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Une famille américaine de Bruxelles raconte le stress (et l’espoir) avant les élections

Une famille américaine de Bruxelles à l'approche des élections - Getty Images
Une famille américaine de Bruxelles à l'approche des élections - Getty Images

Alors que près de deux ans après les élections, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement majoritaire au Fédéral, aux Etats-Unis, les élections présidentielles arrivent à grands pas, et avec elles, une seule question: Donald Trump sera-t-il réélu? Dans la famille Edison, des Belgo-américains de Bruxelles, on espère bien que non, et on attend novembre avec impatience.

Un papa, une maman, quatre enfants, un chat. De prime abord, rien ne distingue les Edison des autres familles du quartier, si ce n’est leur nationalité: né dans l’Oregon il y a 53 ans, Jeffrey, le patriarche, a transmis la double nationalité belgo-américaine aux deux enfants qu’il a eu avec Isabelle, Terence (20 ans) et Sibyl, 17 ans, ainsi qu’à ses deux enfants d’un premier mariage, Gregory (27 ans) et Timothy, son cadet. Et si Sibyl est encore trop jeune pour voter, ses trois frères et leur père, eux, auront leur mot à dire aux prochaines élections présidentielles. Des élections particulièrement importantes pour Jeffrey et sa progéniture, puisque ce dernier est en effet le Vice-Président de l’organisation Democrats Abroad Belgium, et en tant que tel, particulièrement anxieux de voir le locataire républicain de la Maison Blanche retourner dans sa tour (de dorures et) d’ivoire new-yorkaise. Arrivé en Belgique pour un placement de 5 mois il y a trente ans, Jeffrey Edison a construit sa vie ici auprès de son épouse Isabelle, journaliste de son état, et de leurs trois enfants, et confie ne jamais s’être vraiment intéressé à la politique avant l’élection de George W. Bush.

Tout a changé à ce moment-là, et je suis presque devenu honteux d’être Américain. Je me suis progressivement impliqué de plus en plus en politique entre 2000 et 2008, jusqu’à devenir responsable des Democrats Abroad Belgium en 2009″.

Quand on lui demande s’il votera aux élections présidentielles de novembre prochain, c’est d’un grand « OUI » que Jeffrey répond, soulignant à quel point il est aisé de s’inscrire pour voter depuis l’étranger, et confiant également aborder le vote avec un mélange d’espoir et de paranoïa. « C’est une élection extrêmement importante, la plus importante de toute ma vie. Je suis à la fois optimiste et parano, parce que je veux croire au fait que Trump ne sera pas réélu, mais j’ai peur qu’il ait recours à des magouilles pour remporter l’élection tout de même, un peu comme ce qui s’est passé avec George W. Bush et Al Gore en l’an 2000 ».

Ma plus grande crainte est que Donald Trump ne choisisse de tout simplement ignorer les résultats de l’élection présidentielle et d’utiliser les suprémacistes blancs, les milites, la Garde Nationale et l’armée pour faire un coup d’Etat et rester au pouvoir ».

« C’est notre plus grande crainte au sein des Démocrates de Belgique: la fin de la démocratie américaine » confie encore Jeffrey. Et son fils aîné, Terence, d’avouer pour sa part penser que « Donald Trump a de grandes chances d’être réélu. Je n’aurai pas de réaction en particulier si c’est le cas, j’avais été fort surpris en 2016 quand il avait été élu mais honnêtement ça ne me surprendrait pas qu’il gagne aussi en 2020. On aurait alors droit à 4 ans de clowneries supplémentaires avec Donald ». Un scénario catastrophe pour sa petite soeur, Sibyl, trop jeune pour voter en novembre 2020.

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Des élections sous haute-tension

« Je ne veux pas que Donald Trump soit réélu. Je trouve qu’il dirige très mal notre pays et qu’il ne met pas les priorités dans le bon ordre. Nous avons besoin d’un président qui se bat avec nous, pas contre nous ».

Je voudrais un président qui soit féministe, antiraciste, pro-LGBT et qui accepte tout le monde comme il est. Je pense que malheureusement beaucoup d’Américains ne sont pas d’accord avec moi et veulent que Donald Trump soit réélu. On ne peut pas passer encore 4 ans avec un homme comme cela qui représente notre pays » – Sibyl Edison.

Terence, 20 ans, se refuse pour sa part à faire des prédictions, « car j’étais parti trop confiant il y a 4 ans et j’en étais sorti absolument dévasté. Si il est réélu, je vais probablement protester avec d’autres américano-belges dans la rue. Ce n’est plus possible ».  « Si Trump est réélu je serai déçue. Déçue par la population américaine qui peut être très illogique. Tout d’abord, je me demande toujours comment des femmes peuvent voter pour ce candidat. Il est le premier à dire qu’elles sont inférieures à l’homme et à leur faire des remarques désobligeantes. Mais le pire pour moi ce sont les personnes de couleur qui votent pour lui alors qu’il ne soutient même pas le mouvement Black Lives Matter » dénonce encore Sibyl, qui pense, comme ses frères, qu’un vent de fraîcheur ferait bien de souffler sur la politique américaine.

Place aux jeunes

« Il aurait fallu proposer un candidat plus jeune, plus dynamique, face à Trump, regrette Gregory . Il faut pour moi arrêter d’élire des présidents de plus de 70 ans qui ne comprennent plus rien aux technologies actuelles à part peut-être Twitter. Je comprends que l’âge soit fortement perçu comme étant une preuve de sagesse et de compétences, mais on a bien eu la preuve que ce n’était pas le cas avec Donald. J’espère qu’Andrew Yang (Démocrate, ndlr) se représentera en 2024 avec un peu plus d’expérience derrière lui: c’est le seul candidat ayant fait référence pendant sa campagne au besoin de mettre en place une législation pour le domaine de l’intelligence artificielle. Il était plus jeune que les autres candidats et pour moi bien meilleur que Joe ». Un sentiment auquel fait écho sa cadette.

Je trouve que tous les autres candidats sont mieux que Donald Trump. Mais je trouve aussi qu’il y a mieux que Joe Biden. Malheureusement aux États-Unis c’est très rare qu’un homme comme lui n’ait pas des accusations de harcèlement. Je serai toujours du côté des agressés et je trouve que Joe Biden doit répondre à ces accusations et qu’il doit y avoir une suite à tout cela. Ce n’est pas parce qu’il a du pouvoir et de l’argent qu’il ne doit pas faire face à ses erreurs ». 

Son candidat idéal? « Bernie Sanders car il a les mêmes idées que moi, mais le seul souci c’est qu’il est très vieux et les États-Unis ont besoin de jeunes au pouvoir. Tous les candidats sont trop vieux et sont des hommes blancs de plus de 50 ans, ce qui ne peut plus être possible pour nous représenter. Nous avons besoin de renouveau et de changement pour notre pays ».

Terence, lui, aurait, comme bon nombre de ses compatriotes (et des admirateurs de l’ex-First Lady) rêvé de voir Michelle Obama se lancer dans la course à la présidence. « Elle aurait probablement suivi les pas de son mari. Peut être même qu’elle aurait été plus courageuse et pris des mesures drastiques sur le port d’arme, les statues de confédérés, etc ». Plus pragmatique, Jeffrey, le patriarche, confie que son candidat idéal est celui qui vaincra Donald Trump, point.

Je voterais pour un chien, alors même que j’adore plutôt les chats, avant de voter pour Trump, et je pense que beaucoup de Démocrates sont du même avis que moi. On a besoin de quelqu’un qui puisse amener les centristes, ceux qui hésitent, et même certains Républicains à lui donner leur vote. J’aurais adoré qu’une femme, Elisabeth Warren par exemple, soit la nominée présidentielle, ou bien quelqu’un d’un peu moins mainstream, comme Pete Buttigieg, mais le plus important, c’était de choisir quelqu’un qui puisse battre Trump. C’est ça notre objectif numéro 1 en 2020″.

Un objectif pour lequel Jeffrey et les Démocrates de Belgique campagnent sans relâche, invitant les Belges à les rejoindre. « La plupart des Belges connaissent tous au moins un.e Américain.e, en Belgique, à l’étranger ou aux Etats-Unis. C’est primordial de les encourager à voter: contrairement à ce qui se passe en Belgique, aux Etats-Unis, ce n’est pas obligatoire, et trop peu de gens se rendent aux urnes » regrette Jeffrey. Et d’ajouter que « les gens qui ne votent pas n’ont pas le droit de se plaindre une fois que c’est trop tard. Bien trop de voleurs de gauche ne se sont pas rendus aux urnes lors des élections de 2016, et regardez le résultat ». Un résultat dont on espère de tout coeur dans la famille Edison que dès novembre 2020, il appartiendra au passé. « J’espère que les Etats-Unis auront enfin un Président qui leur ressemble » confie Sibyl, lasse de se voir taxer de racisme et d’ignorance quand elle dit être Américaine. Et son souhait pourrait bien se réaliser: à l’heure d’écrire ces lignes, les sondages pré-élections attribuent 55% d’intentions de vote à Joe Biden, une proportion qui monte à 65% chez les électeurs latino, première minorité du pays. Bye-bye Donald? Réponse le 3 novembre.

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