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Je veux avorter: quelle méthode choisir?

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Vous avez appris que vous étiez enceinte et avez décidé d’avorter ? Dominique Roynet, médecin généraliste au planning familial de Rochefort, vous explique les différentes solutions qui s’offrent à vous.

Lorsque vous décidez d’interrompre une grossesse, vous avez deux choix qui s’offrent à vous (tout du moins jusqu’à 8 semaines) : l’avortement médicamenteux ou l’avortement instrumental. Sachez que tous les plannings ne proposent pas ces deux options, par manque de médecins cureteurs par exemple, ou par philosophie. Mais les deux techniques existent et cette décision vous appartient entièrement et doit se faire en connaissance de cause. On vous recommande de vous renseigner en téléphonant au planning dans lequel vous souhaitez vous rendre pour leur demander au préalable si les deux options sont possibles en leur sein.

L’avortement médicamenteux

Timing ?« L’avortement médicamenteux est limité à des grossesses jeunes pour des raisons de pénibilité. Un consensus a donc été adopté : l’IVG médicamenteuse est possible jusqu’à 8 semaines de retard de règles et à partir de deux semaines de retard.”

Comment ça se passe ?« On administre deux sortes de médicaments à la patiente. D’abord une pilule abortive : un comprimé de Mifegyne qui contient de la mifépristone. Puis entre 36 à 48 h plus tard, on lui administre un autre médicament qui déclenche une fausse couche : le misoprostol. La fausse couche se déclenche dans l’heure qui suit la prise de ce deuxième médicament. L’association des deux médicaments va déclencher une fausse couche complète dans plus de 95 % des cas.

La patiente ressentira d’abord des contractions avant de se mettre à saigner, d’abord un peu puis davantage. Elle va expulser des petits caillots de sang, puis de plus gros jusqu’à ce que la poche soit expulsée.”

Ça dure combien de temps ?« À partir du moment où on a pris le second médicament qui déclenche la fausse couche, il faut savoir que cette fausse couche va durer entre 2 à 5 heures. C’est très variable et imprévisible. »

Est-ce douloureux ?« À nouveau, c’est très variable, mais la patiente ressentira dans tous les cas des crampes. La pénibilité donc les douleurs et les saignements augmenteront en général avec l’âge de la grossesse. Il faut aussi savoir que les médicaments peuvent entraîner des effets secondaires comme des nausées ou des diarrhées ».

Ça se passe où ?« C’est variable, ça dépend des centres ! Dans certains cas, la pilule abortive (la première donc ndlr) est prise au centre, pour des raisons avant tout symboliques. On peut aussi demander à la patiente de revenir au centre pour provoquer la fausse couche, mais si elle le désire, elle peut vivre cette fausse couche chez elle. Si l’avortement s’est fait directement au planning, on vérifiera directement que l’utérus est bien vide. Si l’avortement s’est déroulé à l’extérieur du centre, un rendez-vous sera organisé peu de temps après pour la vérification. »

La patiente peut-elle venir accompagnée ?« Oui, vous pouvez être accompagnée par la personne de votre choix tout au long du processus, même si votre fausse couche a lieu au planning. »

Quels sont les risques ?« Le principal risque de l’avortement médicamenteux est le saignement hémorragique (comme pour toute fausse couche) ou la fausse couche incomplète, qui nécessiteraient un curetage par la suite. On considère que les saignements sont anormaux (et donc qu’il s’agit d’une situation hémorragique) si la patiente remplit plus de trois serviettes hygiéniques par heure pendant plus de 2 heures). »

Cette technique affecte-t-elle la fécondité ?« Pas du tout. Aucune des deux techniques n’a d’influence sur la fécondité des femmes. Les femmes qui avortent ont d’ailleurs en général une fécondité plus élevée que la moyenne des femmes et cette fécondité supérieure à la moyenne perdurera après l’avortement. Les femmes qui ont vécu une IVG ont d’ailleurs plus d’enfants en général que les femmes qui n’en n’ont pas vécu. »

L’avortement instrumental

Timing ? « Vous pouvez avoir recours à l’avortement instrumental à partir de deux semaines de retard de règles. Le délai maximal est celui prescrit par la loi soit 14 semaines de retard de règle. »

Comment ça se passe ?« Il s’agit d’un curetage par aspiration sous anesthésie locale. Le terme ‘curetage’ porte à confusion car en Belgique, on n’utilise plus une curette comme à l’époque (instrument qui permettait de gratter l’utérus). Désormais, on utilise des petites sondes qui provoquent une aspiration douce sous vide. Quand on parle de ‘curetage’, en Belgique, on parle en fait d’aspiration et de vidange d’utérus. L’utilisation d’une curette était plus agressive pour l’utérus. Pour administrer l’anesthésie locale, c’est le processus classique : on fait plusieurs piqures dans le col et dans l’utérus. Cette anesthésie n’est pas douloureuse. L’embryon est donc aussi anesthésié et il n’y a pas de découpage d’embryon. »

Ça dure combien de temps ?« Entre 10 et 25 minutes en fonction de l’expérience de l’opérateur. »

Est-ce douloureux ?« L’avantage de cette méthode, c’est qu’elle permet un contrôle tant du temps que de la douleur. Si la patiente se sent inconfortable, on peut réinjecter de l’anesthésiant. En principe (et en fonction de l’opérateur), les douleurs sont très contrôlées, il est difficile d’éviter une crampe utérine à la fin de l’aspiration, lorsque l’utérus est vide : une crampe de quelques secondes à quelques minutes qui suggère celle que l’on peut ressentir lors de règles douloureuses. Il n’y a en revanche pas d’effets secondaires. »

Ça se passe où ?« Directement au centre. »

La patiente peut-elle venir accompagnée ?« Oui, vous pouvez être accompagnée par la personne de votre choix tout au long du processus. »

Cette technique affecte-t-elle la fécondité ?« Pas du tout. Aucune des deux techniques n’a d’influence sur la fécondité des femmes. Les femmes qui avortent ont d’ailleurs en général une fécondité plus élevée que la moyenne des femmes et cette fécondité supérieure à la moyenne perdurera après l’avortement. Les femmes qui ont vécu une IVG ont d’ailleurs plus d’enfants en général que les femmes qui n’en n’ont pas vécu. »

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