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Au Soudan, la révolution a pris le visage d’une femme en robe blanche

Cela fait des mois que la colère gronde au Soudan et que les manifestations se multiplient pour protester contre le gouvernement. Un mouvement mené par les femmes, et qui a désormais le visage d’une Soudanaise en robe blanche.

Ce lundi 8 avril, elle a rejoint le flot des contestataires et est descendue en rue pour protester contre la tentative du gouvernement d’augmenter les prix du pain et de l’essence, mais aussi de manière plus générale contre le gouvernement en lui-même, et particulièrement le président Omar Al-Bashir, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1989. L’homme d’Etat a beau faire l’objet d’un mandat du Tribunal Pénal International pour crimes de guerre au Darfour, il continue de gouverner son pays, au mépris du mécontentement de la population, qui en a assez de souffrir en silence. Alors depuis décembre, les Soudanais descendent dans la rue, et leur mouvement de contestation a désormais une égérie.

Illuminée par une foule de smartphones brandis pour immortaliser le moment, la femme au port impérial scande « Ma grand-mère est Kandaka », du nom des reines du royaume antique de Koush, et la foule lui répond « Thawra », « révolution ». La photo de ce moment capturée par Lana H. Haroun est immédiatement devenue virale, et il n’a pas fallu longtemps pour que certains réclament une statue de cet « ange tombé du ciel ». Sauf que le blanc de sa tenue est tout sauf angélique, ainsi que l’a expliqué sur Twitter Hind Makki, une spécialiste de l’étude des religions.

En effet, la robe évoque les tenues portées par les Soudanaises des années 60, lorsqu’elles descendaient dans la rue pour protester contre la dictature militaire. Plus récemment, sa « tobe » blanche a été l’uniforme des femmes qui travaillent en ville, et dénote donc le professionnalisme, tandis que ses boucles d’oreilles en croissant de lune symbolisent la féminité. Une femme à poigne, donc, et pile l’égérie dont les manifestants avaient besoin pour continuer à lutter sans relâche contre le pouvoir. Et le fait que le symbole de la contestation soit une femme n’est que justice poétique car ces dernières ont particulièrement souffert des lubies du régime dirigeant ces dernières années, entre lois qui contrôlent leurs sorties et même leur manière de s’habiller. Gageons qu’elles vont désormais être nombreuses à revêtir la robe blanche traditionnelle.

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