Home Lifestyle Société L’ex-boss de l’agence Elite accusé de viols et d’agressions sur mineures

L’ex-boss de l’agence Elite accusé de viols et d’agressions sur mineures

SHANGHAI, CHINA - NOVEMBER 12: (CHINA OUT) (L-R) Johanna Jonsson of Sweden, Charlotte Belliard of France, Gerald Marie, President of Elite Group and Sasha Gachulincova of Slovakia pose for pictures after the world final of the Elite Model Look 2005 competition on November 12, 2005 in Shanghai, China. Charlotte Belliard, Sasha Gachulincova and Johanna Jonsson respectively won the competition, 1st runner-up and 2nd runner-up of the event. (Photo by China Photos/Getty Images)

Dans les années 80 et 90, Gérald Marie, ancien directeur de l’agence de mannequins Elite en Europe, était de toutes les soirées branchées au bras de la supermodel Linda Evangelista, son épouse de 1987 à 1993. Aujourd’hui à la tête de l’agence Oui Management, il est accusé par quatre femmes, dont la top Carré Otis, de les avoir violées alors que certaines étaient encore mineures.

Elles s’appellent Carré Sutton (mieux connue sous son nom de topmodel, Carré Otis), Ebba Karlsson, Jill Dodd et Lisa Brinkworth. Elles ont arpenté les podiums ou mené des enquêtes journalistiques pour la BBC, elles ont entre quarante et soixante ans et a priori rien ne les rassemble, si ce n’est qu’elles affirment toutes avoir été victimes de Gérald Marie, ancien directeur Europe de l’agence de mannequins Elite et connu, entre autres, pour avoir popularisé le concours Elite Model Look, lancé la carrière de Naomi Campbell et partagé sa vie avec une autre top, la Canadienne Linda Evangelista. Dans le milieu de la mode des flamboyantes 80s, il était connu comme un requin, prêt à tout pour « ses » filles… À condition qu’elles le lui rendent bien: en 2011 déjà, dans une interview accordée au magazine « Model », le photographe Jacques Silberstein confiait que l’approche de Gérald Marie envers les mannequins était « Si tu veux travailler, il faut me baiser ». Une philosophie qui n’est pas sans rappeler celle d’un autre requin, du cinéma cette fois, les similitudes entre Harvey Weinstein et Gérald Marie ne s’arrêtant pas là puisqu’aujourd’hui, c’est au tour de ce dernier d’être accusé de viol et d’agression sexuelle par plusieurs femmes, dont certaines étaient mineures au moment des faits allégués.

Gérald Marie. (Photo by Stephane Cardinale/Corbis via Getty Images)

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Gérald Marie nie en bloc

Ce lundi 28 septembre, le Parquet de Paris a ainsi confirmé à 20 Minutes avoir ouvert une enquête pour « viol et agression sexuelle », mais aussi « viol sur mineure » et « agression sexuelle sur mineure » à l’encontre de Gérald Marie. Et si l’ancien patron d’Elite, âgé de 70 ans aujourd’hui, a confié au « Sunday Times » qu’il ne serait « pas approprié de commenter sur ces accusations remontant à de longues années, si ce n’est pour affirmer que je nie catégoriquement les faits qui me sont reprochés », ses accusatrices, elles, sont plus volubiles, et peignent le portrait d’un prédateur au penchant assumé pour les jeunes et jolies filles. À l’heure actuelle, les accusations à l’encontre de Gérald Marie couvrent près de 20 ans, entre 1980 et 1998, et vont de l’agression sexuelle en public, dans une discothèque parisienne, aux « innombrables viols » de la top model Carré Sutton alors qu’elle n’avait que 17 ans.

Carré Otis lors de la Fashion Week de New-York en 1991 – Getty Images

Pour sa part, l’ex-journaliste de la BBC Lisa Brinkworth, qui avait infiltré le milieu de la mode parisien à la fin des 90s en se faisant passer pour une mannequin, affirme ainsi qu’en octobre 1998, Gérald Marie l’aurait « chevauchée alors qu’elle était assise sur une chaise » dans une boîte de nuit avant de lui et « enfoncer son sexe dans le bas-ventre ». Un acte de violence d’autant plus dramatique que la jeune femme était justement undercover dans la capitale française pour y enquêter sur les abus sexuels dans le milieu de la mode. Ebba Karlsson dénonce pour sa part un viol qui aurait eu lieu en 1990, tandis que Jill Dodd affirme que Gérald Marie l’aurait violée en 1980, alors qu’elle n’avait que 19 ans. L’avocate des quatre accusatrices de Gérald Marie, Anne-Claire Le Jeune, défend également actuellement un autre groupe de femmes, qui affirment pour leur part avoir été violées ou agressées par Jean-Luc Brunel, agent de mannequins parisien lié à l’affaire Epstein, le milliardaire accusé d’être un prédateur sexuel d’envergure, qui s’est pendu dans sa cellule il y a quelques mois et a contribué à l’exclusion du Prince Andrew de la famille royale britannique, ce dernier ayant été un de ses proches amis.

Le milieu de la mode gangrené par les abus sexuels

Outre les agressions qui lui sont reprochées, Jean-Luc Brunel est également accusé d’avoir fourni des jeunes femmes mineures à Jeffrey Epstein. En 1988, l’émission américaine « 60 Minutes » lui avait consacré un reportage où d’anciennes mannequins racontaient l’enfer des « marchés aux bestiaux », ces dîners qui rassemblaient de très jeunes femmes et des hommes riches parfois trois fois plus vieux qu’elles, avec lesquels on les encourageait à avoir des relations sexuelles si elles voulaient continuer à travailler.  » C’était la culture de l’époque, tout le monde savait. On se disait que la seule chose à faire était de prévenir les filles » regrette à « 20 Minutes » Marie Anderson, vice-présidente d’Elite Chicago au milieu des années 1980. Des filles qui refusent aujourd’hui de continuer à se taire, Carré Sutton ayant affirmé ne pas avoir osé parler à l’époque où elle aurait été violée par Gérald Marie, mais avoir décidé de briser son silence aujourd’hui pour venir à bout « de ces hommes de pouvoir odieux qui semblent pouvoir agir en toute impunité ». Time’s Up. 

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