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© BATTLE CREEK, MICHIGAN - DECEMBER 18: Demonstrators protest outside of Kellogg Arena where U.S. President Donald Trump is scheduled to hold his "Merry Christmas" rally on December 18, 2019 in Battle Creek, Michigan. The House of Representatives will vote later today to determine if President Trump will become the third president in U.S. history to be impeached. (Photo by Scott Olson/Getty Images)

Destitution, mise en accusation… La mauvaise passe de Donald Trump décodée

Kathleen Wuyard

Dès son élection, les appels à « l’impeachment » (la destitution) de Donald Trump s’étaient multipliés. Sauf que la procédure est complexe, tellement que jusqu’à présent, seuls deux présidents américains en avaient fait les frais. Un « club » peu prestigieux que rejoint désormais le milliardaire new-yorkais.


Ils n’étaient que deux avant lui à avoir eu ce déshonneur. Andrew Johnson, en 1868, avait été impeached pour cause de crimes et mauvaise conduite, notamment parce qu’il avait arbitrairement viré et remplacé des membres de son cabinet. Plus d’un siècle plus tard, en décembre 1998, Bill Clinton avait à son tour été jugé, cette fois pour parjure et obstruction de justice, après avoir nié avoir eu des relations sexuelles avec Monica Lewinsky. Bien que tous deux aient été destitués, ils n’avaient toutefois pas été déchus de leurs fonctions et avaient continué leur mandat jusqu’à la fin. Et désormais, après un vote houleux à la Chambre des Représentants, Donald Trump rejoint leurs rangs serrés en devenant le 3e président US impeached de l’histoire du pays, cette fois pour cause d’abus de pouvoir et entrave au Congrès.

En cause, sa requête à l’Ukraine d’enquêter sur un de ses rivaux potentiels aux élections présidentielles. Un rapprochement parfaitement illégal, qui est très mal passé au vu de l’opinion publique et de ses rivaux politiques, et qui lui a valu d’être jugé pour impeachment. Après des débats houleux ce mercredi, c’est finalement le « oui » qui l’a emporté, les démocrates ayant pu compter sur une présence en force de leur camp, mais aussi sur le soutien d’une poignée de voteurs indépendants, qui ont suffi à contrebalancer les républicains, ayant voté en masse contre la procédure d’impeachment du président. Une victoire ses détracteurs, qui affirment toutefois ne pas avoir lancé la procédure de gaieté de coeur, ainsi que l’a souligné Nancy Pelosi, la chef des démocrates au Congrès, et une des bêtes noires du président américain, qui l’appelle élégamment « Crazy Nancy ».

C’est tragique, mais les actes irresponsables du président rendent sa mise en accusation nécessaire (…) Il ne nous a pas laissé le choix ».


Avec le goût pour le capslock qui le caractérise, Donald Trump a d’abord réagi sur Twitter en rappelant n’avoir RIEN FAIT DE MAL. Selon ses soutiens au sein du parti républicain, il ne s’agit pas simplement d’une vendetta envers lui, mais bien envers tout le pays. Réagissant à l’annonce de l’impeachment, l’élu républicain Steve Scalise s’en est pris avec verve aux démocrates

Ils ne détestent pas seulement Donald Trump, ils détestent les 63 millions d’Américains qui ont voté pour ce président ».


Apprenant la nouvelle du « oui » lors d’un meeting dans le Michigan, Donald Trump a encore harangué la foule, soulignant que « Crazy Nancy » et ses démocrates s’étaient, de par ce vote, « couverts d’une marque de honte indélébile ». En attendant, c’est lui qui a le déshonneur de rejoindre le club très privé des présidents mis en accusation, avec un procès prévu devant le Sénat pour janvier 2020. À temps pour l’empêcher de briguer un deuxième mandat en novembre 2020? Sur les réseaux sociaux, anonymes et célébrités ont été nombreux à applaudir la nouvelle, Alyssa Milano (« Charmed ») écrivant qu’elle aurait cru être plus joyeuse à l’annonce de la nouvelle, mais qu’il s’agissait en réalité « d’une belle défense de notre démocratie, mais d’un jour très triste dans l’histoire de notre pays », John Legend appelant à « retirer cet homme diabolique du pouvoir » et la chanteuse Lizzo posant la question sur toutes les lèvres: « QUE VA-T’IL SE PASSER MAINTENANT? »

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