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La venue contestée de Charlie Hebdo à l’ULB relance le débat sur la censure

Cinq ans après le massacre qui a décimé la rédaction, deux membres de Charlie Hebdo étaient invités à l’ULB ce mercredi 13 février. Une venue contestée, que certains étudiants ont tenté d’empêcher, relançant au passage le débat sur la censure.

Ils s’appelaient Cabu, Charb, Tignous, Honoré, Wolinski, Bernard Maris, Moustapha Ouyad, Frédéric Boisseau, Michel Renaud, Franck Brinsolaro, Ahmed Merabet et Elsa Cayat. Ils ont été assassinés le 7 janvier 2015 par des terroristes islamistes, pour qui la ligne athée et anticléricale du journal satirique, prompt à dénoncer les intégristes religieux de tous bords, était inacceptable. Depuis 2013 et la diffusion du numéro « La vie de Mahomet », Charb figurait sur une liste de personnalités « recherchées mortes ou vives pour crimes contre l’Islam » diffusée par Al-Qaïda, et il y a cinq ans, il a payé sa liberté de sa vie à côté des 11 autres victimes de l’attentat. Cinq ans, le temps nécessaire pour panser les plaies, prendre du recul et évaluer ce qui (n’)a (pas) changé: raison pour laquelle l’ULB avait invité Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, et Marika Bret, directrice de publication du magazine, à prendre part à une conférence-débat sur la liberté d’expression ce jeudi 13 février. Une liberté d’expression loin de plaire à tout le monde.

« Honteusement complice »

L’Union syndicale étudiante (USE) et la section universitaire des Jeunes FGTB, alliés au Cercle féministe de l’ULB, ont en effet dénoncé avec virulence la venue des deux membres de Charlie sur le campus, n’hésitant pas à qualifier dans un communiqué l’université libre de Bruxelles de se rendre « honteusement complice de ces réactionnaires de Charlie Hebdo ».

 Charlie Hebdo se place en opposition à celleux qui défendent une politique intersectionnelle et remettent en question les privilèges blancs, homme, cis, hétéro, bourgeois, etc. Ainsi, Charlie Hebdo a rejoint depuis longtemps les rangs des réactionnaires de tout poil dans leur dénonciation des « nouveaux censeurs » »

Objectif: « pas de réacs sur notre campus », et un échec pour les militant.es puisque la conférence a bien eu lieu, et se serait même plutôt bien passée selon le Professeur Pascal Delwit, Vice-Doyen de la Faculté de Philosophie et Sciences Sociales à l’ULB.

Lutter contre les ténèbres

Sur sa page Facebook, il a souligné que « comme il se doit, nous avons débattu. Nous avons débattu de la liberté d’expression, qui est en – grand – danger dans beaucoup d’endroits et de lieux », mettant en avant que « la discussion a été calme, sereine, tout en donnant à voir un échange d’arguments différents et contradictoires, où chacune et chacun a pu s’éclairer mutuellement. Il doit toujours en être ainsi ». De son côté, le recteur de l’ULB, Yvon Englert, avait rappelé à quel point il était important de préserver la liberté d’expression.

L’ULB préserve et promeut des espaces de rencontre, de débat et de contradiction sur des enjeux aussi essentiels que la liberté d’expression. On ne peut que s’en réjouir. C’est dans le débat respectueux que la société citoyenne lutte contre les ténèbres »

Des ténèbres qui ne sont pas toujours là où on les attend, et contre lesquelles Manuel Abramowicz, cofondateur du MRAX-Jeunes et accessoirement ex-étudiant de l’ULB, a réagi dans une carte blanche publiée ce mercredi dans La Libre. Intitulée « lettre ouverte aux nouveaux censeurs de gauche », qualifiant le communiqué de presse des opposés au débat du 13 février de surréaliste, et dénonçant la gauche sectaire.

Il paraît que vous êtes de gauche, syndicalistes, féministes. Défenseurs de la liberté d’expression. En tout cas, la vôtre. Mais vous vous comportez en nouveaux censeurs. Peu nombreux mais hyperactifs, vous noyautez certaines assemblées, associations et syndicats étudiants »

Avant d’avouer être « inquiet, face à la dérive de certains “camarades” qui se comportent en nouveaux censeurs de gauche ». Si la soirée du 13 février s’est finalement déroulée sans heurts, l’objectif aura été doublement atteint puisque le débat sur la liberté d’expression, lui, se poursuit.

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