Home Lifestyle Santé TESTÉ POUR VOUS: le flux instinctif pendant les règles

TESTÉ POUR VOUS: le flux instinctif pendant les règles

Le flux instinctif, c’est quoi? Il s’agit d’une méthode qui a pour principe de ne pas utiliser de protections hygiéniques pendant les règles. Curieuse et tentée par l’idée, j’ai testé pour vous.

Ces dernières années ont vu fleurir de nombreuses alternatives aux protections hygiéniques jetables. Cup, serviettes lavables et culottes menstruelles remplacent petit à petit les tampons et serviettes à usage unique. Parmi les aficionado de cette nouvelle façon de vivre ses règles zéro déchet, certaines ont tenté une alternative qui peut sembler rébarbative: ne plus mettre de protection du tout.

Le concept derrière l’idée du zéro protection s’appelle le « flux instinctif libre », c’est-à-dire l’idée de se fier à son instinct pour éliminer le sang des règles par soi-même, sans porter de protection. En pratique, il suffit de se rendre régulièrement aux toilettes pour laisser l’écoulement se faire avant de retourner à ses occupations. Intriguée par le concept, j’ai testé cette méthode au cours de mes 4 derniers cycles. Je vous livre mon expérience.

Mon expérience du flux instinctif

Avant de se lancer tout droit dans ma culotte, remettons d’abord l’église au milieu du village. Je porte un stérilet hormonal sans progestérone pour des raisons de santé (maladie génétique en lien avec la coagulation du sang). Ce moyen de contraception a légèrement réduit la durée de mes règles à 3 à 4 jours avec un flux léger. Autrement dit, on est loin des chutes du Niagara. Pour vous donner une idée, en changeant 2 fois par jour lors des jours où le flux est le plus abondant, je pourrais me contenter de protège-slip. Je sais, j’ai plutôt de la chance. Mais ne vous inquiétez pas, les crampes et les migraines sont là pour compenser. Bref.

Vous vous dites certainement que je n’ai pas pris beaucoup de risques (entendez de dégueulasser mes sous-vêtements), c’est vrai. Mais de nombreuses adeptes du flux instinctif témoignent, malgré un flux abondant, de leur engouement pour cette méthode. Certaines affirment même que ça a raccourci la durée de leur cycle d’un jour ou deux.

Comment ça s’est passé pour moi? Dans un premier temps, j’ai pris quelques précautions. J’ai gardé dans mon sac un petit paquet de lingettes, une serviette et une culotte de rechange, juste au cas où, histoire de ne pas me retrouver au boulot avec la peur de tâcher mes vêtements. Et je n’ai pas porté mes plus jolis dessous, préférant opter pour des sous-vêtements que je n’avais pas peur d’abîmer. À raison puisque pratiquer le flux instinctif sans tache demande un peu d’expérience. Les divers témoignages que j’ai lus décrivent un processus de « contraction du vagin » pour retenir le flux en attendant de pouvoir aller aux toilettes. En gros, il faudrait contracter le périnée pendant plusieurs heures avant de se libérer. Honnêtement, je n’ai absolument pas conscientisé ce geste. L’ai-je fait inconsciemment? Peut-être. Mais à aucun moment je ne me suis dit que je devais serrer les cuisses pour retenir quoi que ce soit. Le premier jour, j’ai fait quelques allers-retours aux toilettes, plus souvent que d’habitude pour vérifier que tout était ok. J’en profite d’ailleurs pour dire à mes collègues que c’était pour ça en fait, je n’avais pas mangé trop de chili la veille. Mon bilan au bout de ma semaine menstruée est plutôt positif. La plupart du temps, j’ai laissé « le flux » (parfois deux gouttes) s’écouler aux toilettes ou j’essuyais simplement avec du papier et c’était suffisant. Il m’est arrivé de ne pas pouvoir me rendre aux toilettes et d’effectivement tacher légèrement ma culotte mais je m’étais préparée à cette éventualité.

Le test absolu a été la nuit. J’ai remarqué que c’est surtout en se levant qu’il faut être prudente. Ce qui est logique en soi, le flux s’écoulant plus rapidement à la position verticale. Il suffit donc d’aller aux toilettes en premier lieu, ce que font plus ou moins tous les êtres humains pour uriner en se réveillant, rien de bien contraignant donc.

1, 2, 3, 4 cycles

Depuis lors, j’ai appris à être attentive à mon corps et à son fonctionnement pendant les règles. Je pense que cette rétention du sang s’effectue avec le même geste réflexe qu’en se retenant de faire pipi. C’est-à-dire qu’on est consciente de devoir bientôt aller aux toilettes mais on sait se retenir encore un peu. À force d’écouter les signes, d’être attentive à l’écoulement le long du vagin, il est tout à fait possible de ne pas porter de protection du tout. La preuve, depuis quelques mois, je ne prends même plus de serviette de secours dans mon sac. Je n’ai aucune preuve scientifique de ce que j’avance mais j’ai l’impression que mon corps a compris qu’il y avait des moments prévus pour éliminer et des moments où ce n’était pas opportun. Finalement, je vis donc en paix avec mes règles et avec une culotte propre sans trop m’en inquiéter.

Ceci est mon témoignage personnel, je ne peux donc vous donner aucune garantie que le flux instinctif vous conviendra. De ma propre expérience, je pense toutefois que cette méthode n’est pas applicable à toute la durée des règles des femmes qui ont un flux très abondant. Si c’est votre cas, vous pourriez essayer dans un premier temps le premier ou le dernier jour. Dans tous les cas, j’encourage toutes les femmes à essayer au moins une fois, ne fut-ce que pour prendre conscience de la quantité de fluide qui sort effectivement de votre vagin. Les protections ont tendance à provoquer un effet d’étalement, ce qui peut donner l’impression que le flux est beaucoup plus impressionnant qu’en réalité (les fameuses chutes du Niagara). En moyenne, les règles représentent l’équivalent de 4 cuillères à soupe réparties sur la durée des menstruations. Cette quantité varie d’une femme à l’autre, bien évidemment.

Tenter le flux instinctif

Si vous souhaitez tenter le flux instinctif, je vous recommande de le faire petit à petit, dans des situations qui vous sont confortables (lors d’un congé, en télétravail, etc). Essayer la première fois sous 30° avec un pantalon blanc me semble peut-être plus risqué. L’idée n’est pas de devenir esclave de votre vagin en enchaînant les allers-retours aux toilettes par sécurité mais plutôt de laisser votre corps s’adapter à vos mouvements.

Prévoyez une serviette ou un autre type de protection si vous changez d’avis au cours de la journée ainsi qu’une lingette, au cas où. Faites-vous confiance et à vous la liberté et les économies!

Lire aussi:

Jobs

Plus qu’une étape pour activer les alertes-infos!

Autorisez les notifications de Flair.be sur votre navigateur.