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TÉMOIGNAGE: elles ont quitté une relation amoureuse toxique

La rédaction


Certes, l’amour peut être beau, mais il fait parfois aussi souffrir. Mélanie, 29 ans et Suzy, 32 ans, ont trouvé la force de se défaire d’une relation nocive pour chercher un nouveau bonheur.

Mélanie, 29 ans, a attendu deux ans un homme marié qui n’a pas tenu sa ­promesse de la choisir, avant de mettre elle-même un terme à cette liaison



Je sais que beaucoup de gens ont une opinion sur ‘l’autre femme’. Et la plupart d’entre eux pensent sans ­aucun doute que je ne peux en ­vouloir qu’à moi-même. Mais la ­critique des autres ne change rien au fait que j’ai eu le cœur brisé lorsque j’ai dû moi-même mettre fin à une liaison qui m’a emprisonnée ­pendant deux ans, parce qu’elle ­signifiait tout pour moi. Comme c’est souvent le cas, je l’ai rencontré au travail. On ne travaillait pas dans le même service, mais on se croisait souvent dans les ­couloirs et lors des assemblées ­générales. Nous avons passé un super moment ensemble lors d’une fête annuelle du personnel. J’étais ­célibataire depuis longtemps, parce que les hommes ne ­m’impressionnent pas facilement et que je ne tombe pas vite ­amoureuse. C’est pourquoi j’étais ­totalement ­perdue quand je suis ­tombée amoureuse de lui, quasi ­immédiatement.

Je ne savais ­vraiment pas ce qui ­m’arrivait et je ne savais pas quoi faire de mes ­sentiments. Pour être ­honnête, je ne les contrôlais pas du tout »,


Nous sommes rentrés chez moi cette nuit-là et il est resté dormir. Le fait qu’il ait passé la nuit chez moi a rendu très crédible son histoire ­selon ­laquelle son mariage ne tenait que pour les enfants. Si sa femme ne voyait pas de problème à ce qu’il ne rentre pas dormir à la maison, c’est qu’il n’y avait plus rien entre eux, pas vrai? Cette pensée a longtemps brouillé ma vision. En fait, je sais avec certitude que leur relation n’est ­effectivement qu’un arrangement, mais cela n’a pas rendu la situation plus facile pour autant.

De semaines en mois


Les six premiers mois de notre liaison, ça ne m’a pas dérangée qu’il cache notre relation à sa femme et à son entourage. Je ne mettrais pas non plus ma famille en péril pour un coup de cœur. Je comprenais qu’il veuille être sûr que ça marche entre nous. De plus, je voulais moi-même prendre le temps de voir si un homme avec enfants s’intégrerait bien à ma vie de jeune femme. Bon nombre de mes amis étaient au courant de notre ­histoire, et ont fait connaissance avec lui comme étant mon copain. C’est en partie pour ça que notre liaison m’a semblé être une vraie relation et que notre situation n’a pas été ­directement un obstacle dans ma tête. Mais au bout d’un moment, ce genre de secret finit par être pesant. Finalement, vous devez partager l’homme que vous aimez et vous ne savez rien d’une grande part de sa vie.

Au bout d’un certain temps, cette ignorance et cette insécurité sont ­devenues insupportables. D’autant plus que j’étais convaincue qu’il était celui qu’il me fallait, et vice versa, et que nous partagerions notre vie ­ensemble. Tout ce dont il avait besoin, c’était d’un peu de temps pour ­réfléchir à la manière dont il allait ­annoncer cette nouvelle difficile à ses enfants »,


Mais ce ‘un peu de temps’ est passé de quelques semaines à quelques mois. Et même si beaucoup sont convaincus du contraire, je ne suis pas bête et j’ai réalisé qu’il n’avait pas le courage de le faire. Si je suis encore convaincue que j’étais aussi son grand amour? Absolument. Mais pour certaines personnes, la stabilité et la sécurité sont plus importantes que le bonheur et l’amour. Je ne cache toutefois pas que j’ai traversé une grave dépression quand je lui ai dit que je ne voulais plus attendre et qu’il valait mieux qu’il se concentre à nouveau sur sa famille. Je n’ai jamais non plus envisagé d’informer sa ­famille de notre relation. Personne n’y aurait gagné quoi que ce soit. Je n’ai jamais voulu offenser sa femme et ses enfants. Je suis juste tombée amoureuse de la bonne personne, mais au mauvais moment. S’il me manque encore? Tous les jours. Mais parfois, il vaut mieux lâcher prise et se sentir bien avec soi-même plutôt que de rester accrochée à une situation qui, à long terme, ne pourra que vous rendre malheureuse. Le plus ­important est de se rappeler qu’il y a toujours autour de vous des ­personnes qui vous aiment vraiment et qui vous aideront à traverser cette période sombre, et à retrouver la ­lumière au bout du tunnel. »

Suzy, 32 ans, a choisi un avenir plein d’espoir et de nouvelles perspectives en mettant fin, le cœur lourd, à sa relation de trois ans


« On est toujours deux dans une ­relation, donc mon histoire n’est pas dans la culpabilité ou le reproche. Et quand je repense au temps que j’ai passé avec mon ex, beaucoup de beaux souvenirs me reviennent. Mais notre relation n’était pas bonne pour moi, et je m’en suis peut-être rendu compte trop tard. Pour bien comprendre pourquoi je suis restée accrochée pendant trois ans à une relation sans avenir, il faut remonter en arrière. Quand j’avais deux ans, mon père a quitté la ­maison. J’étais enfant unique, j’ai donc grandi principalement avec ma maman. Je voyais mon père de temps en temps, mais nous n’avions pas un lien étroit. Jusqu’à ce que je ­commence à me rebeller à ­l’adolescence. Ma mère l’a alors ­supplié de me prendre chez lui pour un temps. Entre-temps, il avait une nouvelle femme et trois enfants en bas âge. Même s’il m’a accueillie dans sa ­nouvelle famille, j’ai toujours eu le sentiment que ses autres enfants signifiaient plus pour lui que moi. Maintenant que je suis devenue adulte et que j’ai confronté les fantômes de mon passé en en parlant avec des amis, mes parents et des professionnels, je retrouve un schéma clair dans mes relations avec les hommes.

Tout au long de ma vie de jeune adulte, j’ai entamé des relations avec des gars qui, dans un premier temps, m’avaient repoussée. Moins ils montraient de l’intérêt ou de l’amour envers moi, plus je m’efforçais de les convaincre »,


Le résultat a donné une série de romances tordues et ­éphémères avec des idiots absolus, jusqu’à ce que je rencontre mon ex. Enfin, j’étais tombée sur un garçon normal et stable. Un homme qui m’acceptait telle que j’étais, et avait une jolie maison dans laquelle je ­pouvais emménager, un bon job et surtout, un caractère attentionné.

Poursuivi par le passé


Ça s’est passé à merveille, du moins la première année. Mais à l’approche de mes 30 ans, mon désir d’enfant grandissait et je ressentais le besoin de m’installer et de clarifier l’avenir de notre relation. Ça a été comme un coup de tonnerre quand, lui qui avait toujours été mon roc, m’a tout à coup annoncé qu’il n’était pas du tout sûr de vouloir s’installer avec moi. Dans sa tête, sa vie n’était pas du tout celle qu’il attendait. Il ressentait le besoin de découvrir plus de choses avant d’être prêt pour de grandes responsabilités.

Il semblait encore aux prises avec sa rupture amoureuse avec son ex, et ne ­parvenait pas à abandonner l’idée qu’elle serait la mère de ses enfants »,


À ce moment-là, le conflit a éclaté. J’ai essayé de le convaincre par tous les moyens possibles que j’étais la femme de sa vie, la femme avec ­laquelle il fonderait une famille. À chaque fois que je finissais par accepter la réalité, il se crispait et se rendait compte qu’il n’avait peut-être pas envie de me perdre, après tout. Cela me donnait de faux espoirs, et le même jeu ­recommençait. Juste avant mon 32e anniversaire, avec l’aide de mon psychologue, je me suis posé la ­question: qu’est-ce que je veux ­vraiment pour le futur, qu’est-ce que je pense mériter? La réponse: je veux un partenaire qui veut autant être avec moi que je veux être avec lui. Quelqu’un qui sera convaincu que je suis la bonne ­personne et sûr de notre avenir commun. Et des enfants, je voudrais tellement des enfants qui naissent par amour. Cette réponse m’a obligée à mettre un terme à ma relation qui certes, avait eu beaucoup de qualités, mais qui n’avait plus de futur. Un choix difficile, car non ­seulement je suis beaucoup moins stable ­financièrement sans lui, mais je dois aussi prendre mes distances avec une personne que j’aime ­beaucoup pour faire le grand saut et affronter un ­avenir encore très ­incertain. Mais au bout du compte, pour moi, il y a plus de certitudes dans cette incertitude que dans une relation sans ­perspective. »

Lâcher prise


Ina Van Ransbeeck, sexologue: « La décision de se défaire d’une relation ne se fait pas du jour au lendemain. Il est ­normal d’avoir des doutes pendant un certain temps et de se poser tout un tas de questions. Est-ce le bon choix? Et si vous le ­regrettiez? ­Comment l’autre va-t-il réagir? Ces conseils vous aideront à vous sortir d’une ­situation malheureuse.

  1. Parlez avec votre partenaire. Heureuse ou malheureuse, une relation se fait toujours à deux. Alors impliquez votre partenaire lorsque vous êtes préoccupé·e. En en parlant, on apprend à mieux se comprendre l’un l’autre, même quand il s’agit de traverser une rupture ensemble.
  2. Demandez conseil. Demandez conseil à vos amis,  à votre famille ou à un·e professionnel·le. Ils auront un point de vue plus objectif sur la situation. Bien sûr, ce sera toujours à vous de prendre la décision finale, mais ils peuvent vous apporter des perspectives intéressantes, un soutien et un sentiment
    de sécurité.
  3. Concentrez-vous sur le positif. Ne vous focalisez pas trop sur ce que vous allez perdre, mais plutôt sur le positif: en sortant d’une relation malheureuse, vous avez une nouvelle chance d’être heureuse. Et vous pouvez vraiment y gagner. Au bout d’un moment, vous commencerez à apprécier cette indépendance et à prendre soin de vous. Cela vous permettra aussi de nouer de nouveaux contacts et de ­développer des centres ­d’intérêt. Vous avez la possibilité de vous (re)découvrir, ainsi que certaines choses que vous trouvez importantes.
  4. Acceptez le processus de deuil. Vous ne devez pas rester fort·e en permanence. Acceptez que votre vie change et que  vos émotions y sont associées. Vous allez devoir passer par ce ­processus, mais après la pluie vient le beau temps.
  5. Ne blâmez personne. Évitez de rejeter la faute sur l’autre, mais aussi sur vous-même. Construire et maintenir une relation saine incombe aux deux personnes. Osez vous ­regarder en face, mais ne vous enfoncez pas non plus dans ­l’insécurité ou la vulnérabilité.
  6. Ne vous mettez pas la pression. Vous n’êtes pas responsable du ­bonheur de l’autre. Ne laissez pas vos émotions se mettre en travers de votre chemin. Votre partenaire dispose de son propre réseau pour le soutenir, et vous ne devez pas forcément y figurer. Ne donnez pas de faux espoirs à l’autre. Si vous êtes sûr·e à 100 % de votre décision, n’annoncez pas une pause temporaire. »




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