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Avec le retrait des troupes de l’OTAN, les Afghanes ont perdu la guerre

A woman wearing a blue-coloured burqa walks next to the construction site of a building in Kabul on June 21, 2021. (Photo by ADEK BERRY / AFP) (Photo by ADEK BERRY/AFP via Getty Images)

Alors que le retrait des dernières troupes de l’OTAN présentes en Afghanistan est en marche, sur place, le départ des soldats laisse entrevoir une autre guerre, perdue d’avance pour les Afghanes.

Bien que la dernière itération du conflit en Afghanistan ait officiellement pris fin en 2014, de nombreuses troupes de l’OTAN, dont certains soldats belges, restaient stationnés sur place pour une mission de maintien de paix ainsi que pour apporter formation et assistance aux forces afghanes. Lancée le 1er janvier 2015, la mission Resolute Support possédait un pôle principal à Kaboul et quatre pôles régionaux, et mobilisait encore en août 2020 10.000 personnels venus de 36 pays de l’OTAN. Leurs tâches principales?

  • soutenir la planification, la programmation et la budgétisation ;
  • assurer la transparence, le respect de l’obligation de rendre compte, et le contrôle ;
  • contribuer à l’application des principes de l’état de droit et de la bonne gouvernance ;
  • contribuer à la mise en place et au soutien des processus qui concernent, entre autres, la génération de force, le recrutement, la formation, la gestion et le perfectionnement du personnel.

Une assistance à laquelle il a été décidé de mettre fin en avril dernier, le retrait des forces de l’OTAN ayant été entamé le 1er mai 2021. Une bonne chose, pour les envoyés et leurs familles, mais une véritable catastrophe pour les femmes afghanes.

Les Afghanes, “abandonnées” par l’OTAN?

Ainsi que l’a dénoncé George Bush dans un entretien accordé au “Deutsche Welle”, le retrait des troupes de la coalition risque d’entrainer un “préjudice indescriptible” pour les filles et femmes afghanes.

Elles vont juste être abandonnées pour être massacrées par ces gens très brutaux, et cela me brise le coeur” – George Bush.

C’est que le retrait intervient pile au moment d’une nouvelle offensive des talibans dans le pays, ces derniers ayant pu regagner des régions entières d’Afghanistan (85% du territoire du pays selon les dires des insurgés) – une avancée qui ne risque malheureusement pas d’être stoppée maintenant que les forces afghanes ne bénéficient plus du soutien de l’OTAN.

Pour rappel, lorsque les talibans contrôlaient le pays dans les années 90, ils y faisaient régner la terreur sur fond d’application extrêmement stricte de la charia. Né durant la guerre contre les Soviétiques dans les années 80, le mouvement fondamentaliste islamique interdisait, entre autres, toute forme de distraction (cinéma, théâtre mais aussi ordinateurs), les instruments de musique, la danse et les échecs. Les femmes avaient interdiction de sortir de chez elles sans un accompagnateur masculin et le port d’une burqa les dissimulant intégralement, et les talibans avaient également ordonné de peindre les fenêtres des maisons en blanc pour qu’on ne puisse pas apercevoir leurs occupantes depuis l’extérieur.

Lors du “règne” des talibans en Afghanistan, les filles n’avaient plus le droit d’aller à l’école, les femmes n’avaient plus le droit de travailler et celles prises en “flagrant délit d’adultère” étaient condamnées à la lapidation. En outre, l’homosexualité était également punie de peine de mort, celle-ci étant appliqué de manière particulièrement barbare, en écrasant un mur sur les condamnés avant de finir la besogne au bulldozer (sic).

“Il faut redoubler d’efforts”

De quoi laisser craindre le pire pour les femmes et les minorités maintenant qu’elles ne bénéficieront plus de la protection offerte par la présence et le soutien de l’OTAN en Afghanistan. Dans un communiqué, le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (HCR) a d’ailleurs mis en garde contre un désastre humanitaire imminent, faisant état de 260.000 Afghans ayant été contraints de fuir leur domicile voire leur région natale depuis janvier 2021 à cause de l’escalade d’insécurité et de conflits dans le pays.

Et de citer une augmentation des pertes civiles de 29% durant les quatre premiers mois de 2021, femmes et enfants étant particulièrement ciblés. Saluant “l’incroyable résilience” du peuple afghan, le HCR a toutefois rappelé que celle-ci avait atteint ses limites entre le conflit, les déplacements de population, la récurrence de catastrophes naturelles et la pandémie de COVID.

La situation nécessite une réponse adéquate pour stabiliser le pays et permettre aux acteurs de l’humanitaire de venir en aide à la population. Il ne faut pas faire face aux problèmes actuels avec désespoir mais bien avec la volonté d’intensifier nos efforts de résolution” HCR.

Et d’ajouter (une allusion voilée à l’OTAN?) que “l’incapacité à contenir la violence actuelle donnerait lieu à une augmentation massive des déplacements de population, dans le pays mais aussi dans les pays frontaliers” avant d’appeler “la communauté internationale à redoubler d’efforts pour soutenir le gouvernement et le peuple afghans en cette période critique”.

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