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Quand la weekendite aigüe cache un burnout

Kathleen Wuyard

Vous décomptez chaque semaine les jours qui vous séparent du week-end, et vous passez 48h bénies à enfin profiter en attendant le retour tant haï du lundi? Votre weekendite aigüe cache peut-être quelque chose de plus grave, à commencer par un burnout.


Les symptômes de ce drôle de syndrome pas (encore?) reconnus par le corps scientifique sont aussi faciles à reconnaître que répandus. Pour vous, #TGIF n’est pas un simple hashtag mais bien un mode de vie, et chaque semaine, vous décomptez les jours, les heures et même les minutes qui vous séparent de la délivrance. Plus qu’une pause bienvenue, le week-end est votre bouffée d’oxygène, votre bouée de sauvetage, la seule chose qui rend votre vie supportable. Vous ne voyez pas où est le problème, après tout, qui n’aime pas le week-end? Sauf qu’il y a une différence entre apprécier ces deux jours de pause et en avoir besoin pour avancer, et s’il s’avère que vous faites partie de la deuxième catégorie, vous couvez peut-être un burnout. Surprenant? Pas tant que ça: vivre uniquement pour le week-end, soit 2 jours sur 7, correspond à penser, consciemment ou non, que 80% de votre temps est insupportable. Et c’est bien là qu’est le problème.

D’autant plus que souvent, tel le serpent qui se mord la queue, vos week-ends sont en partie responsables de votre mal-être de la semaine. Pour Beri, comptable de 35 ans en région liégeoise, le week-end est une longue fête qui commence avec l’apéro du jeudredi pour ne se finir que le dimanche vers minuit après le traditionnel repas alcoolisé entre potes.

J’adore le retour du printemps, parce que ça veut dire aussi le retour des PollerWiesen en Allemagne, et donc des fêtes le dimanche. Souvent, ce jour est plutôt calme, alors que moi j’ai envie de voir du monde et de m’amuser pour vraiment potentialiser mon week-end en entier... Même si forcément, le lundi matin, il me faut plusieurs heures avant de vraiment émerger”


Et il n’y a pas besoin d’enchaîner apéros, fêtes et soirées pour que les excès du week-end se répercutent sur votre semaine. Un excès de sommeil peut également impacter votre énergie. Vous pensez vous faire du bien en “rattrapant le sommeil qui vous manque” le samedi et le dimanche matin? Loupé. Cette habitude pourrait vous causer du jet lag social, soit un décalage de votre horloge biologique qui affecte non seulement votre énergie et votre humeur mais pourrait aussi provoquer des maladies cardiaques. Vous l’aurez compris, l’excès nuit en tout, surtout le week-end, mais au-delà des conséquences négatives de la weekendite aigüe, ce sont aussi ses causes qui sont préoccupantes.

Rétablir l’équilibre


S’il est tout à fait logique de se réjouir d’avoir du temps libre, retenir sa respiration pendant 5 jours en attendant la bouffée d’air apportée par le week-end est plus problématique. Si le stress vécu au boulot vous fait frôler le burnout, vous pouvez en arriver à oublier la vraie mission de votre week-end (récupérer, vous adonner à quelques hobbies,...) et du coup, développer durant ces deux jours “off” des habitudes négatives qui rendent votre semaine encore plus pénible. La solution pour rétablir l’équilibre? Amener un peu plus de weekend dans votre semaine. Non pas grâce à une semaine de quatre jours (on n’y est malheureusement pas encore) mais bien en adoptant certains des rendez-vous qui vous réjouissent tellement le samedi et le dimanche dans le reste de votre semaine. Vous profitez des week-ends pour voir vos amis? Donnez-leur rendez-vous pour un petit resto en semaine. Le dimanche est la journée sacrée où vous rattrapez toute votre lecture de retard? Adoptez la bonne habitude de lire une demi-heure chaque soir avant le coucher. Bien sûr que si votre burnout est causé par un boss pénible ou des obligations sans fin, adapter ces quelques réflexes positifs n’y changera rien. Mais adopter des habitudes saines et rétablir l’équilibre autant que possible est aussi une manière de réaliser quelle est la véritable cause du mal-être et comment y remédier. Non pas en se mettant une gigantesque mine du vendredi soir au dimanche fin d’aprèm’, mais bien en se demandant ce qui permettrait de rendre la semaine plus agréable.

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