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En Afghanistan, les femmes se battent pour sortir de l’anonymat

BAHARAK, AFGHANISTAN - JULY 31: Female participants in an Afghanaid run micro credit and rural enterprise scheme exhibit their wares at home on July 31 2010 in Baharak, Afghanistan; Shutterstock ID 56729980; Projectnummer: aa; Uitgave: aaa; Traffic: aaaa; Anders: aaaaa

La guerre est finie, les Talibans ne sont plus au pouvoir depuis longtemps, et pourtant, il n’est toujours pas facile d’être une femme en Afghanistan. Dans un pays qui le traite comme des citoyennes de seconde zone, les Afghanes lancent la révolte à coup de hashtags.

En Europe, une femme se définit par rapport à elle-même. Journaliste, médecin, artiste, étudiante, autant d’identités que de possibilités. En Afghanistan, par contre, les femmes n’existent que dans l’ombre des hommes. « Femme de », « soeur de », « fille de », la société les désigne par les liens qui les unissent aux hommes de leur vie, et pas par leur nom. Un statut dont les Afghanes ont assez, et qu’elles tentent de faire changer par le biais d’une campagne web.

Où est mon nom?

L’objectif: leur rendre une identité publique. Et pour ce faire, 2017 oblige, c’est à coup de hashtags que ça se joue. Plus précisément, #WhereisMyName, une initiative qui veut renforcer le droit à l’identité. Lancé par un groupe de jeunes Afghanes à Herat, le cri de ralliement a rapidement circulé dans tout le pays. « Je suis fatiguée de nous voir vivre à l’époque médiévale alors que nous sommes au 21e siècle » a tempêté une des initiatrices du mouvement, Tahmina Arian, à l’AFP.

Briser le tabou

Outre des Afghanes lassées de leur anonymat forcé, des vedettes nationales ont également relayé le hashtag, ainsi que des hommes, fiers de dévoiler publiquement le nom de leurs femmes. Interrogée par l’AFP, Sabira Madady, une étudiante de 20 ans, a confié son mal-être:

Je me sens si mal lorsque quelqu’un m’appelle par un autre nom, comme si je n’étais pas un être humain. La société me perçoit comme appartenant à quelqu’un d’autre

Prendre conscience

Si le combat peut sembler difficile à comprendre dans nos contrées occidentales, pour les défenseurs des droits de l’homme, la question du nom en Afghanistan est primordiale, puisque la situation actuelle contribue à positionner les femmes comme la propriété des hommes. « Si une femme connaît son nom, elle est consciente d’elle-même et de ce qu’elle veut. Mais si elle ne se connaît que via les yeux de son époux ou de son frère, alors tout est planifié pour elle », explique Tahmina Arian.

Gare aux amalgames

Et si la campagne a rapidement gagné de l’ampleur, elle a aussi ouvert la porte aux clichés. Certains se sont en effet empressés de pointer qu’il ne s’agissait là que d’une tentative « d’occidentaliser » les femmes afghanes, allant jusqu’à traiter les participantes de prostituées. D’autres, n’ont pas hésité à blâmer le statut des femmes sur l’Islam. Et pourtant, la religion n’est pas en cause: nulle part en effet, le Coran ne mentionne que les femmes ne doivent pas être appelées par leur nom. Selon Mohammad Amir Kamawal, « des mollahs conservateurs ont simplement mal interprété certains versets ».

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