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Haut Potentiel Intellectuel - Getty

3 solutions pour améliorer la vie avec un Haut Potentiel Intellectuel

Manon de Meersman

Un tiers des personnes Haut Potentiel Intellectuel (HPI) souffrent de difficultés psychologiques plus ou moins intenses, mais également de difficultés d’intégration, de troubles du comportement, de dépressions et même de conduites à risques.  Le livre « Vivre avec un Haut Potentiel – Comprendre les HPI et leurs difficultés pour mieux les accompagner », coordonné par Daniel Wurmberg, psychologue clinicien hospitalier, nous offre quelques pistes pour mieux appréhender cette intelligence cognitive supérieure.

Pour Joseph Renzulli, psychopédagogue américain, « le haut potentiel intellectuel se caractériserait par des compétences intellectuelles très élevées (raisonnement, pensée abstraite, etc.), mais aussi par une créativité particulièrement développée (innovations, idées nouvelles, adaptation élevée à l’environnement) » explique Marie-Laure Rossat psychologue libérale. « Il ajoute à cela la motivation qui engendre l’engagement, c’est-à-dire le lien existant entre l’individu et ses actes. Dans le cas des personnes HPI, cet engagement est particulier, très interne. Il ne repose pas – ou peu – sur des motivations externes comme les récompenses, mais il provient d’un choix de l’individu à faire concrétiser, apprendre, etc. »

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Découvrir son HPI

Le dépistage du HPI ne constitue pas forcément une tâche facile. « Le dépistage d’un haut potentiel intellectuel n’est pas en soi une démarche thérapeutique. Il s’agit d’une évaluation intellectuelle, qui ne mène pas à un diagnostic (le HPI n’est pas une maladie, ni un syndrome), mais bien plus au positionnement intellectuel d’un sujet en fonction de sa catégorie d’âge, au regard de ses fonctionnements cognitifs » rapporte les auteur·e·s du bouquin « Vivre avec un Haut Potentiel ». « Si le sujet souffre, du fait de son haut potentiel intellectuel, alors la relation peut devenir thérapeutique si une prise en charge se met en place.

D’ailleurs, l’évaluation, le dépistage du HPI, a pour fonction de prévenir ou de remédier, le cas échéant, aux souffrances de certaines personnes HPI. Ces souffrances peuvent être très diverses, en fonction de l’âge, des problèmes rencontrés et de la singularité de chacun.

Néanmoins, « les tests dits d’intelligence n’en restent pas moins le principal outil d’évaluation de HPI, lui aussi complexe et multiple. Il s’exprime dans différents domaines, tant intellectuels qu’affectifs. Il constitue une réelle différence, à laquelle on peut penser chez l’enfant, quand le nombre de signes d’appel sont présents dans son développement. »

Apaiser la charge du HPI

Plusieurs éléments de solution se présentent à la personne vivant avec un Haut Potentiel Intellectuel et qui en souffre.

Le soin

Le soin se présente comme « un ensemble d’actions destinées à améliorer une situation qui pose souci, le plus souvent dans le domaine de la santé, du bien-être et du maintien d’un équilibre général » rapportent Daniel Wurmberg, Nicolas Lhomme psychiatre libéral, et Marie-Sa Guillon, psychiatre pour adolescents. Dans ce cadre, « une consultation s’impose lorsqu’un équilibre interne est rompu. On vient chercher de l’aide auprès d’un tiers, un professionnel en général que l’on suppose sachant ou du moins avoir une expérience susceptible de pouvoir nous aider, nous guider, a minima capable de nous donner un avis quant à nos difficultés. »

Lorsqu’on enclenche cette démarche, deux questions se posent:

  • Quel est le motif de consultation?
  • Qui demande cette consultation?

C’est pourquoi, « de manière générale, il faut donner au patient la possibilité de dérouler son discours avec le moins de contraintes possibles pour qu’il puisse aborder, même sans s’en rendre réellement compte, e qui le préoccupe profondément et quelles sont ses réflexions à ce sujet [...] En ce qui concerne le HPI, le besoin de confiance et de réassurance est essentiel. Sa sensibilité et souvent sa perspicacité sont mis à contribution chez lui dans un mécanisme de préservation. Il a besoin de savoir qui est en face de lui, de savoir s’il peut accorder sa confiance, de savoir si son interlocuteur est authentique dans son contact et dans ses compétences. »

La prise en charge psychologique s’inscrit alors dans un processus « qui vise à apporter un soutien ou, selon le cas, un accompagnement thérapeutique à quelqu’un qui est affecté par une situation de vie difficile, un mal-être, un traumatisme qui l’affectent, notamment sur le plan émotionnel » explique Daniel Wurmberg. Alors que la psychothérapie, elle, « est un processus qui permet au patient de reconnaître les difficultés qu’il traverse et de les transformer en ressources. Elle diffère du soutien psychologique dans la mesure où elle s’attache à traiter un trouble ou une pathologie préalablement diagnostiquée. »

Les familles

Les groupes de parole pour parents constituent une première solution à destination des enfants et adolescents HPI. « Les groupes de parole pour parents offrent l’occasion de rompre avec l’isolement et l’enfermement qui engendrent désarroi et sentiment d’être démuni. En s’ouvrant aux autres, il devient possible d’entendre des expériences différentes. Les objectifs sont de favoriser le partage d’expériences, d’améliorer les habiletés parentales et de réduire le stress que peuvent ressentir les parents. En comprenant la problématique, en identifiant ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, on peut imaginer et mettre au point de nouvelles stratégies éducatives. »

C’est ainsi que l’on se rend compte que les groupes de parole ont en réalité un impact double:

  • Rassurer les parents quant à leur vécu en les amenant à comprendre, réfléchir et élaborer des stratégies éducatives pour leurs enfants;
  • Recevoir des informations, des conseils, ou des recommandations, notamment pour les relations qu’ils développent avec l’établissement scolaire.

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La sensibilisation au niveau scolaire

Selon les auteur·e·s du livre « Vivre avec un Haut Potentiel », « l’information et la formation des enseignants est primordiale pour l’accompagnement des ‘élèves à besoins particuliers’ ». Ainsi, ils·elles proposent d’envisager des aménagements spécifiques pour aider l’élève HPI dans sa scolarité.

Le HPI à l’âge adulte

Il arrive que le HPI soit détecté à l’âge adulte, et non lorsqu’on est enfant ou adolescent. Dans ce cadre, « adultes HPI doutent d’eux-mêmes fréquemment, et l’évaluation à l’âge adulte est souvent compliquée par d’importantes manifestations de stress » expliquent les auteur·e·s du livre.

Il faut alors avancer avec prudence et adopter tout particulièrement son accompagnement psychologique. Le but restant le même: permettre au patient d’acquérir une bonne qualité de vie, ce qu’il est d’ailleurs le seul à pouvoir évaluer.

En réalité, l’annonce du HPI « est souvent libératrice, mais génère aussi des réactions parfois négatives. L’accompagnement de l’adulte HPI est souvent nécessaire, et il peut opérer de profonds changements dans sa vie. La connaissance de sa différence lui permettra de mieux vivre et de changer dans son existence ce qui doit l’être, une fois ses tendances à la culpabilité dépassée. »

« Vivre avec un Haut Potentiel – Comprendre les HPI et leurs difficultés pour mieux les accompagner », un livre coordonné par Daniel Wurmberg, Éd. Mardaga, vendu au prix indicatif de 19,90€.

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