de voir comment les gens s’épanouissent chez nous et développent leur talent. C’est une belle collaboration bénéfique pour tout le monde.

Une source d’inspiration pour les autres

Avec notre entreprise, nous essayons d’être une source d’inspiration pour les autres. Je ne dis pas que les circuits courts sont la solution pour tous les agriculteurs, mais je réfléchis et je cherche des collaborations. Ce n’est pas évident de rendre une entreprise rentable en 2018. C’est un puzzle compliqué, qui demande qu’on s’y investisse. Les agriculteurs doivent chercher à se renouveler. Il faut se distinguer du reste, et faire en sorte de se faire un nom. On me demande souvent: ‘Pourquoi tu ne te focalises pas uniquement sur la vente?’ Je pense que je perdrais la plus grande partie de notre histoire, qui est justement basée sur la qualité et la fraîcheur. Et ça ne peut se passer que si on met la main à la pâte. Et ça demande de beaucoup travailler, jour et nuit, sept jours sur sept. On ne peut pas abandonner une ferme durant une semaine. Le dimanche soir, on s’accorde du temps pour nous et nos deux enfants!

Nous espérons avoir un peu plus de liberté avec le temps, mais la vie à la ferme est notre passion: il n’existe pas de plus beau métier. »

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