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Le traçage par téléphone: ça consiste en quoi exactement?

Tracking people's location and coronavirus outbreak: crowd of people keeping a safe distance and being located by a tracker app

Depuis lundi 4 mai, le processus de déconfinement est entamé, et avec lui, le début du « traçage », mais… à la belge. Qu’est-ce que cela signifie exactement et à quoi devons-nous prêter attention?

Le traçage numérique classique, aussi appelé « tracking » ou « tracing », consiste à utiliser des outils qui permettent de savoir à tout moment, où vous vous trouvez, grâce à votre smartphone. Déjà, en l’absence du Covid-19, ce phénomène existait déjà: votre opérateur de téléphonie mobile, comme Proximus ou Orange, par exemple, sait déjà en permanence où vous vous trouvez grâce aux antennes GSM. Certaines applications (beaucoup, d’ailleurs) utilisent aussi la fonction GPS ou le bluetooth de votre smartphone pour vous géolocaliser. Si on parle beaucoup de traçage en ce moment, c’est parce que certains gouvernements et spécialistes y verraient la solution idéale pour stopper la pandémie.

Explication: si tout le monde peut être géolocalisé à tout moment, on peut savoir à tout moment où les gens vont et surtout, avec qui ils entrent en contact. Ainsi, si l’une des personnes que vous avez croisée lors des 14 derniers jours est infectée par le Covid-19, vous pouvez être averti par une notification smartphone, et devez vous aussi être mis en quarantaine pour éviter de transmettre le virus au cas où vous l’avez également contracté. Selon la Commission européenne, ce traçage aiderait à interrompre les chaînes de transmission de l’infection plus rapidement et de façon plus efficace que des mesures de confinement généralisées.

Enfin, ça, c’est dans un monde idéal, car plusieurs questions se posent: comment être sûr que chacun joue le jeu et que les malades indiquent véritablement leur état? Comment savoir si les téléphones appartiennent bien aux personnes mentionnées? Comment faire en sorte que tout le monde ait accès aux applications de traçage? Mais surtout… où se situe-t-on par rapport au respect de la vie privée?

La question de la protection des données

Car c’est bien là que se situe le cœur du problème: ce processus numérique nous obligerait à partager nos données, soit nos informations personnelles, telles que notre nom, notre adresse, nos déplacements, nos amis (et donc, notre communauté), notre état de santé… Autant de petites informations qui en disent énormément sur notre vie privée. Si celles-ci sont simplement et uniquement utilisées pour un processus temporaire de tracking, cela ne représente pas un grand danger en soi. Le vrai souci, c’est le flou quant à une utilisation future de ces données. Les grands acteurs digitaux comme Google ou Apple auront accès à ces données et ils sont difficiles à contrôler. On ne sait donc pas ce qui pourrait être fait de ces données: si celles-ci pourront être utilisées à des fins politiques ou commerciales. Se pose aussi la question des libertés individuelles: à Taiwan, par exemple, le système de traçage alertait les autorités dès qu’une personne quittait son domicile en dépit du confinement.

Et en Belgique?

Chez nous, aucune application de tracking n’a encore vu le jour. Par contre, notre gouvernement a instauré le « contact tracing » dans son plan de déconfinement. Ainsi, la Flandre et Bruxelles ont démarré une phase test en la matière depuis ce lundi 4 mai. Dès le 11 mai, quand la phase 1B du déconfinement devrait commencer, ce processus devrait aussi débuter de manière globale.

Le principe:

  • Lorsqu’une personne est testée positive au Coronavirus, ses informations sont envoyées sur une base de données fédérale gérée par Sciensano.
  • L’un des agents du call center la contacte et lui demande d’établir une liste de toutes les personnes avec qui elle a été en contact dans les 48 heures qui ont précédé le début des symptômes jusqu’à son isolement.
  • Ces personnes sont alors à leur tour contactées individuellement par le call center pour que l’on puisse vérifier leur état de santé. S’il y a effectivement eu un contact avec la personne infectée pendant plus de 15 minutes et dans un contexte où les mesures de distanciation n’étaient pas toujours respectées, un isolement sera requis. Un certificat de quarantaine leur sera alors délivré les interdisant de sortir pendant 14 jours pour limiter la propagation du virus.
  • Vous êtes donc invité à prendre note des personnes que vous voyez et de leur numéro de téléphone. Pour en savoir plus sur le suivi des contacts, rendez-vous sur la page info-coronavirus.be.

La possibilité d’une application de traçage est encore étudiée: l’application est en cours d’élaboration mais son utilisation est une option qui restera, selon le ministre Philippe De Backer (Open-VLD), entre les mains des Régions, compétentes en matière de tracing. “En attendant, au niveau fédéral, nous travaillons sur le cadre juridique de cette application, qui mentionnera certains critères comme le fait qu’il s’agisse d’une application open source, basée sur l’utilisation du Bluetooth et non du GPS. Le système sera également décentralisé pour que les données des personnes soient disponibles uniquement sur leur propre smartphone, sans oublier les aspects liés au respect de la vie privée. Tout sera coulé sous un projet de loi qui sera discuté probablement la semaine prochaine.”  Affaire à suivre et à surveiller.

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