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Témoignage: ““Je suis partie aux USA et j’y ai trouvé le job de mes rêves””

Barbara Wesoly

La Silicon Valley aux USA, c’est un peu la capitale mondiale de la technologie, qui accueille des start-ups et des entreprises internationales. Pas étonnant dès lors que Lisa, 34 ans et Technical Program Manager, soit partie vivre son rêve américain de l’autre côté de l’océan. Elle y travaille aujourd’hui chez Google.


“Il y a sept ans, j’ai décidé de façon assez impulsive de partir travailler dans une start-up dans la Silicon Valley. Durant mon doctorat en Ingénierie Civile en Belgique, j’étais tout le temps entourée d’étudiants étrangers. Je vivais et travaillais dans un périmètre d’à peine cinquante kilomètres. Et je commençais à me demander: c’est donc ça ce que je vais faire durant le reste de ma vie? J’avais envie d’aventure avant de me poser. Une semaine après avoir envisagé de partir à l’étranger, j’ai rencontré un professeur de l’université de Stanford en Californie. Grâce à lui, j’ai reçu la chance de travailler sur ma thèse durant cinq mois à Stanford. Au moment où cette période touchait à sa fin, une start-up dans la Silicon Valley cherchait quelqu’un avec mon profil. Et je me suis dit: ok, j’y vais.

Certains m’ont dit que je prenais de gros risques, que de nombreuses start-ups s’écroulent après quelques mois, et que je devrais alors rentrer en Belgique. Mais j’ai pris le risque, et ce fut la meilleure intuition de ma vie. Onze mois plus tard, cette start-up était rachetée par Google, où je travaille toujours aujourd’hui.

Top secret


Je dois rester évasive quand j’explique le contenu de mon travail chez Google. De nombreux projets sur lesquels je travaille n’ont pas encore été lancés et sont donc top secret. On pourrait décrire mon job comme le développement de technologies qui contribuent à innover dans des produits hardware pour les consommateurs. Les premières années, je travaillais en tant qu’Ingénieure Hardware, je mettais sur pied ces technologiques. Depuis deux ans, je suis Technical Program Manager et je fais en sorte que toute l’équipe arrive à faire aboutir un projet. J’analyse l’équipe, je regarde quelles sont les forces de ses membres et comment je peux placer au mieux les talents de chacun pour développer les technologies. Avec ma nouvelle fonction, je suis au courant de nombreuses technologies, je suis en contact avec plein de monde et j’ai une vue d’ensemble sur de nombreux départements de Google. C’est juste fascinant.

Vélo Google


J’adore vraiment mon job et je suis entièrement dévouée à l’entreprise. Il y a quelques temps, j’ai entendu parler de burn-out dans des entreprises belges et ça m’a choquée. J’y ai réfléchi et je me suis rendue compte que ce qui fait en grande partie le bonheur au travail, c’est son environnement. Ma société met tout en place pour que mes collègues et moi soyons le plus heureux possible. Et ils le font bien. Je travaille dans des bâtiments magnifiques sur le campus de Google, qui s’agrandit de jour en jour. Je roule avec un vélo Google d’un bâtiment à l’autre. Je peux aussi emprunter une voiture électrique quand je dois aller faire une course en ville. Je travaille dur, mais je reçois aussi beaucoup de liberté. Si j’ai un rendez-vous chez le médecin durant mes heures de boulot, ça ne pose aucun problème. Ce qui est génial, c’est que c’est le travail en équipe qui prime. Nous ne sommes pas assis à des bureaux fermés, mais travaillons dans des ‘cabines’, sorte de bureaux paysagers.

Presque toutes les semaines, nous fêtons une belle prestation: cela peut être une deadline qui a été respectée, un lancement de produit, ou des bons résultats. À chaque étage, il y a des endroits où nous pouvons trinquer. Et ils ne doivent surtout pas oublier de servir quelques bières pour les Belges (rires).


En tant qu’adepte de l’efficacité, je trouve que c’est un vrai plus qu’il n’y ait pas cette culture des réunions, souvent interminables. Nous faisons souvent des scrums (ndlr: ‘mêlées’), sortes de réunions rapides durant lesquels tous les sujets doivent être traités en quinze minutes. Les réunions et le reste du travail se passent souvent debout, tous les bureaux sont sur des tables hautes. On accorde beaucoup d’importance à un style de vie sain. Trois fois par jour, on a droit gratuitement à un repas délicieux et sain. Pour tous les sports possibles, il y a un club de fitness sur place. Je fais principalement du jogging, généralement derrière les bâtiments Google.

Allez, encore une heure

Tous ces extras font que je travaille dur mais avec plaisir. On ne me fixe pas un nombre d’heures, je dois juste atteindre mes objectifs. Je pense que je travaille environ cinquante heures par semaine, mais c’est mon propre choix.


Le reste de mon temps, je l’accorde à ma fille, mon mari et mes amis. J’ai d’ailleurs rencontré mon mari chez Google. Il travaille en tant que User Experience Designer dans un tout autre département. Nous avons la chance de pouvoir déposer notre fille Seta à la garderie Google. Dès que Seta est au lit, je travaille souvent de la maison encore une heure ou deux. Je ne le ressens pas du tout comme un sacrifice, je pense que le climat et les week-ends y contribuent beaucoup. Il fait toujours beau ici, même en hiver le thermomètre peut atteindre 22 degrés. Alors qu’en Belgique je ferais un petit séjour dans les Ardennes, ici on part pour le week-end au Lac Tahoe. On prévoit une journée à la mer avec des amis, ou une journée de ski. Notre cercle d’amis est assez varié, mon mari a des origines arméniennes. Mais je remarque que depuis la naissance de Seta, je vois plus souvent mes amis belges. On se comprend car on vient du même pays, on vit les mêmes expériences, ça nous rapproche. Et puis je trouve important que Seta apprenne sa langue maternelle.

La mentalité Yes, you can


Où ma carrière chez Google va m’amener, je l’ignore. Je n’ai pas de plan de carrière fixe, mais je suis ambitieuse. Ambitieuse dans le sens où je veux travailler dur et continuer à apprendre, mais en gardant un équilibre avec ma vie familiale. Je ne me vois pas revenir en Belgique. Mon mari a grandi à New York et à San Diego, pour lui la vie dans mon petit village natal serait un trop gros choc culturel je pense (rires). Non, j’aime trop cette mentalité ‘Yes, you can’. J’ai toujours dit ce que je pensais, en bien ou en mal. En Belgique, on me disait parfois que j’étais arrogante, alors que je me considère plutôt comme une personne sincère et honnête. C’est quelque chose qu’ils apprécient beaucoup dans la Silicon Valley. Je me fonds très bien dans le décor.

Interviews: Katrien De Groef et Emilie Van de Poel.


 

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