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© Violences sexuelles et porno - Via Getty

Une étude sur le porno révèle qu’un titre sur 8 fait état de violence sexuelle

Laurane Wattecamps

Des chercheurs britanniques ont mené la plus grande étude jamais réalisée sur le porno. Les résultats sont sans appel, les violences sexuelles sont légion.


La pornographie est un milieu juteux, ce n’est pas un secret. Et si ses détracteurs ne cessent de répéter que ces fictions sexuelles ont un impact dramatique sur la sexualité humaine, leurs propos sont à nouveau appuyés par la plus grande étude sur le porno jamais menée jusqu’à présent. Les analyses de chercheurs britanniques démontrent qu’un titre sur 8 fait état de violence sexuelle.

Pour ce faire, ils ont analysé les pages d’accueil des trois principaux sites web pornographiques au Royaume-Uni, soit Pornhub, XVideos et XHamster, pendant 6 mois. En observant les titres et les mots-clés, ils ont ainsi pu déterminer qu’une vidéo sur 8 répondait aux critères de violences sexuelles ainsi qu’ils sont définis par l’OMS, l’Organisme mondial de la santé. Et ce, en excluant les vidéos en lien avec le BDSM.

Une normalisation de la violence dans le porno


Plus de 8000 titres de porno étaient en lien direct avec des agressions, des viols, des activités sexuelles forcées. L’étude précise aussi que la catégorie la plus fréquente de violence sexuelle mettait en oeuvre des scénarios impliquant des relations incestueuses.

Même si le mot « viol » n’est pas directement associé à une catégorie, il est normalisé à travers des titres comme « Elle se fait baiser par surprise » pour n’en citer qu’un.  Et c’est là que réside tout le danger, ainsi que l’explique Mais Fiona Vera-Gray, chercheuse juridique et co-auteur de l’étude à la BBC (et citée par Vice) : le matériel sexuellement violent «érotisait le non-consentement» et déformait «la frontière entre le plaisir sexuel et la violence sexuelle». Comme le précise Jaishree Kumar, journaliste pour Vice dans son article à propos de cette étude, « les vidéos contenant des violences sexuelles sont présentées de manière à les faire passer pour socialement acceptables, conduisant à une déconnexion pour les téléspectateurs sur les frontières entre le sexe et la violence sexuelle ».

Des vidéos qui mettent d’ailleurs parfois en scène des mineur·e·s et flirtent avec l’illégalité. Preuve en est: Pornhub a supprimé la semaine dernière 653 465 contenus potentiellement illégaux.

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