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Avec le vabbing, on se parfume aux sécrétions vaginales DR Flair Canva

Le vabbing, ou la mode WTF de se parfumer aux sécrétions vaginales

Kathleen Wuyard

Si vous faites partie des personnes qui veulent avoir une signature olfactive unique, peut-être risquez-vous de succomber à la tendance beauté la plus étrange du moment: le vabbing. Ou la pratique de se parfumer aux sécrétions vaginales.

Oui, sécrétions vaginales, vos yeux ne vous trompent pas. Et si, la bougie Goop imaginée par Gwyneth Paltrow pour « sentir comme son vagin » (sic) avait en réalité des notes de bergamote, cèdre et géranium, ici, pas d’allégorie: il s’agit bien d’utiliser les vraies, avec l’odeur qu’on leur connaît. Une odeur qui serait, selon les adeptes de cette pratique popularisée par TikTok, l’équivalent d’un philtre d’amour naturel et la promesse d’attirer des gens grâce à votre parfum unique.

À l’heure d’écrire ces lignes, le hashtag #vabbing rassemble près de 700.000 vues sur le réseau social chinois, et la plupart des vidéos qui y sont consacrées font un rendu extatique de cette pratique.

L’une de ses adeptes, Mandy Lee, assure ainsi que « si vous vous mettez au vabbing, vous allez devenir un aimant à rencontres, qu’il s’agisse d’un partenaire potentiel, d’un coup d’un soir ou simplement de quelqu’un qui va vous offrir des verres toute la soirée ». Et d’avancer que dans « La Revanche d’une Blonde », « Elle Woods aurait dû faire l’apologie du vabbing plutôt que du plié-remonté. C’est bien plus efficace ».

La technique en question? D’un doigt expert, parcourez l’intérieur de vos lèvres de bas en haut, puis tapotez le fluide ainsi récolté sur les points de pulsion, soit derrière les oreilles, dans la nuque et sur vos poignets. La promesse étant que les sécrétions vaginales contiennent des phéromones, et donc, feraient tourner la tête des personnes qui les sentent sur vous.

Le vabbing ou la séduction animale

Et si, comme la plupart des hacks qui enflamment régulièrement TikTok, il y a bien un fond de vérité derrière l’enthousiasme suscité par le vabbing (les fluides vaginaux contiennent bel et bien des phéromones), il n’existe pas (encore?) d’étude scientifique démontrant que leur utilisation a un effet excitant. Voire même, ce serait plutôt le contraire: une étude publiée en 2021 par une équipe de chercheurs égyptiens révélait ainsi que la structure du cerveau humain, et sa complexité, font que les caractéristiques olfactives des phéromones jouent un rôle bien moindre dans la séduction que chez d’autres espèces.

Les humains n’ont pas une réponse systématique à certaines odeurs, contrairement à d’autres espèces. Leur réaction potentielle aux phéromones est contrebalancée par le fait qu’ils sont l’espèce la plus intellectuellement évoluée, ce qui diminue l’impact des odeurs sur leurs décisions. La séduction est bien plus déterminée par la vue et l’imagination chez les hommes, et par l’écoute et le toucher chez les femmes » affirmaient encore les chercheurs égyptiens.

Mais comment expliquer, alors, les critiques plus qu’enthousiastes des personnes ayant testé (et approuvé) le vabbing? On en revient à la théorie des chercheurs égyptiens, et au pouvoir de l’imagination dans la séduction: en se convainquant qu’elles sont plus attirantes en se parfumant de leurs fluides vaginaux, les femmes qui vabbent ont plus confiance en elles, ce qu’elles projettent, et qui peut attirer des partenaires potentiels. Et des infections?

Si vous décidez de tenter le coup, n’oubliez pas de « récolter » votre parfum avec un coton propre ou des mains lavées au préalable, afin d’éviter de transférer des germes dans votre vagin. Attention aussi que les sécrétions vaginales peuvent transmettre MST et IST par simple contact, même si, dans le cas du vabbing, le risque de transmission est bien moindre que lors de rapports sexuels. Reste tout de même qu’il y a une raison pour laquelle aucun parfumeur n’a encore développé d’Eau de Gonorrhée...

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