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Le débat sur les masques payants rouvre celui sur la gratuité des protections hygiéniques

White sanitary pad with red and pink flowers on it, woman health or body positive concept. Pink background. Flatlay. Copyspace

“Mais enfin, comment ose-t-on nous faire payer les masques alors qu’il s’agit d’un produit de première nécessité?!” semble s’écrier le pays d’une seule voix. Et les femmes, qui ont déjà l’habitude de ce genre de transactions désagréables pour leurs protections hygiéniques, de répondre “bienvenue au club” à grand renfort de memes drôles-amers.

Sur l’image, James Franco, la corde au cou, prêt à être pendu dans “The Ballad of Buster Scruggs”, interroge d’un air narquois: “c’est votre première fois?”. Le rapport entre ce western à sketches et le débat actuel autour de la gratuité nécessaire des masques de protection? C’est qu’ici, l’acteur, transformé en meme, est supposé incarner la réponse collective des femmes à ceux qui se plaignent de devoir payer des masques. Car tout qui est en âge de menstruer est loin d’en être à son premier rodéo sur le sujet des produits de première nécessité vendus et non offerts.

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“Pas d’alternative acceptable”

D’un côté, les arguments réclamant la gratuité des masques ou du moins la distribution d’un stock suffisant libre de tous coûts sont on ne peut plus raisonnables. “On en a besoin”. “C’est pour notre santé”. “Il n’y a pas d’alternative acceptable”. De l’autre, ce ne sont jamais que les mêmes arguments utilisés sans succès depuis des années pour réclamer la gratuité des protections hygiéniques. Qui, elles aussi, sont nécessaires, sont liées au corps et à la santé, et ne disposent pas d’alternatives gratuites acceptables, à moins de considérer que “se saigner dessus pendant une semaine” est un choix, mais bon, bof, en fait.

Symbole de la force de l’argumentaire, le 25 février dernier, juste avant que la pandémie de Coronavirus n’envahisse la planète et les unes des journaux, le Parlement autonome écossais a voté la gratuité des protections hygiéniques pour toutes. Monica Lennon, députée à l’origine du changement de loi, avait mené une campagne de longue haleine, martelant l’évidence: l’accès aux protections hygiéniques devrait être un droit pour toutes. Un droit qui se fait attendre chez nous: si fin 2017, la Belgique avait enfin reconnu les protections hygiéniques comme produits de première nécessité, ce qui avait fait passer la TVA sur ces produits de 21% à 6%, des dizaines de milliers de femmes belges sous le seuil de la pauvreté ne peuvent pas s’en payer.

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Selon les chiffres avancés par le collectif Belges et Culottées, la gratuité des protections périodiques permettrait aux femmes une économie oscillant entre 1500€ et 2000€ sur une vie. À titre de comparaison, il est possible de se procurer un lot de 10 masques en tissu, lavables et donc réutilisables, pour une trentaine d’euros. Sachant qu’il y a (ou du moins on l’espère) fort peu de chances de devoir passer le reste de notre vie masqués, difficile de ne pas constater une différence de taille entre le budget des masques, celui des protections hygiéniques, et les débats qu’ils suscitent. La faute à des préjugés bien ancrés? Fin mars, alors qu’on en était au plus sévère du confinement, nos consoeurs du ELLE France avaient relevé l’impensable: des jeunes femmes verbalisées par la police alors qu’elles sortaient acheter des protections hygiéniques, au motif qu’il ne s’agit pas là d’un besoin “vital”. La goutte de sang qui fera déborder le débat et mènera à la gratuité? En rêver ne coûte rien…

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