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Le droit à l'avortement menacé aux Etats-Unis - Getty Images

Comprendre la situation de l’avortement aux USA en 5 minutes chrono

Kathleen Wuyard

Depuis la diffusion d’une note confidentielle de la cour suprême américaine menaçant le jugement Roe vs Wade, la question de l’avortement aux USA est sur toutes les lèvres.

Entre menace des droits fondamentaux des femmes, geste politique, manifestations et autres tribunes décriant cette décision qui constituerait un gigantesque bond en arrière, une cacophonie assourdissante entoure le sujet depuis la diffusion de la note de la Cour suprême relative à l’avortement, et plus précisément, à Roe v. Wade. Envie d’y voir plus clair? On a condensé pour vous les informations nécessaires.

Roe v. Wade, c’est quoi?

Cet arrêt historique, rendu par la Cour suprême des Etats-Unis en 1973, stipule que le 14e amendement de la Constitution, relatif aux droits des citoyens américains, s’étend à la décision d’une femme de se faire avorter. Concrètement, l’arrêt fixe le cadre légal de l’avortement et accorde ce dernier aux femmes de tout le pays, plutôt que de laisser à chaque Etat la compétence de l’autoriser ou de l’interdire.

Que dit le mémo leaké?

Diffusé par Politico, le projet de décision adoptée à la majorité des juges de la Cour suprême verrait l’annulation du jugement Roe v. Wade, et donc, le retour au système qui le précédait, c’est à dire non pas la légalisation de l’IVG dans tout le pays mais bien un système au cas par cas selon les Etats, qui seraient libres, ou non, d’autoriser les interruptions volontaires de grossesse. Le texte, qui fait 98 pages, peut faire l’objet de négociations jusqu’au 30 juin prochain, date à laquelle il pourrait être adopté.

Lire aussi: Le droit à l’avortement serait sur le point d’être annulé aux États-Unis

Qu’est-ce que ça implique pour l’avortement aux Etats-Unis?

D’après les données diffusées par le Center for Reproductive Rights, environ la moitié des Etats pourraient purement et simplement interdire l’avortement, dans la foulée d’Etats conservateurs tels que le Texas ou l’Ohio, dont les restrictions récentes avaient fait grand bruit.

Lire aussi: Dans l’Ohio, un projet de loi anti-IVG totalement impossible a été déposé

Ainsi que l’ont rappelé les manifestants mobilisés depuis la diffusion de la note de la Cour suprême, cela représenterait un retour à l’époque funeste des avortements maison au cintre ou autres manières dangereuses, et ce, selon le Guttmacher Institute, pour les 58% d’Américaines en âge de procréer vivant dans des Etats où l’avortement est déjà restreint ou pourrait l’être. Soit pas moins de 40 millions (!) de femmes.

Manifestation contre la décision de la Cour Suprême de renverser Roe vs Wade en face du tribunal de Nassau County à Mineola, New York le 3 mai 2022. (Photo de Thomas A. Ferrara/Newsday RM via Getty Images)

Pourquoi Joe Biden est-il pointé du doigt?

Au lendemain de la diffusion du projet de la Cour suprême, le 3 mai, Joe Biden a fait part de ses craintes relatives au retour en arrière constitutionnel que l’annulation de Roe v. Wade représenterait, soulignant que l’argumentaire déroulé dans le document allait « bien au-delà » de l’IVG. Ce qui n’empêche pas l’opinion publique de l’épingler, puisque durant sa campagne, le président démocrate avait notamment promis de faire passer une loi protégeant l’avortement assurant que Roe v. Wade, qui appartient à la jurisprudence, « fait office de loi en vigueur pour le pays » et qu’il s’agit de « combattre la moindre tentative d’aller à son encontre ». Un engagement plus important que jamais aujourd’hui, à condition toutefois qu’il puisse rassembler le nombre de voix nécessaires pour faire passer cette loi dans les délais...

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