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Gen F

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« La dépression post-partum est une arnaque », le coup de gueule d’un papa

Fait rare: un jeune papa s’est exprimé sur la Toile sur le thème de la dépression post-partum. Selon lui, ce qui est trop souvent décrié par le corps médical comme une maladie est une « arnaque ». Voilà pourquoi.

« Plus j’y pense, plus je me dis que le concept de baby blues / dépression post partum est une grosse arnaque » écrit Yannick Bourquin, auteur de la bande-dessinée « Je m’appelle Papa » dans une publication partagée sur Facebook, rapidement devenue virale.

Selon lui, craquer en tant que femme lorsqu’on vient de mettre un enfant au monde, dans notre société actuelle, est en réalité tout ce qu’il y a de plus normal:

J’essaie d’imaginer ce que ça fait d’avoir un gigot de 4,2kg qui sort par la 😽 de subir une déchirure, une épisio, des hémorroïdes, des montagnes russes d’hormones, des tranchées (googlisez si vous connaissez pas, spoiler alert : ça fait grave mal), des douleurs suite à la péridurale et toutes les merdes de suite de couche.

Le corps est abîmé. J’ai vu ma femme pleurer en voyant par accident son reflet dans le pommeau de douche. Je ne lui ai pas dit qu’elle avait une mine radieuse, parce que c’est tout simplement pas vrai.


Mais par-dessus ça, elle doit s’occuper de l’enfant, parfois seule parce qu’on jette le papa / parent n°2 hors de la maternité (perso, j’ai le droit d’être là entre 13h et 20h). Saupoudrez ça d’injonctions contradictoires : il faut ABSOLUMENT forcer votre enfant à téter (quitte à le réveiller toutes les 3h), mais SURTOUT reposez-vous, mais on vous réveillera pour faire les soins et vous servir de la bouffe médiocre.

Dois-je parler des nombreuses angoisses liées à la parentalité parce que si ton enfant pleure trop, a du mal à manger, a des reflux, tout ça tout ça, on est vite très démunis.


Et puis bon, histoire de fignoler, dans notre société, le papa doit vite vite vite revenir au travail (merci l’allongement du congé paternité mais c’est pas encore assez) et les femmes se tapent l’essentiel de la charge mentale (et physique) parce que trop de papas ne s’investissent pas assez dans leur rôle.
Et là, plot twist : y’a des jeunes mamans qui craquent…
Ralala.
C’est quand même étrange.
Nous n’avons aucune explication à ce phénomène à la limite du paranormal.
Du coup, on va l’appeler « dépression du post-partum ».

C’est une magnifique façon de faire comprendre aux mères qu’elles sont victimes d’une bien étrange maladie, qu’on ne peut rien faire pour elles, et que c’est surtout la faute du fait que PUTAIN, IL EN FAUT DU COURAGE POUR ÊTRE MAMAN !!!

Aux problèmes, des solutions

Yannick Bourquin ne se contente pas se dénoncer la situation dans laquelle se trouvent les parents après la naissance d’un enfant. Il propose des pistes intéressantes:

  • « Les papas, vous vous bougez les fesses, vous aidez la maman à accoucher (ne vous défilez pas sous prétexte que vous n’aimez pas les hôpitaux) et vous vous investissez au max auprès du nouveau-né, même si vous êtes fatigué. À part, l’allaitement, vous pouvez TOUT FAIRE. Achat de matériel de puériculture, rdv pédiatre, chercher un mode de garde, donner le bain, soin du cordon / des oreilles / des yeux / du nez, habiller, câliner… La liste est longue.
  • Le gouvernement, vous allongez ce putain de congé paternité. Vous l’appeler congé parental, et faites comme dans les pays nordiques : 1 an au total partageable entre les deux parents, minimum 3 mois chacun.
  • Les employeurs, foutez la paix aux papas, laissez les partir en congé pater aussi longtemps que nécessaire et laissez les s’absenter pour les rdv médicaux ou quand l’enfant est malade.
  • Les médias et en particulier les pubs : arrêtez de ne vous adresser qu’aux mamans. Adressez-vous aux PARENTS. Faites comprendre aux papas un peu trop formatés par le système que c’est très viril de porter un bébé en écharpe ou de mixer une purée ».

Une belle conclusion

Loin de renier la dépression post-partum, comme on pourrait le croire en lisant seulement la première ligne du texte de Yannick Bourquin, le jeune papa désire surtout que l’on reconnaisse les difficultés rencontrées par toutes les femmes après la naissance d’un bébé et que des solutions soient mises en place afin d’améliorer les choses en Belgique.

Mon hypothèse, c’est que la dépression post-partum est une fausse maladie. C’est juste que les mamans craquent légitimement parce qu’elles ont beaucoup trop de poids sur les épaules.

« Un million de ♥️ aux parents en galère. Bon courage à vous! » conclut-il avant de préciser « oui, j’ai forcé le trait et je me doute que la DPP existe réellement. Néanmoins, ce syndrome est très fortement surdiagnostiqué (comme l’intolérance au gluten par exemple), et on colle très vite l’étiquette DPP sur une maman qui est juste sous l’eau. C’est ça qui m’énerve. Une sage-femme a vu ma femme 5 minutes hier et a préféré sortir le carton DPP plutôt que de lui demander pourquoi elle pleurait ».

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