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Le cri d’alerte des pédopsychiatres face à la détresse des jeunes belges

Kathleen Wuyard

Dans une carte blanche rédigée pour « La Libre », Aurélie Georges, psychologue aux Cliniques Saint Pierre d’Ottignies, tire la sonnette d’alarme: face à la détresse des jeunes, les soignants sont surmenés et en pédopsychiatrie, le tri des patients a commencé.


« Depuis 6 mois, des demandes de lits nous parviennent pour de toutes jeunes adolescentes qui laissent fondre leurs kilos en même temps que leur sourire s’efface. Les ambulances nous amènent deux à trois jeunes adolescents par semaine qui mettent leur vie en danger pour échapper à la morosité ambiante. Certains se laissent mourir » dénonce Aurélie Georges, qui explique que « ce n’est plus uniquement par la porte que les jeunes se présentent chargés de leur souffrance ».

Le téléphone résonne d’appels de détresse de parents qui ne savent plus comment raviver la flamme de la motivation pour l’école à leur garçon (…) Les jeunes arrivent aux urgences par la porte ou par les fenêtres avec des idéations suicidaires, des comportements d’automutilation, des crises d’angoisses ou des somatisations importantes »


Et de confier que « depuis des semaines, je ne peux que constater l’augmentation des demandes de consultations et d’admissions aux urgences ». Les jeunes, sacrifiés de la crise? Entre le défi de ne pas décrocher face à des cours désincarnés, les activités extra scolaires et autres endroits de sociabilisation interdits pour cause de COVID-19, sans oublier des perspectives d’avenir assombries par la crise sanitaire actuelle et celle, économique, qui se profile, difficile de ne pas perdre pied.

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Les jeunes au bord du gouffre


Pour attirer l’attention sur la gravité de la situation, Aurélie Georges, elle, parle de « ce père dont la fille s’est suicidée à l’aube de ses 18 ans, et j’ai eu le sentiment de ne plus avoir d’autre choix que de saisir cette plume à pleine main pour inviter les politiques et autres décideurs à quitter leur bureau pour franchir les portes des urgences psychiatriques ».

Il est essentiel que les politiques se rendent compte que le secteur de la santé mentale ne pourra pas absorber seul l’urgence de la crise psychique qui traversent nos enfants et adolescents ».


Et d’ajouter qu’il est primordial de « déconfiner la jeunesse et permettre au secteur d’être créatifs pour proposer du lien social et du partage d’expérience avant tout, hors des sentiers de la psychiatrie. Les écoles, les clubs de sport, les maisons de jeunes doivent redevenir des lieux de vie au sens le plus littéral ».

Les oubliés de la crise


D’après une enquête en ligne menée auprès des 12-18 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles par la professeure de psychologie Fabienne Glowacz (ULiège), un jeune sur cinq a présenté des symptômes de dépression durant le premier confinement, tandis que huit jeunes sur dix présentaient un taux d’anxiété plus élevé que la norme. Et Fabienne Glowacz de souligner que les jeunes ont été « peu entendus car ils ne sont pas « à risque », mais ils ont l’impression d’être les oubliés de la crise et ils ont besoin de s’exprimer ». Plus que jamais: l’étude révélait également que 9% des 12-18 ans avait eu des pensées suicidaires depuis le début de la crise.

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